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dimanche 27 janvier 2008

Homélie du 3e dimanche du temps ordinaire (27 janvier 2008)







Convertissez-vous, car le Royaume de Dieu est tout proche.

Jésus ne craint pas d'habiter avec les pécheurs. La terre de Zabulon… « Le pays de l'ombre et de la mort… », disait le prophète Isaïe. Pas très flatteur que de se faire attribuer la palme de pays de l'ombre, de la mort… Le texte se poursuit en nous rappelant que ce pays est le carrefour des païens, des infidèles. Or Dieu demandait sans cesse à Israël sa purification, spécialement en l'attente d'un grand prophète. Or c'est justement là, au-delà du Jourdain, la terre de la purification choisie par Jean Baptiste, où Jésus lui-même s'était fait baptiser.

Se faire baptiser par nul autre que Jean Baptiste, et retourner avec les païens, cela ne cadrait pas trop avec l'idée que se faisaient les juifs des plans concernant le Messie. Mais c'était le plan de Jésus. Dès le départ, il voulait que son message soit universel : si le salut passait par les Juifs, il ne resterait pas là. Jésus commence à enseigner à Capharnaüm, une terre d'accueil pour les immigrants, où Jésus ne maquera pas de montrer sa divinité par de nombreux miracles. Mais… y trouvera-t-il la foi? En tout cas, il l'annoncera avec autorité, pas comme les prêtres et les pharisiens.

Son message est en continuité avec le message de Jean Baptiste : Convertissez-vous, dit-il, avec les mêmes mots que Jean-Baptiste. Celui-ci lui a ouvert le chemin, et maintenant, il prêche dans le même sens. Mais il va au-delà de Jean. Il parle avec autorité, il prêche au milieu des villes, et non pas dans les déserts. Il va chercher la brebis perdue. Il la soigne. Mais il demande la conversion. Un cœur pécheur ne pourra pas entrer en communion avec lui, ni bénéficier de ses paroles de vérité. Il ne les comprendra tout simplement pas.

La conversion est le point de départ dans nos relations avec Jésus. Cette ouverture du cœur qui vient chez qui se soucie de visiter Jésus présent dans les saintes espèces, dans une église des environs. Elle est indispensable pour créer un lien dans la prière, de peur de prier comme le pharisien de la parabole. Cette attitude de conversion se cultive dans l'humilité, mais Jésus la renforce chez celui qui va à sa rencontre dans la réconciliation pénitentielle, la confession sacramentelle.

C'est cette disposition d'ouverture à Jésus et de changement intérieur radical qui explique comment Pierre et André, Jean et Jacques ont pu tout laisser pour suivre Jésus. Sans leur ouverture à Jésus, il y a fort à penser que le milieu culturel ambiant les aurait étouffés comme le milieu contemporain a tendance à étouffer trop souvent nos efforts pour aller vers le Christ. Pour être plus fort à l'heure de marcher à contre-courant, n'hésitons pas à avoir recours, nous-aussi, à l'adoration du Saint-Sacrement et au sacrement du Pardon avec absolution individuelle.

« Ta barque — tes talents, tes aspirations, tes réussites — ne vaut rien, a moins que tu ne la mettes à la disposition de Jésus-Christ, que tu ne Lui permettes d'y entrer librement, que tu n'en fasses pas une idole. Toi seul, avec ta barque, si tu te passes du Maître, tu iras droit au naufrage, d'un point de vue surnaturel. Tu ne seras à l'abri des tempêtes et des revers de la vie que si tu admets, si tu recherches la présence et la providence du Seigneur. Remets tout entre les mains de Dieu: fais que tes pensées, les heureuses aventures dont tu rêves, tes ambitions humaines nobles, tes amours passent par le coeur du Christ. Autrement, tôt ou tard, toutes ces choses couleront a pic a cause de ton égoïsme. » (Saint Josémaria Escriva, Amis de Dieu, no 24)
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Lectures du dimanche 27 janvier 2008
3ème dimanche ordinaire

Première lecture : Is 8, 23 - 9,3 Une lumière se lèvera sur la Galilée

Psaume : Ps 26, 1, 4abcd, 13-14 R/ Le Seigneur est lumière et salut

Deuxième lecture : 1Co 1, 10-13.17 Le scandale des divisions dans l'Église du Christ

Evangile : Mt 4, 12-23 Jésus commence son ministère par la Galilée (brève : 12-17)

samedi 15 septembre 2007

Homélie du 16 septembre 2006, 24e dimanche du Temps ordinaire (c)

(photos prise par Benoît Giroux, Laval)



Dans l’Évangile d’aujourd’hui, le Seigneur oppose un « réjouissez-vous » bien sonnant aux récriminations des scribes et des pharisiens qui l’accusaient de « faire bon accueil aux pécheurs et de manger avec eux ». Il faut dire que les peuples de l’antiquité, tout comme nos contemporains n’avaient pas le pardon facile. Cette classe de gens s’offusquaient de ce que Jésus s’intéresse aux pécheurs qui, par leur attitude, ne méritaient pas l’attention de Dieu, tandis qu’eux restaient toujours respectueux de la loi des Pères.


Devant cette attitude, Jésus s’affaire à leur montrer que l’on ne peut que se réjouir de savoir qu’un pécheur revient à Dieu (Jésus leur tend la main en s’intéressant à eux); puis il montre que tous ceux qui sont restés attachés aux traditions ne le font pas nécessairement par amour pour Dieu.


Dans les deux petites paraboles en préambule au récit du « Père miséricordieux », comme aimait l’appeler Jean Paul II, Jésus montre que pour moins qu’une conversion, on peut se réjouir authentiquement. Dans le premier de ces petits récits, Jésus parle de la brebis perdue, que l’on comprend comme un amour plutôt gratuit envers un animal étourdi et faible. « Réjouissez-vous, car j’ai retrouvé ma brebis perdue », fait-il dire au berger zélé. Dans la deuxième parabole, Jésus parle d’une pauvre femme qui possédant une somme modeste, en perd un dixième. Qu’est cela pour un homme possédant beaucoup de biens ? Peu de choses. Mais pour quelqu’un de pauvre, c’est peut-être la survie pour la semaine prochaine. Aussi comprend-on bien la joie de la femme qui retrouve la pièce égarée : « Réjouissez-vous car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue ». Il faut se réjouir, même dans le cas d’un objet matériel comme l’argent, car c’est un heureux évènement que de célébrer le retour de ce bien (bon) qui était égaré. Jésus est heureux pour les pécheurs qui reviennent à Dieu, car ils valent infiniment plus qu’une brebis perdue ou une pièce d’argent égarée. « De même, je vous le dis, il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit ». Pas surprenant que Jésus, qui lit bien la profondeur des cœurs, se réjouisse avec les pécheurs dont le cœur cherche la conversion.


Dans la belle parabole de l’enfant prodigue, retenons une partie seulement : celle où le frère ainé enrage de voir la fête organisée pour le retour de son frère. On sympathise facilement avec lui, surtout quand on apprend que son frère a dépensé son argent follement dans les passions de tout ordre, dont les plus viles. Mais son père revient à l’essentiel : « Il faut bien festoyer et se réjouir; car ton frère que voilà était mort et il est revenu à la vie; il était perdu, et il est retrouvé ».

Son père n’a que faire de la fortune gaspillée. Il pourra trouver moyen d’y remédier, si besoin est. Mais il a deux fils, et l’un d’eux était loin : loin de l’influence paternelle, loin de son cœur, loin de tout ce qui comptait pour lui. Il est revenu, réjouissons-nous!

Son frère, lui, est toujours resté, mais où était, où est son cœur? Certainement pas près du cœur de son Père. Il ne sait compatir ou se réjouir avec lui. Il est clairement à ses affaires, mais pas « aux affaires de son Père ». Ce qui fait que depuis le retour de l’enfant prodigue, le fils sage est passé loin en arrière de son frère, car pendant que celui-ci revit, il s’éloigne de son père, lui qui déjà était spirituellement loin de lui, même si physiquement tout près. Curieusement son père ne semble pas lui en tenir trop de rigueur, mais il aimerait qu’en dégelant son cœur envers son frère, il puisse aussi s’approcher du père.

La leçon est pour les scribes et les pharisiens. Et pour nous… Avons-nous remarqué que si Dieu semble froid envers nous, c’est peut-être que nous sommes trop éloignés de la source de sa chaleur : peut-être ne sommes-nous jamais sortis de la propriété familiale. Peut-être. Mais pendant tout ce temps, où était notre cœur? Dans nos rêves, nos fantaisies, nos propriétés, nos pièces d’argent ? Dans nos passions, en feignant un amour de Dieu qui sonne creux?

Peut-être aurions-nous besoin nous aussi d’une conversion. Commençons par nous réjouir de la miséricorde de Dieu pour les grands pécheurs, peut-être trouverons nous un coin de notre cœur en grand besoin de récurage… Alors, portés par le désir de conversion, peut-être alors referons-nous aussi le chemin de l’enfant prodigue et reviendrons-nous au Père à travers la réconciliation ?

Quoi qu'il arrive, en avant ! Serre avec force le bras du Seigneur et considère que Dieu ne perd point de bataille. Si, pour un motif quelconque, tu t'éloignes de Lui, il te faut réagir avec humilité: commencer et recommencer, te conduire en fils prodigue tous les jours et même à plusieurs reprises au long d'une même journée. Il te faut redresser ton coeur contrit dans la confession. Cette confession qui est un authentique miracle de l'Amour de Dieu. Le Seigneur lave ton âme dans ce sacrement merveilleux; Il t'inonde de joie et de force pour que tu ne défailles pas dans ta lutte et que tu reviennes inlassablement à Dieu, quand bien même tout te semblerait obscur. De plus la Mère de Dieu, qui est aussi notre Mère, te protège avec une sollicitude toute maternelle, t'affermit dans ton chemin. (S. Josémaria, Amis de Dieu, n. 214)

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Lectures du dimanche 16 septembre 2007
24ème dimanche ordinaire

Première lecture : Ex 32, 7-11.13-14 Moïse obtient le pardon pour le peuple infidèle

Psaume : Ps 50, 3-4, 12-13, 17.19 R/ Oui, je me lèverai, et j'irai vers mon Père

Deuxième lecture : 1Tm 1, 12-17 Action de grâce du pécheur pardonné

Evangile : Lc 15, 1-32 Paraboles de la brebis perdue, de la drachme perdue (et du fils perdu) : la joie du pardon (brève : 1-10)


samedi 24 mars 2007

Homélie du 5e dimanche de carême (C) : « Va, ne pêche plus ».


1. "Après la pluie le beau temps", ou "Un nuage n'enlève pas le soleil". On pourrait résumer ainsi les conclusions de l'évangile de ce dimanche.

Dans le contexte des conférences de carême, nous sommes rendus à un point important. La rencontre avec Jésus qui pardonne. L'évangile d'aujourd'hui est très expressif sur ce sujet.

2. "Comme tout le peuple venait à lui, il s'assit et se mit à enseigner" (Jn, 8, 2). Jésus parlait avec autorité, mais aussi avec amabilité. Son regard n'était pas le regard froid des pharisiens ou des scribes, mais celui d'un ami, d'un proche parent. Mais il enseignait. Et ses paroles avaient d'autan plus de portée qu'il le faisait en donnant à chacun de ses disciples une importance personnelle. Pas surprenant qu'il rassemble bientôt tout une foule d'auditeurs qui commencait à délaisser les enseignements de pharisiens et des scribes. Autant Jésus était-il accueillant et bienveillants, autant ses 'adversaires' étaient-ils malveillants et hautains. Nous avons vu dans les deux conférences précédentes ce qui caractérise le regard et l'amitié du chrétien: la contemplation dans l'amour et la disposition à souffrir pour l'autre, ou à tout le moins, de s'oublier pour l'autre. Jésus le faisait d'un point de vue divin et rédempteur. Les scribes et les pharisiens font juste le contraire, mus par leur seul intérêt. Un affrontement s'annonçait, et celui-ci se cristallisera dans l'épisode de l'évangile de ce dimanche.

3. Ne respirant que le mépris et la jalousie envers Jésus, on lui amène
une femme qu'on avait surprise en train de commettre l'adultère. Ils la font avancer, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été prise en flagrant délit d'adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, qu'en dis-tu ? » (Jn, 8, 4-5) Quelle différence entre la bienveillance de Jésus et le zèle méprisant de ces hommes qui ne se soucient guère qu'à appliquer la loi au mépris de la personne de cette femme, coupable bien sûr, d'un vrai délit, mais sans rapport avec la question qui mobilise les scribes. Pendant que Jésus accueille et s'intéresse à ses disciples, les pharisiens n'ont que mépris et discussion à offrir à cette pauvre femme bouleversée. Jésus comprend et excuse, eux méprisent et condamnent. Triste justice humaine qui préfère la justice toute sèche, souvent camouflée sous le nom de 'solidarité' et qui méprise miséricorde et charité.

4. Jésus contemple la scène, et s'appitoie de ce qu'ils ne savent pas aimer. Jésus refuse de regarder (et d'écouter) ces charlatans qui insistent à appliquer la loi de Moïse sans aucune équité.
Jésus s'était baissé et, du doigt, il traçait des traits sur le sol (Jn, 8, 6). On n'encourage pas ceux qui offensent Dieu et le prochain. Jésus n'a rien à voir avec les hypocrites. Il refuse la communication qui persiste néanmoins. Les traits sur le sol signifient que Jésus ne participe pas à cette parodie de procès. Mais ils insistent... Comme on persistait à l'interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter la pierre. »
Et il se baissa de nouveau pour tracer des traits sur le sol.

5. Devant cette provocation née d'un véritable compassion et d'une sagesse exceptionnelle, tous se défilent, tandis que Jésus continue de ratisser le sol du bout d'une branche. Tous demeurent perplexes devant le silence de Jésus: ses disciples, qui sont pris par le dilemme suivant : faut-il sacrifier cette femme à la loi de Moïse ou lui faire grâce par charité ? Les pharisiens et les scribes voient quant à eux qu'il ne peuvent pas soutenir qu'ils sont sans péché, et Jésus peut sans doute réclamer cette vertu pour lui-même. Ils s'éloignent donc, un à la fois, pris à leur propre jeu. Reste la pauvre femme pècheresse qui ne sait trop quoi penser: oui j'ai péché, oui je suis imputable châtiment de la loi de Moïse, mais Dieu sait que si c'était à refaire... Elle réalise l'ampleur de son péché et demande intérieurement pardon au Seigneur.

6. Jésus lève les yeux. Il voit dans les yeux des disciples et de la femme une compassion que les scribes n'avaient pas. Il voit le regret de la femme, et contemple ses dispositions intérieures. Il ajoute alors;
« Femme, où sont-il donc ? Alors, personne ne t'a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. » (Jn, 8, 10-11) Quelques mots qui en disent long sur la miséricorde de Jésus et sur la contrition de la femme. La femme contemple sa vie et Jésus. Dans cette contemplation, l'acte d'amour de Dieu nait, la femme commence une nouveau dialogue qui mènera à sa libération. Et elle recommencera une nouvelle vie où Dieu prendra enfin sa place. La réconciliation amène une vie nouvelle.

7. C'est dans les derniers mots de Jésus que se trouve désormais fixée la nouvelle vie de la femme. "Va, et ne pêche plus". Ne plus pécher. Dans cet avertissement, deux choses apparaissent: Jésus reconnait que la femme a péché, et donc, qu'elle est imputable de la peine que les pharisiens ont proposée. Mais Jésus sait que la femme regrette sa faute, et dans le royaume que Jésus a fondé, l'Église, le pécheur est libéré, s'il désire ne plus pécher. Sur la croix, dans quelques semaines, Jésus prendra sur lui tous les châtiments de la loi mosaïque et de tous les péchés des hommes, et de cette croix jaillira le sang qui purifie et l'eau qui lave (selon les rites juifs). Le sang de l'eucharistie, et l'eau du baptême, qui libèrent non pas de la loi de Moïse ou de la loi de Dieu, mais des peines imparfaites imposées jusque-là dans le peuple de Dieu. Jésus dans sa passion prendra sur lui toutes les fautes avoués par tous les hommes de tous les temps, pour nous apporter une vraie libération, où le pardon exprimé par une vraie douleur, marquée par la ferme résolution de ne plus pécher suffit à redonner la vie en Dieu.

8. Ferme propos de ne plus recommencer. Voilà la condition de la vraie contrition. C'est la ligne de démarcation qui existe entre cette femme assurément pècheresse, et ces homme de loi qui voudraient nous convaincre de leur pureté légale. Eux ne regrettent rien. Ils ont toujours eu raison, et ne veulent rien changer à leur manière d'être. La pècheresse comprend l'offre du Seigneur, et désire l'accueillir. C'est une question de survie, certainement, mais c'est aussi la découverte, pour elle d'un amour nouveau, puissant, et éternel.

9. Le Seigneur nous offre le même pardon. Mais il nous faut changer notre manière d'être, et notre conduite. Le Seigneur ne nous en veut pas d'être pécheurs, mais il attend de nous que nous voulions changer. Avec son aide (quelles grâces il nous réserve), nous sommes pardonnés.

10. Mais le pardon doit être inconditionnel de notre part. Jésus veut que nous nous accusions au ministre désigné pour la pénitence. Ne pas vouloir nous y conformer, c'est mettre un obstacle entre le pardon de Dieu et nous. Nous devenons alors comme ces pharisiens qui pensent savoir, mais qui ne font qu'aggraver leur situation. Jésus apprends-moi, à l'instar de tous les saints, à rechercher ton pardon sans condition, désireux de ne plus accomplir que ta très sainte volonté.


  • L'espérance nous pousse à saisir cette main puissante que Dieu nous tend à tout moment, pour que nous ne perdions pas la perspective surnaturelle, même lorsque nos passions se dressent et nous harcèlent pour nous verrouiller dans le réduit mesquin de notre moi; ou quand, avec une vanité puérile, nous nous plaçons au centre de l'univers. Je vis persuadé que je ne parviendrai à rien sans regarder vers le haut; sans Jésus. Je sais que la force dont j'ai besoin pour me vaincre et pour vaincre naît de la répétition de ce cri: je peux tout en Celui qui me rend fort. Ce cri en appelle à la promesse ferme de Dieu de ne point abandonner ses enfants, si ses enfants ne L'abandonnent pas. (St Josémaria Escriva, Amis de Dieu, n. 213)


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Lectures du dimanche 25 mars 2007
5ème dimanche de Carême

Première lecture : Is 43, 16-21 Promesse du nouvel exode

Psaume : Ps 125, 1-2ab, 2cd-3, 4-5, 6 R/ Le Seigneur a fait merveille : nous voici dans la joie

Deuxième lecture : Ph 3, 8-14 Renoncer à tout pour être avec le Christ

Evangile : Jn 8, 1-11 Jésus et la femme adultère : « Va, et ne pèche plus »


dimanche 18 mars 2007

Homélie du 4e dimanche de Carême (C) : Dieu est bon et patient..


1. Dieu est bon. Voilà une affirmation qui risque de passer pour une lapalissade. Car enfin, Dieu peut-il être autre chose que bon ? Apparemment, non.

Mais il est bien des gens qui ne jureraient pas de cette vérité. Ils reprennent souvent le cri déchirant de Jésus sur la croix. "Mon Père, pourquoi m'as-tu abandonné?" (Mt 27, 48) Mais au contraire de Jésus, ils ne remettent pas leur vie entre ses mains. On croirait même qu'ils la retirent. Jésus se sentait abandonné (c'était là le supplice de la croix: tout perdre, à commencer par ses amis. Et sa santé, et le respect, et l'admiration des foules). Seulement trois clous qui le fixaient à la croix. Rien d'autre. Mais il se savait accompagné de la fidélité de Jean, l'apôtre qui à la croix lui rendait bien son amour, de l'affection de sa Mère, qui lui avait sa vie durant prodigué tous les soins possible de la Fille de Sion. Mais Jésus savait que ses souffrances étaient agrées par son Père, qui l'aimait, et l'aimait plus que n'importe quel Père de la terre, d'une affection plus grande que celle de la Mère la meilleure, et d'une fidélité plus grande qu'aucun ami de Jésus ne saurait lui témoigner. Dans le dépouillement de la croix, Jésus dans les mains de son Père est plus riche qu'il ne l'avait été avant le sacrifice de sa vie humaine.

2. La modernité préfère le héros romantique, solitaire, seul, abandonné au désespoir, dépouillé de manière absurde à cause d'un amour frustré, ou d'une cause perdue. Dans cette situation, il a tout perdu, à part "l'honneur", qui me semble une bien maigre compensation. D'une certaine façon. le héros moderne se complait dans sa solitude absurde. C'est que l'homme moderne est trop souvent quelqu'un qui a choisit d'être seul pour son malheur ou son bonheur. Pauvre modernité qui, telle un enfant abandonné, cherche la complaisance dans la solitude.

3. La lecture de la parabole de l'évangile d'aujourd'hui nous présente sinon un héros moderne, à tout le moins, un être seul, par choix, et qui, par sa propre décision, choisira de rester seul: "Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : 'Père, donne-moi la part d'héritage qui me revient.' Et le père fit le partage de ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu'il avait, et partit pour un pays lointain où il gaspilla sa fortune en menant une vie de désordre." Le jeune homme ne semble pas malheureux: son père est riche. Il peut lui donner de tout, et l'entretenir grassement. Il a des serviteurs, des musiciens, des animaux. Mais le jeune veut être indépendant, "vivre sa vie", comme on dit. Il la vivra indépendamment de son Père, mais grâce à lui. Et malgré cette terrible ingratitude, son Père le laisse aller.

C'est le drame de notre âge: Dieu nous a tout donné, sans lui nous sommes déchus, et nous voulons quand même vivre sans lui, plus heureux dans notre malheur que dans son bonheur.

C'est que nous avons des yeux pour ne voir que ce que nous voulons.

4. Après la griserie de l'apparente liberté que lui procure l'indépendance face à son Père, le fils se retrouve dans le besoin. Tant qu'il a eu les biens qui appartenaient de droit à son Père, il mène une belle vie. Mais les recours finissent par se faire rares, et de lui-même, il est incapable de rien faire. Il est réduit à la mendicité et à la faim. Pauvre enfant, qui, hier encore si riche, est désormais si pauvre.

Ce qui nous apparait comme une sottise ne lui saute pas aux yeux. Il ne connait que sa faim, et ignore la peine de son père qui s'inquiète continuellement de lui. Il ne pense qu'à sa honte, qu'à son inconfort et à sa faim. Il ne regrette pas la vie qu'il a menée, ni la peine faite à son père. En ce moment, il voit que son inconfort. Il a toujours vécu imbu de lui-même, maintenant il souffre, imbu de lui-même, incapable de penser que son père l'aime.

Nous vivons souvent à crédit sur le compte de Dieu. "En lui nous nousvivons, nous nous mouvons et nous sommes" (Actes, 17, 28 ). Mais Lui, nous l'ignorons. Souvent même, nous l'accusons de nos torts, de nos souffrances, comme si c'était lui qui nous avait donné l'humiliation. Or c'est sans doute là la plus grande victoire de Satan sur la modernité: dans notre société, il n'est pas rare d'entendre des gens dire qu'un Dieu qui laisse mourir des enfants de faim, qui permet l'inceste, ou la maladie, ce Dieu n'est pas bon. Celui qui pense ainsi s'est fait offrir des lunettes noires par Satan, et les porte sans s'en rendre compte. Dieu ne permet pas l'inceste, c'est le tentateur qui pousse des personnes à cela. La mauvaise répartition des biens n'est pas la faute de Dieu: les biens sont à la disposition de tous. Mais ce sont les hommes mauvais, tenté d'égoïsme ou de recherche de pouvoir qui refusent de les distribuer à tous, ou de les garder pour soi. Mes maladies, le sida, les MTS sont autant de maux qui viennent non d'un père qui ne nous aime pas, mais d'une humanité souffrante qui ne réussit pas toujours à vouloir se donner pour guérir, ou se retenir pour éviter une dispersion du mal.

Cela vient-il de Dieu. Non, des humains qui peinent à rendre le bien pour le mal. Dieu est-il à blâmer? Non. Il attend, patiemment que nous revenions à lui lorsque nous serons fatigués de contribuer péniblement au mal. Dieu sait attendre.

Mais Satan s'empresse de lancer la faute à Dieu, et à faire passer la facture de ses méfaits à Dieu Père. L'homme moderne se révolte contre un Dieu qui est méchant avec lui. Mais en toute justice, c'est contre le Père du mensonge qu'il devrait s'en prendre. C'est lui qui est derrière l'inceste, le sida et les MTS, si le sujet ne se résout pas à prendre ses responsabilités morales. C'est lui qui déforme la souffrance, porte de la croix du Christ, en un véritable scandale. C'est lui qui accuse Dieu d'être méchant, quand nous-mêmes commettons volontairement le mal, et que Dieu nous attend patiemment, fou d'amour pour nous.

En fait, celui, celle qui accuse Dieu de tous ses méfaits devrait chercher à voir
en soi s'il est lui-même responsable, et si celui qu'il appelle Dieu n'est pas simplement Satan qui ne serait pas mécontent de passer pour Dieu de qui il est fondamentalement jaloux.

5. La patience de Dieu porte fruit. Reconnaissant la bonté et la justice de son père envers ceux qui l'entourent, il reconnait que seul, il n'arrivera à rien, lui qui avait été préparé pour de grandes entreprises avec son Père.
'Tant d'ouvriers chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je vais retourner chez mon père, et je lui dirai : Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Prends-moi comme l'un de tes ouvriers.' Il partit donc pour aller chez son père. Il entreprend le retour honteux et malheureux d'avoir si mal géré sa vie, et d'avoir perdu pour toujours ce qui faisait de lui ce qu'il avait été: un fils libre au sein d'une maison paternelle pleine de joie. Maintenant, il est pauvre, et seul, sans joie.

Ce qu'il ne sait pas, c'est que la rupture qu'il pensait définitive n'était en fait que de son côté. Son père l'aimait, et savait que cette aventure finirait par rappeler le fils à la raison. Il était patient, et de sa part, il avait, depuis le premier jour, pardonné à sons fils. Il souffrait autant, plus que son fils, de cette séparation. Tous les jours, il marchait plusieurs kilomètres en direction de son fils, certain qu'un jour il l'y retrouverait. Et c'est ce qui arriva.

Le pardon du Père fut inconditionnel, d'autant plus beau que lui-même avait souffert plus de la séparation que son fils. Aussi le retour fut-il une grande fête.

Cette histoire est l'histoire de chacun de nous. Nous nous éloignons, mais Dieu nous attend. Il sait que nous reviendrons, mais entretemps, nous souffrirons d'ingratitude et de haine, influencés par le démon tentateur. Lui, il attend, en souffrant la croix de son fils conscient que c'est avec lui que nous deviendrons tous ses enfants. Demandons à Dieu le vrai don de la conversion. N'attendons pas que rongés de dépit et d'angoisse, ou du désir de retrouver une ressemblance de paix, nous commencerons à retourner vers lui, honteux et perplexes. Le pardon de Dieu est inconditionnel et total. Il ne demande de nous qu'un peu d'amour et d'humilité pour reprendre notre chemin vers la sainteté. Accourons joyeusement au sacrement de la réconciliation en ce temps qui reste avant Pâques.


  • Quoi qu'il arrive, en avant ! Serre avec force le bras du Seigneur et considère que Dieu ne perd point de bataille. Si, pour un motif quelconque, tu t'éloignes de Lui, il te faut réagir avec humilité: commencer et recommencer, te conduire en fils prodigue tous les jours et même à plusieurs reprises au long d'une même journée. Il te faut redresser ton coeur contrit dans la confession. Cette confession qui est un authentique miracle de l'Amour de Dieu. Le Seigneur lave ton âme dans ce sacrement merveilleux; Il t'inonde de joie et de force pour que tu ne défailles pas dans ta lutte et que tu reviennes inlassablement à Dieu, quand bien même tout te semblerait obscur. (St Josémaria Escriva, Amis de Dieu, n. 214)
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Lectures du dimanche 18 mars 2007
4ème dimanche de Carême

Première lecture : Jos 5, 10-12 L'arrivée en Terre Promise et la célébration de la Pâque

Psaume : Ps 33, 2-3, 4-5, 6-7 R/ Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur

Deuxième lecture : 2Co 5, 17-21 Réconciliés avec Dieu par le Christ

Evangile : Lc 15, 1-3.11-32 Parabole du père et de ses deux fils