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samedi 23 février 2008

Homélie du 24 février 2008: 3e dimanche du Carême (a)




« Si tu savais le don de Dieu, si tu connaissais celui qui te dit : 'Donne-moi à boire', c'est toi qui lui aurais demandé, et il t'aurait donné de l'eau vive. »


Aujourd'hui, l'Église nous fait considérer le dialogue de Jésus avec la femme samaritaine, au puits de Jacob à Sykar. Quelle merveille que cet échange entre une femme pècheresse (comme nous tous) et un Jésus plein d'attentions, qui ne recule pas devant la vérité tout en faisant bon accueil au malheureux. Nous voyons Jésus en train d'appliquer les béatitudes : "Bienheureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront rassasiés" (Mt. 5, 6).

Voici une femme qui n'a pas toujours été droite. Elle rencontre Jésus au puits, et une conversation s'engage. Très tôt, elle reconnait en Jésus un homme juste (saint), et elle qui cherche la justice, malgré le désastre de sa vie, se prend à découvrir un angle de la vérité qu'elle n'avait pas, jusque-là, reconnu. Elle l'ignore, mais bientôt son désir de vérité sera comblé. Elle "sera rassasiée" par cette eau vive que le Seigneur lui offrira.

Cette femme est d'abord surprise par l'audace de ce juif qui lui parle à elle, une femme samaritaine, et lui demande un service: prendre un peu d'eau de sa jarre, car il a soif. Quoi de plus naturel, mais cela ne se voyait pas, à cause de rancœurs qui existaient depuis longtemps entre les deux peuples. De plus, Jésus fait plus: il s'intéresse à cette femme, et quand elle a compris qu'il est prophète, elle accepte de parler avec lui d'autre chose que de puiser de l'eau.

Dans cette recherche du vrai, tout finit par passer: les préjugés, la grandeur des patriarches et des prophètes, la générosité de Dieu envers celui (celle) qui est le cherche vraiment, le désir de la grâce, la sagesse et la miséricorde de Dieu, et l'éminence de la rédemption. Une discussion raccourcie par l'écrivain sacré, cela se sent, mais plus profonde que tout ce que Platon a pu nous communiquer de Socrate. Car ici, il n'est plus questions d'idées vraies mais générales, mais de vérité. De "je" à "tu". Personnelle, et existentielle.

La femme reconnait la grandeur de Dieu et du prophète qui lui parle, et réalise soudainement qu'il a beaucoup plus à lui offrir que de lui demander un service. C'est là qu'il lui révèle qu'il est le Messie, et qu'il peut tout pour elle, si elle le veut. Arrive alors ce que le Seigneur lui avait dit au début de la conversation: « Si tu savais le don de Dieu, si tu connaissais celui qui te dit : 'Donne-moi à boire', c'est toi qui lui aurais demandé, et il t'aurait donné de l'eau vive. ». C'est elle qui dans la conversation s'humilie et reconnait ses torts et sa vie déréglée. C'est elle qui va au puits de la grâce, chercher la réconciliation. C'est elle, enfin qui alarme les samaritains des environs à rencontrer un grand prophète, qui "m'a dit tout ce que j'ai fait. "

Quelle beauté que de pouvoir s'adresser à Dieu, tout petits que nous sommes, tout pécheurs que nous sommes. Nous portons sur nos épaules le fardeau de nos fautes, et le Seigneur nous attend près du puits, dans un détour du chemin, près de notre conjoint ou des nos enfants, ou bien à la lecture d'un livre pieux, ou mieux, des saintes écritures. Dieu nous attend au milieu de notre vie ordinaire, dans nos fatigues (ou les siennes), dans notre travail, dans ces moments de conversation avec notre prochain plus ou moins éloigné. Dieu est là, et il attend notre écoute, notre bonne disposition, quelque pécheurs que nous soyons. Il est là, tout près de nous, disposé à nous faire la même miséricorde qu'à la samaritaine.

Il nous offre les eaux de la grâce principalement à travers les sacrements. Lorsque nous réalisons que nous sommes de pauvres pécheurs, avons-nous conscience que notre puits de Sykar, c'est le confessionnal, et que là, à travers son ministre, Dieu nous attend pour nous écouter, partager nos misères, et nous pardonner, si nous le voulons bien. Ce même dialogue se reproduit en nous à chaque fois que nous nous approchons de cette source d'eau vive qu'est la confession personnelle et privée. Dieu nous parle en privé comme il a parlé à la samaritaine. Et tout cela gratuitement, par la grâce.

Alors qu'aujourd'hui on paie des sommes fabuleuses pour trouver le bon psychologue, le bon médecin, Dieu nous offre un sacrement de grâce tout à fait gratuitement. Ce sont ces eaux gratuites auxquelles le prophète Isaie nous invitait, et que le Seigneur offre maintenant à la samaritaine. Avons-nous conscience de cette richesse cachée, et cependant omniprésente, qui n'a d'égale que la miséricorde du cœur de Dieu?

Une résolution ferme: recourir toutes les semaines, si possible, au grand sacrement de la pénitence.
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Saint Josémaria, Amis de Dieu, 219: Recourez toutes les semaines — et chaque fois que vous en aurez besoin, sans pour autant donner prise aux scrupules — au saint sacrement de la Pénitence, sacrementdu pardon divin. Revêtus ainsi de la grâce, nous franchirons les montagnes et nous gravirons, sans nous arrêter, les pentes raides de notre devoir chrétien. Si nous utilisons vraiment ces ressources, si nous prions aussi le Seigneur de nous accorder une espérance qui grandisse de jour en jour, nous posséderons la joie contagieuse de ceux qui se savent enfants de Dieu: si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Optimisme donc ! Poussés par la force de l'espérance, nous lutterons pour effacer la tache visqueuse que propagent les semeurs de haine, et nous redécouvrirons le monde dans une perspective pleine de joie, car ce monde est sorti beau et propre des mains de Dieu. Et, si nous apprenons à nous repentir, c'est empreints de cette même beauté que nous le Lui rendrons.

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Lectures du dimanche 24 février 2008
3ème dimanche de Carême

Première lecture : Ex 17, 3-7 Par Moïse, Dieu donne l'eau à son peuple

Psaume : Ps 94, 1-2, 6-7ab, 7d-8a.9 R/ Aujourd'hui, ne fermons pas notre coeur, mais écoutons...

Deuxième lecture : Rm 5, 1-2.5-8 L'amour de Dieu a été répandu dans nos coeurs

Evangile : Jn 4, 5-42 La Samaritaine et le don de l'eau vive (brève : 5...42)

dimanche 27 janvier 2008

Homélie du 3e dimanche du temps ordinaire (27 janvier 2008)







Convertissez-vous, car le Royaume de Dieu est tout proche.

Jésus ne craint pas d'habiter avec les pécheurs. La terre de Zabulon… « Le pays de l'ombre et de la mort… », disait le prophète Isaïe. Pas très flatteur que de se faire attribuer la palme de pays de l'ombre, de la mort… Le texte se poursuit en nous rappelant que ce pays est le carrefour des païens, des infidèles. Or Dieu demandait sans cesse à Israël sa purification, spécialement en l'attente d'un grand prophète. Or c'est justement là, au-delà du Jourdain, la terre de la purification choisie par Jean Baptiste, où Jésus lui-même s'était fait baptiser.

Se faire baptiser par nul autre que Jean Baptiste, et retourner avec les païens, cela ne cadrait pas trop avec l'idée que se faisaient les juifs des plans concernant le Messie. Mais c'était le plan de Jésus. Dès le départ, il voulait que son message soit universel : si le salut passait par les Juifs, il ne resterait pas là. Jésus commence à enseigner à Capharnaüm, une terre d'accueil pour les immigrants, où Jésus ne maquera pas de montrer sa divinité par de nombreux miracles. Mais… y trouvera-t-il la foi? En tout cas, il l'annoncera avec autorité, pas comme les prêtres et les pharisiens.

Son message est en continuité avec le message de Jean Baptiste : Convertissez-vous, dit-il, avec les mêmes mots que Jean-Baptiste. Celui-ci lui a ouvert le chemin, et maintenant, il prêche dans le même sens. Mais il va au-delà de Jean. Il parle avec autorité, il prêche au milieu des villes, et non pas dans les déserts. Il va chercher la brebis perdue. Il la soigne. Mais il demande la conversion. Un cœur pécheur ne pourra pas entrer en communion avec lui, ni bénéficier de ses paroles de vérité. Il ne les comprendra tout simplement pas.

La conversion est le point de départ dans nos relations avec Jésus. Cette ouverture du cœur qui vient chez qui se soucie de visiter Jésus présent dans les saintes espèces, dans une église des environs. Elle est indispensable pour créer un lien dans la prière, de peur de prier comme le pharisien de la parabole. Cette attitude de conversion se cultive dans l'humilité, mais Jésus la renforce chez celui qui va à sa rencontre dans la réconciliation pénitentielle, la confession sacramentelle.

C'est cette disposition d'ouverture à Jésus et de changement intérieur radical qui explique comment Pierre et André, Jean et Jacques ont pu tout laisser pour suivre Jésus. Sans leur ouverture à Jésus, il y a fort à penser que le milieu culturel ambiant les aurait étouffés comme le milieu contemporain a tendance à étouffer trop souvent nos efforts pour aller vers le Christ. Pour être plus fort à l'heure de marcher à contre-courant, n'hésitons pas à avoir recours, nous-aussi, à l'adoration du Saint-Sacrement et au sacrement du Pardon avec absolution individuelle.

« Ta barque — tes talents, tes aspirations, tes réussites — ne vaut rien, a moins que tu ne la mettes à la disposition de Jésus-Christ, que tu ne Lui permettes d'y entrer librement, que tu n'en fasses pas une idole. Toi seul, avec ta barque, si tu te passes du Maître, tu iras droit au naufrage, d'un point de vue surnaturel. Tu ne seras à l'abri des tempêtes et des revers de la vie que si tu admets, si tu recherches la présence et la providence du Seigneur. Remets tout entre les mains de Dieu: fais que tes pensées, les heureuses aventures dont tu rêves, tes ambitions humaines nobles, tes amours passent par le coeur du Christ. Autrement, tôt ou tard, toutes ces choses couleront a pic a cause de ton égoïsme. » (Saint Josémaria Escriva, Amis de Dieu, no 24)
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Lectures du dimanche 27 janvier 2008
3ème dimanche ordinaire

Première lecture : Is 8, 23 - 9,3 Une lumière se lèvera sur la Galilée

Psaume : Ps 26, 1, 4abcd, 13-14 R/ Le Seigneur est lumière et salut

Deuxième lecture : 1Co 1, 10-13.17 Le scandale des divisions dans l'Église du Christ

Evangile : Mt 4, 12-23 Jésus commence son ministère par la Galilée (brève : 12-17)

samedi 24 mars 2007

Homélie du 5e dimanche de carême (C) : « Va, ne pêche plus ».


1. "Après la pluie le beau temps", ou "Un nuage n'enlève pas le soleil". On pourrait résumer ainsi les conclusions de l'évangile de ce dimanche.

Dans le contexte des conférences de carême, nous sommes rendus à un point important. La rencontre avec Jésus qui pardonne. L'évangile d'aujourd'hui est très expressif sur ce sujet.

2. "Comme tout le peuple venait à lui, il s'assit et se mit à enseigner" (Jn, 8, 2). Jésus parlait avec autorité, mais aussi avec amabilité. Son regard n'était pas le regard froid des pharisiens ou des scribes, mais celui d'un ami, d'un proche parent. Mais il enseignait. Et ses paroles avaient d'autan plus de portée qu'il le faisait en donnant à chacun de ses disciples une importance personnelle. Pas surprenant qu'il rassemble bientôt tout une foule d'auditeurs qui commencait à délaisser les enseignements de pharisiens et des scribes. Autant Jésus était-il accueillant et bienveillants, autant ses 'adversaires' étaient-ils malveillants et hautains. Nous avons vu dans les deux conférences précédentes ce qui caractérise le regard et l'amitié du chrétien: la contemplation dans l'amour et la disposition à souffrir pour l'autre, ou à tout le moins, de s'oublier pour l'autre. Jésus le faisait d'un point de vue divin et rédempteur. Les scribes et les pharisiens font juste le contraire, mus par leur seul intérêt. Un affrontement s'annonçait, et celui-ci se cristallisera dans l'épisode de l'évangile de ce dimanche.

3. Ne respirant que le mépris et la jalousie envers Jésus, on lui amène
une femme qu'on avait surprise en train de commettre l'adultère. Ils la font avancer, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été prise en flagrant délit d'adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, qu'en dis-tu ? » (Jn, 8, 4-5) Quelle différence entre la bienveillance de Jésus et le zèle méprisant de ces hommes qui ne se soucient guère qu'à appliquer la loi au mépris de la personne de cette femme, coupable bien sûr, d'un vrai délit, mais sans rapport avec la question qui mobilise les scribes. Pendant que Jésus accueille et s'intéresse à ses disciples, les pharisiens n'ont que mépris et discussion à offrir à cette pauvre femme bouleversée. Jésus comprend et excuse, eux méprisent et condamnent. Triste justice humaine qui préfère la justice toute sèche, souvent camouflée sous le nom de 'solidarité' et qui méprise miséricorde et charité.

4. Jésus contemple la scène, et s'appitoie de ce qu'ils ne savent pas aimer. Jésus refuse de regarder (et d'écouter) ces charlatans qui insistent à appliquer la loi de Moïse sans aucune équité.
Jésus s'était baissé et, du doigt, il traçait des traits sur le sol (Jn, 8, 6). On n'encourage pas ceux qui offensent Dieu et le prochain. Jésus n'a rien à voir avec les hypocrites. Il refuse la communication qui persiste néanmoins. Les traits sur le sol signifient que Jésus ne participe pas à cette parodie de procès. Mais ils insistent... Comme on persistait à l'interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d'entre vous qui est sans péché, qu'il soit le premier à lui jeter la pierre. »
Et il se baissa de nouveau pour tracer des traits sur le sol.

5. Devant cette provocation née d'un véritable compassion et d'une sagesse exceptionnelle, tous se défilent, tandis que Jésus continue de ratisser le sol du bout d'une branche. Tous demeurent perplexes devant le silence de Jésus: ses disciples, qui sont pris par le dilemme suivant : faut-il sacrifier cette femme à la loi de Moïse ou lui faire grâce par charité ? Les pharisiens et les scribes voient quant à eux qu'il ne peuvent pas soutenir qu'ils sont sans péché, et Jésus peut sans doute réclamer cette vertu pour lui-même. Ils s'éloignent donc, un à la fois, pris à leur propre jeu. Reste la pauvre femme pècheresse qui ne sait trop quoi penser: oui j'ai péché, oui je suis imputable châtiment de la loi de Moïse, mais Dieu sait que si c'était à refaire... Elle réalise l'ampleur de son péché et demande intérieurement pardon au Seigneur.

6. Jésus lève les yeux. Il voit dans les yeux des disciples et de la femme une compassion que les scribes n'avaient pas. Il voit le regret de la femme, et contemple ses dispositions intérieures. Il ajoute alors;
« Femme, où sont-il donc ? Alors, personne ne t'a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. » (Jn, 8, 10-11) Quelques mots qui en disent long sur la miséricorde de Jésus et sur la contrition de la femme. La femme contemple sa vie et Jésus. Dans cette contemplation, l'acte d'amour de Dieu nait, la femme commence une nouveau dialogue qui mènera à sa libération. Et elle recommencera une nouvelle vie où Dieu prendra enfin sa place. La réconciliation amène une vie nouvelle.

7. C'est dans les derniers mots de Jésus que se trouve désormais fixée la nouvelle vie de la femme. "Va, et ne pêche plus". Ne plus pécher. Dans cet avertissement, deux choses apparaissent: Jésus reconnait que la femme a péché, et donc, qu'elle est imputable de la peine que les pharisiens ont proposée. Mais Jésus sait que la femme regrette sa faute, et dans le royaume que Jésus a fondé, l'Église, le pécheur est libéré, s'il désire ne plus pécher. Sur la croix, dans quelques semaines, Jésus prendra sur lui tous les châtiments de la loi mosaïque et de tous les péchés des hommes, et de cette croix jaillira le sang qui purifie et l'eau qui lave (selon les rites juifs). Le sang de l'eucharistie, et l'eau du baptême, qui libèrent non pas de la loi de Moïse ou de la loi de Dieu, mais des peines imparfaites imposées jusque-là dans le peuple de Dieu. Jésus dans sa passion prendra sur lui toutes les fautes avoués par tous les hommes de tous les temps, pour nous apporter une vraie libération, où le pardon exprimé par une vraie douleur, marquée par la ferme résolution de ne plus pécher suffit à redonner la vie en Dieu.

8. Ferme propos de ne plus recommencer. Voilà la condition de la vraie contrition. C'est la ligne de démarcation qui existe entre cette femme assurément pècheresse, et ces homme de loi qui voudraient nous convaincre de leur pureté légale. Eux ne regrettent rien. Ils ont toujours eu raison, et ne veulent rien changer à leur manière d'être. La pècheresse comprend l'offre du Seigneur, et désire l'accueillir. C'est une question de survie, certainement, mais c'est aussi la découverte, pour elle d'un amour nouveau, puissant, et éternel.

9. Le Seigneur nous offre le même pardon. Mais il nous faut changer notre manière d'être, et notre conduite. Le Seigneur ne nous en veut pas d'être pécheurs, mais il attend de nous que nous voulions changer. Avec son aide (quelles grâces il nous réserve), nous sommes pardonnés.

10. Mais le pardon doit être inconditionnel de notre part. Jésus veut que nous nous accusions au ministre désigné pour la pénitence. Ne pas vouloir nous y conformer, c'est mettre un obstacle entre le pardon de Dieu et nous. Nous devenons alors comme ces pharisiens qui pensent savoir, mais qui ne font qu'aggraver leur situation. Jésus apprends-moi, à l'instar de tous les saints, à rechercher ton pardon sans condition, désireux de ne plus accomplir que ta très sainte volonté.


  • L'espérance nous pousse à saisir cette main puissante que Dieu nous tend à tout moment, pour que nous ne perdions pas la perspective surnaturelle, même lorsque nos passions se dressent et nous harcèlent pour nous verrouiller dans le réduit mesquin de notre moi; ou quand, avec une vanité puérile, nous nous plaçons au centre de l'univers. Je vis persuadé que je ne parviendrai à rien sans regarder vers le haut; sans Jésus. Je sais que la force dont j'ai besoin pour me vaincre et pour vaincre naît de la répétition de ce cri: je peux tout en Celui qui me rend fort. Ce cri en appelle à la promesse ferme de Dieu de ne point abandonner ses enfants, si ses enfants ne L'abandonnent pas. (St Josémaria Escriva, Amis de Dieu, n. 213)


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Lectures du dimanche 25 mars 2007
5ème dimanche de Carême

Première lecture : Is 43, 16-21 Promesse du nouvel exode

Psaume : Ps 125, 1-2ab, 2cd-3, 4-5, 6 R/ Le Seigneur a fait merveille : nous voici dans la joie

Deuxième lecture : Ph 3, 8-14 Renoncer à tout pour être avec le Christ

Evangile : Jn 8, 1-11 Jésus et la femme adultère : « Va, et ne pèche plus »


vendredi 9 mars 2007

HOMÉLIE DU 3E DIMANCHE DE CARÊME (c): Le nom de Dieu.


1. Nous nous émouvons toujours de voir comment Dieu s’approche de nous, comment il tient à se faire connaître de chacun de nous. La semaine dernière, Abraham découvrait un père en lui. Aujourd’hui, à Moïse, il se présente sous le nom le plus mystérieux qui soit : « Je suis celui qui suis. Tu parleras ainsi aux fils d'Israël :'Celui qui m'a envoyé vers vous, c'est : JE-SUIS.' ». On ne peut pas reprocher à Moïse d’inventer des choses. S’il voulait semer ses disciples, c’était le meilleur moyen pour le faire.

Dans le cas actuel, Dieu se présente comme un être intelligent et plein de vie. Il commande à Moïse (« celui qui m’envoie... »). Il reçoit des instructions précises, mais qui comme pour Abraham, demandent une foi entière. Dieu continue d’aimer les descendants d’Abraham (« J’ai vu la misère de mon peuple... Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter ... vers une terre spacieuse et fertile ». Mais son peuple n’a pas la même spontanéité qu’Abraham. Même Moïse n’a pas cette intimité filiale, cette confidence qu’avait Abraham avec Dieu son Père. Moïse nous ressemble davantage qu’à Abraham. Nous nous sommes un peu éloignés de Dieu, même si Dieu ne s’est jamais éloigné de nous.

Dieu doit parler un peu plus à l’esprit qu’au cœur, puisque celui-ci accepte moins spontanément la foi. C’est la raison pour laquelle il se présente sous le nom de « JE-SUIS ».

La première question qui se pose à notre esprit, comme à l’esprit de Moïse, c’est « Je suis … quoi? ». Le Seigneur ne répond pas mais se contente d’ajouter « Celui qui suis » ou « celui qui est » selon les interprétations courantes. Sommes-nous avancés? Oui, car Dieu est hors de nos catégories. Il est Père, mais pas comme nos parents qui sont parents. Il est Père car il est… Car il dépasse la créature, car il est Dieu. Ce qu’Abraham a saisi par intuitions et merveilles (la bonté de Dieu et le feu qui s’allume tout seul), Moïse le comprend par l’intelligence et l’émerveillement d’un feu qui brûle sans consumer. À la dimension affective de la foi d’Abraham, Dieu ajoute l’intelligibilité de la science de Moïse. Dieu est Père, et il est intelligence, au-dessus de la paternité et de l’intelligence humaine. Il est le Dieu d’Abraham et de Moïse

2. Saint Paul rappelle la protection spéciale de Dieu à la sortie du pays d’Égypte. Au sujet des dons de Dieu au peuple Hébreux, Saint Paul rappelle le don spirituel que Dieu a fait à son peuple, à travers Moïse : « tous, ils ont mangé la même nourriture, qui était spirituelle ; tous, ils ont bu à la même source, qui était spirituelle ; car ils buvaient à un rocher qui les accompagnait, et ce rocher, c'était déjà le Christ. ». À Moïse, Dieu qui se révèle comme celui qui est est aussi le Rocher qui donne la force, l’Intelligence qui se donne à connaître et le Père d’Abraham qui se laisse aimer.

Le drame, toujours selon Saint Paul, c’est que « la plupart n'ont fait que déplaire à Dieu, et ils sont tombés au désert » . Voilà la vérité. Abraham qui avait tant reçu de Dieu avec si peu de preuves, obéit par pur amour. Moïse et les juifs ont recu la force et l’intelligence de ce Père et n’ont touitefois pas su obéir avec cœur… « Ainsi donc, celui qui se croit solide, qu'il fasse attention à ne pas tomber ».

Voilà l’ingratitude de notre cœur. Dieu nous prévient par Saint Paul : Celui qui se croit solide, attention ! il peut tomber. C’est là le sens profond de notre condition de pécheurs : refuser la force, l’intelligence et l’amour d’un vrai Père, pour adorer sa propre personne, quand ce n’est pas un veau d’or.

3. Évidemment, devant le refus du don de Dieu, et en oubliant l’amour parfait du Père, on prête facilement à Dieu l’intention de nous punir. Or, rien de plus faux. Jésus le dit lui-même : ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu'elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien non, je vous le dis ».

Dieu ne punit pas directement. La nature humaine est suffisamment punie par la nature déchue et le déluge. Aussi Dieu nous a-il promis de ne plus nous chercher querelle. Mais Jésus ajoute cependant : « si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière ».

Jésus ne promet pas une punition, mais il souligne, comme Saint Paul, que l’orgueilleux qui refuse l’amour de Dieu signe lui même sa condamnation, en se coupant du ‘cordon ombilical’ qui le relie à son père qui est aussi mère.

Dieu est patient : il nous veut heureux, et nous donne toutes les chances. Mais jamais il ne nous forcera à faire le bien malgré nous. Certainement, si nous nous coupons des sources de la Vie, nous mourrons sans amour. Et alors, notre situation est aussi désespérée que ceux sur qui est tombée la tour. À la différence que les innocents ne seront pas châtiés dans la vie éternelle, tandis que les méchants, oui.

Dieu n’est pas pressé, il sait attendre. Mais il ne force pas l’issue. Mais il nous laisse libre. Profitons du chemin de la réconciliation qui nous est toujours disponible. En ce Carême, n’hésitons pas à faire pénitence, et à faire usage du sacrement de la réconciliation.

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Lectures du dimanche 11 mars 2007
3ème dimanche de Carême

Première lecture : Ex 3, 1-8a.10.13-15 Le Dieu Sauveur se révèle à Moïse

Psaume : Ps 102, 1-2, 3-4, 6-7, 8.11 R/ Le Seigneur est tendresse et pitié

Deuxième lecture : 1Co 10, 1-6.10-12 Les leçons de l'exode : appel à la conversion

Evangile : Lc 13, 1-9 Sans cesse, Dieu nous invite à nous convertir



mercredi 21 février 2007

Tout le monde, tout de suite et à fond


Pour ceux qui ne le savent pas, le carême est commencé depuis minuit passé. Le carnaval de la Nouvelle Orléans (ou de Rio) fait souvent plus de bruit fait souvent ici que le Carême, qui nous touche pourtant de plus près.

C'est que le carême est affaire sérieuse. C'est la raison pour laquelle on a inventé le mardi gras. C'était pour se distraire avant d'entreprendre un travail sérieux d'ascèse, ou fort probablement dans bien des cas, pour faire bombance avant les 40 jours de jeûne alors exigés par notre sainte mère l'Église.

On continue de faire bombance le mardi gras, même si l'Église n'oblige plus au jeûne. On ne se défait pas facilement d'une mauvaise habitude. Pourtant, la liturgie de l'Église nous invite à entreprendre notre jeûne tout de suite, tout le monde, et à fond.

L'Église maintient toujours son obligation au jeûne (à tout le moins pendant deux jours, aujourd'hui et le Vendredi Saint sous sa forme stricte, et toujours, à travers l'esprit de sacrifice), à la prière et à l'aumône.

La lecture du prophète Joel lance cette invitation à tous

  • «Revenez à moi de tout votre coeur, dans le jeûne, les larmes et le deuil ! Prescrivez un jeûne sacré, annoncez une solennité, ... réunissez le peuple, tenez une assemblée sainte, rassemblez les anciens, réunissez petits enfants et nourrissons ! Que le jeune époux sorte de sa maison, que la jeune mariée quitte sa chambre !»
Traduit en québecois, cela veut dire "tout le monde, pas d'excuses".

Et l'Église invite à ne pas perdre de temps, en empruntant les mots de Paul au Corinthiens:
  • "C'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut".
Difficille de lanciner, de perdre son temps à se demander !

Et pourquoi tout cela? Pour vivre justement, comme un bon témoin de Jésus, comme de bons fils de Dieu:

  • "Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d’agir devant les hommes pour vous faire remarquer. Autrement, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux." (Mat 6, 1) Suit ensuite l'énumération des oeuvres de pénitence: le jeûne, la prière et l'aumône.
C'est une invitation à aller à fond, à changer son coeur, à s'approcher de Dieu. On est moralement bien loin du carnaval, et de la fête des insensés, qui se réjouissent comme des fous avant de pleurer. Profitons de la petite croix de chaque jour pour pleurer quelques larmes à l'occasion, mais nous réjouir profondément à Pâques, en considérant le don infini de l'amour du Christ, Dieu fait homme, mort sur la croix pour nous sauver, et ressuscité le troisième jour pour rassurer notre foi et notre amour.

Lectures du mercredi 21 février 2007
--(C) Bible de la Liturgie--
Mercredi des cendres

Première lecture : Jl 2, 12-18

Psaume : Ps 50, 3-4, 5-6ab, 12-13, 14.17 R/ Donne-nous, Seigneur, un coeur nouveau, mets en nous, Seigneur, un esprit nouveau.

Deuxième lecture : 2Co 5, 20-21; 6, 1-2 “Laissez-vous réconcilier avec Dieu”

Evangile : Mt 6,1-6.16-18