Consultez aussi notre section supplémentaire RÉFLEXIONS+PLUS

Rechercher sur ce blogue

Aucun message portant le libellé espérance. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé espérance. Afficher tous les messages

vendredi 4 juillet 2008

14e dimanche du temps ordinaire (a)


VENEZ À MOI

Ces mots de l'Évangile de Saint Mathieu sont une des plus belles phrases de l'Évangile, et elles s'intègrent bien à la liturgie de la fête du Sacré-Coeur que nous avons célébrée dernièrement. Ce passage revient dans la suite des pasages choisis pour les dimanches du temps ordinaire.

Qui n'apprécie pas de recevoir une franche invitation ? Qui n'aime savoir que quelqu'un nous attend ? Dans une conversation à bâtons rompus avec Mgr. Alvaro del Portillo, successeur de Saint Josémaria à la tête de la prélature de l'Opus Dei, j'avais été saisi par un proverbe kukuyu qu'il nous citait pour nous encourager à persévérer dans le chemin de l'amour de Dieu. Il disait, dans une traduction libre: "Celui qui monte la montagne en sachant qu'en haut, un ami l'attend, monte plus facilement".

Ici, nous sommes invités à suivre Jésus. "Venez à moi", "Je vous donnerai le repos". Une belle invitation, quand on sait que gravir les hauteurs de la vie intérieure demande pas mal d'effort.

Celui qui invite n'est pas n'importe qui. Lui et le Père s'aiment. Ils sont donc bien placés. Lui et le Père comprennent parfaitement sa mission. En fait ils travaillent ensemble, dans l'harmonie. En plus, il n'y a que lui qui connaisse bien le Père. Ce qui nous dit qu'il est Dieu, fils de Dieu. Voilà une étonnante révélation qui nous procure une grande paix. Si c'est lui qui invite, et qu'il est de condition divine, quel ne sera le banquet auquel il nous invite!

Mais Jésus invite d'abord à l'écouter. En ce sens, celui qui invite est aussi Maitre, rabbi. Et c'est là le pourquoi de l'emploi du mot "joug". En effet, dans les temps de Jésus, les maitres invitaient à suivre leurs enseignements en prenant leur joug, ce qui signifiait qu'ils demandaient de s'ouvrir à leurs instructions en laissant de côté ce qu'ils savaient. Les commandements de la loi devenaient un joug; les responsabilités devenaient un joug. On comprend que les enseignements des pharisiens constituaient un lourd fardeau.

Or Jésus nous invite à prendre son joug, à nous laisser conduire par les inspirations de l'Esprit Saint et les instructions de l'Église. C'est exigeant, et libérateur.

Jésus nous promet ainsi de nous libérer. Et les deux mille ans d'histoire de l'Église nous prouvent qu'encore aujourd'hui, Il libère. Par le Baptême et la Pénitence, par les commandements et la Parole de Jésus, qu'on trouve dans les Écritures, et par une vie nouvelle remplie d'espérance et d'amour de Dieu.

Venez à moi est aussi un appel à faire connaître Jésus par notre conduite, et nos paroles, par nos gestes, qui diront à notre prochain: Venez à moi, allez à Lui

Q

u'importe de trébucher si nous trouvons dans la douleur de la chute l'énergie qui nous aide à nous relever et nous pousse à continuer avec un courage renouvelé. N'oubliez pas que le saint n'est pas celui qui ne tombe jamais mais celui qui se relève toujours, humblement et avec une sainte opiniâtreté. S'il est écrit au livre des Proverbes que le juste tombe sept fois par jour, toi et moi, pauvres créatures, nous ne devons pas nous étonner ni nous décourager devant nos misères personnelles, devant nos faux pas. Nous continuerons toujours plus avant si nous cherchons la force d'âme auprès de Celui qui nous a promis :
Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et ployez sous le fardeau, et je vous soulagerai. Merci, Seigneur, quia tu es, Deus, fortitudo mea, car Tu as toujours été, Toi, et Toi seul, mon Dieu, ma force, mon refuge, mon appui. (Saint Josémaria, Amis de Dieu, n. 131)

----
Lectures du dimanche 06 juillet 2008
14ème dimanche ordinaire

Première lecture : Za 9, 9-10 Le Messie qui vient est un roi humble

Psaume : Ps 144, 1-2, 8-9, 10-11, 13cd-14 R/ Béni sois-tu à jamais, Seigneur, Dieu de l'univers !

Deuxième lecture : Rm 8, 9.11-13 L'Esprit du Christ est en nous, et il nous ressuscitera

Evangile : Mt 11, 25-30 « Je suis doux et humble de coeur »


jeudi 20 décembre 2007

Les Grandes Antiennes de l'Avent : 20 décembre


Clef de David et sceptre de la maison d'Israël, toi qui ouvres et nul ne peut fermer, qui fermes et nul ne peut ouvrir : viens tirer de sa prison le captif qui attend dans les ténèbres et les ombres de la mort.

Clavis David, et sceptrum domus Israël: qui aperis, et nemo claudit, claudis, et nemo aperit: veni, et educ vinctum de domo carceris, sedentem in tenebris, et umbra mortis.

Toutes les civilisations nous rappellent un paradis perdu ou une rupture avec Dieu, tant la condition de la vie humaine est limitative pour qui aspire à davantage. Les Juifs de l'Ancien Testament n'ont pas fait exception, et, sous l'inspiration divine, les récits de la Création dans la Genèse témoignent de la faute des premiers parents, de la misère conséquente des hommes, et de l'exclusion du Paradis Terrestre qui est désormais gardé par un ange à l'épée de feu. Dès lors, c'est toute la création qui aspire à la redemption dans un désir de regénérescence auxquels saint Paul attribue les douleurs de l'enfantement (cfr
. Rom. 8, 22, 23) .

Le monde coupé de Dieu est un triste monde, et l'homme qui avait été créé pour Dieu souffre de cette séparation. L'antienne d'aujourd'hui nous rappelle que seul le fils de David a la clef qui redonnera accès au paradis perdu. Nous avons raison d'espérer, car il vient, le Seigneur Jésus.


De fait « espérance » est un mot central de la foi biblique – au point que, dans certains passages, les mots « foi » et « espérance » semblent interchangeables. Ainsi, la Lettre aux Hébreux lie étroitement à la « plénitude de la foi » (10, 22) « l'indéfectible profession de l'espérance » (10, 23). De même, lorsque la Première Épître de Pierre exhorte les chrétiens à être toujours prêts à rendre une réponse à propos du logos – le sens et la raison – de leur espérance (cf. 3, 15), « espérance » est équivalent de « foi ». Ce qui a été déterminant pour la conscience des premiers chrétiens, à savoir le fait d'avoir reçu comme don une espérance crédible, se manifeste aussi là où est mise en regard l'existence chrétienne avec la vie avant la foi, ou avec la situation des membres des autres religions. Paul rappelle aux Éphésiens que, avant leur rencontre avec le Christ, ils étaient « sans espérance et sans Dieu dans le monde » (cf. Ep 2, 12). Naturellement, il sait qu'ils avaient eu des dieux, qu'ils avaient eu une religion, mais leurs dieux s'étaient révélés discutables et, de leurs mythes contradictoires, n'émanait aucune espérance. Malgré les dieux, ils étaient « sans Dieu » et, par conséquent, ils se trouvaient dans un monde obscur, devant un avenir sombre. « In nihil ab nihilo quam cito recidimus » (Du néant dans le néant, combien rapidement nous retombons),[1] dit une épitaphe de l'époque – paroles dans lesquelles apparaît sans ambiguïté ce à quoi Paul fait référence. C'est dans le même sens qu'il dit aux Thessaloniciens: vous ne devez pas être « abattus comme les autres, qui n'ont pas d'espérance » (1 Th 4, 13). Ici aussi, apparaît comme élément caractéristique des chrétiens le fait qu'ils ont un avenir: ce n'est pas qu'ils sachent dans les détails ce qui les attend, mais ils savent de manière générale que leur vie ne finit pas dans le néant. C'est seulement lorsque l'avenir est assuré en tant que réalité positive que le présent devient aussi vivable. (Benoit XVI, lettre encyclique Spe Salvi, n. 2).

vendredi 14 décembre 2007

Homélie du 3e dimanche de l'Avent

"Un roseau agité par le vent ?"

"Qu'êtes-vous allé voir au désert"?

Tous les textes de ce dimanche respirent la joie, conséquence de l'espérance de la venue de Jésus. Nous nous rappelons que l'arrivée tant attendue du Messie avait du provoquer toute une attente, et une certaine impatience... Si cette impatience est disparue après la manifestation du pouvoir du Ressuscité, pour nous elle est toujours là, en ce que notre mort nous permettra avant plus ou moins longtemps de nous réunir enfin avec le Christ que nous attendons depuis notre baptême. Et puis, il restera cette dernière manifestation publique de Jésus à la fin des temps, qui est comme le dit Benoit XVI est "avant tout et surtout espérance – l'espérance dont la nécessité a justement été rendue évidente dans les bouleversements des derniers siècles" (Spe salvi. n. 43).

Cette joyeuse attente était au plus haut, au temps de Jean Baptiste: Jean Baptiste lui-même attirait profondément l'attention (les juifs de Jérusalem, même les pharisiens, accouraient au Jourdain pour le voir, le questionner ou lui demander conseil, comme nous l'avons vu dans l'évangile de la semaine dernière). Et Jean Baptiste qui voyait de ses yeux l'Agneau de Dieu en le signifiant aux premiers disciples. Nous ne pouvons pas imaginer à quel point toute la Judée d'alors devait se trouver en ébullition.

Mais nous constatons deux types de réactions avant et pendant l'incarcération de Jean Baptiste par Hérode. Certains voyaient en Jean le messie, et ne prisaient guère que Jésus lui fasse ombrage ou que Jean Baptiste lui accorde une certaine attention, au point même de le désigner comme son éventuel remplaçant. L'autre camp, celui des partisans de Jésus, ne donnait pas trop d'importance à Jean, le laissant alors un peu de côté.

Il fallait donc que justice se fasse, tant du point de vue de Jean que de celui de Jésus.

On s'est bien questionné sur le pourquoi de la question posée par Jean à travers ses disciples. Il est possible que Jean qui croyait en Jésus comme Messie se soit demandé ce qu'il attendait pour se manifester publiquement. Il est plus probable qu'ayant pleine connaissance de qui était Jésus (il l'avait montré aux premiers disciples de Jésus), il ait désiré encourager ses disciples à voir de leurs propres yeux la réalisation des promesses (dont il est fait allusion dans la première lecture) et à entendre directement de la bouche de Jésus qu'il était celui qui devait venir.

Dans la question de Jean, il y a un sens d'imminence que la formulation française laisse ambigüe. "Es-tu celui qui doit venir" devrait se comprendre comme "Est-ce que c'est toi qui viens dans un moment, de manière imminente" ? et la suite: "continuons-nous à attendre" ? Ainsi comprise, la question de Jean n'est pas théorique, ou seulement instructive. Elle devient existentielle, et invite les témoin à écouter, et à s'engager à faire le pas dans la bonne direction. Jean Baptiste a conscience que ses jours sont comptés, et que ses disciples doivent commencer à s'attacher à Jésus, laissant de côté les vaines discussions ou les mésententes inutiles.

La réponse de Jésus est aussi fort engageante. "Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et ce que vous voyez... " Il leur montre autour d'eux ceux qui ont été guéris et évangélisés. N'est-ce pas là l'accomplissement des promesses ? À l'obligation de rapporter est liée l'obligation de regarder, d'observer, de bien comprendre.

Dans ce dialogue à distance entre Jean et Jésus s'opère un dialogue qui va au delà des limites du temps et de l'histoire: il a le dialogue entre l'ancien et le nouveau testament, où l'homme pécheur héritier de d'Adam et de la Première Alliance interroge le Nouvel Adam, le sauveur de la Nouvelle Alliance. Entre les deux, le Baptiste, celui qui 'purifie' (baptise) en annonçant le rédempteur-purificateur, le prêtre éternel.

Pourquoi Jean est-il identifié à Élie qui devait venir ? Précisément parce qu'il arrivera, par sa mission de précurseur, à fermer les livres de l'Ancien Testament, dont Élie est le symbole de la grandeur et ouvrir la Nouvelle Alliance en baptisant (purifiant) celui qui nous purifiera par son sang. Il est vraiment entre l'Ancien et le Nouveau Testament: le plus petit dans le Nouveau, mais le plus grand dans l'Ancien. Petit, puisqu'à côté de Jésus, il n'est rien. De fait, avec le commencement de la mission de Jésus, son rôle est diminué, et son humilité sera scellée par sa mort, laissant toute la place à Jésus, et lui envoyant ceux qui lui étaient resté fidèles.

Jean est "plus qu'un prophète". Il est l'annonciateur de Jésus. Bien petit devant Jésus, mais grand parmi les hommes. Totalement voué à sa mission, mais invisible quand Jésus monte. Quelle droiture que celle de Jean.

Faire et disparaitre. Des mots que Saint Josémaria considéraient comme l'objectif de sa vie. Ils les explique ainsi dans ce point de Forge:
Quelle merveille que l'efficacité corédemptrice de nos vies, et pour l'éternité! Mais elle n'agira que par l'humilité: disparaitre, afin que les autres découvrent le Seigneur. (669).

C'est ce qu'a fait Jean Baptiste: il a agi, mais a donné toute sa place à Jésus. Et lui s'en est allé en ne laissant que ses disciples aux pieds de Jésus. Et le Seigneur le lui a bien rendu. Dans son éloge, en montrant la grandeur de ce qui est petit, il nous invite à imiter la droiture et l'humilité de Jean, le plus petit, mais pour cette raison, le plus grand.

----
Lectures du dimanche 16 décembre 2007
3ème dimanche de l'Avent

Première lecture : Is 35, 1-6a.10 Les merveilles du salut à venir

Psaume : Ps 145, 7, 8, 9ab.10a R/ Viens, Seigneur, et sauve-nous !

Deuxième lecture : Jc 5, 7-10 “Ayez de la patience : la venue du Seigneur est proche “

Evangile : Mt 11, 2-11 Jean Baptiste et Jésus


samedi 8 décembre 2007

2e Dimanche de l’Avent et Immaculée Conception de Marie


« Préparez les Chemins du Seigneur, aplanissez sa route »

Ce dimanche de l’Avent coïncide avec la grande fête de l’Immaculée conception. Une journée mariale en un temps de préparation pour Noël. Marie, Mère de Jésus, siège de la Sagesse, modèle de dévotion et de piété est le bon chemin pour la conversion.

La première lecture nous présente Jessé, le père de David, tel que présenté par Isaïe. Jessé produira un rameau qui recevra l’Esprit du Seigneur. « Sur lui reposera l'esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur, qui lui inspirera la crainte du Seigneur. »

Ce descendant est évidemment Jésus. Mais en bon fils de Marie, on retrouve d’une façon différente ces qualités inhérentes à sa Mère. Toutes ces qualités (sagesse, discernement, force, etc.) sont le fruit de l’action de l’Esprit Saint en elle, le fruit de sa conception immaculée qui la prépare admirablement bien à sa mission de Mère de Dieu.

Marie en prière. Comment ne pouvons-nous pas imaginer Marie en prière, en train de considérer tous ces évènements, peu après l’annonce de l’Ange et la Visitation ? En fait, le chant du Magnificat nous décrit sa piété, après se débordement des grâces de Dieu en elle. On a souvent dit que cette prière était semblable à plusieurs chants de l’Ancien Testament. Rien de surprenant que Marie, dans son débordement, rassemble les extraits des plus belles prières qu’elle ait récitées et méditées comme résultat de ce qu’elle considérait souvent dans son cœur, et qu’ainsi naisse le Magnificat. Car Marie priait.

En plus, elle veillait : les conseils de Jean Baptiste : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche » peuvent d’une certaine manière s’appliquer à l’attitude de vigilance de Marie. Non qu’elle eut besoin de conversion, car elle cherchait toujours le Seigneur, mais à son esprit de vigilance. Car comme bonne servante du Seigneur, elle est attentive. Son départ précipité pour voir Élizabeth, après l’Annonciation montre son désir de servir et d’aider le prochain, dans un esprit de servir Dieu.

Comme pour la lecture de la lettre aux Romains, elle possédait « l’espérance grâce à la persévérance et au courage que donne l’Écriture ». Marie médite les écritures, elle prie, considérant tous les mystères de la grâce d’être choisie pour donner naissance au Fils de Dieu fait homme. Et elle accueille avec lui tous les enfants des hommes que Jésus lui confiera plus tard du haut de la Croix. Oui vraiment est le chemin qui nous mène à Noël.

Devant cette femme, revêtue des grâces de la sainteté dans sa vie mortelle, devant ce modèle d’espérance, allons a l’école de Marie. Demandons-lui de nous éclairer dans notre piété, de sorte que notre attente soit continuellement vigilante. Demandons, en nous regardant devant l’Immaculée, les grâces d’une profonde conversion inspirée de l’attitude Marie. Demandons le don de la piété, qui nous rendra continuellement en vigilance, et qui nous remplira de l’unique espérance, celle de la venue du Christ dans notre cœur.

---

Lectures du dimanche 09 décembre 2007
2ème dimanche de l'Avent

Première lecture : Is 11, 1-10 Le Messie, roi de paix

Psaume : Ps 71, 1-2, 7-8, 12-13, 17 R/ Voici venir un jour sans fin de justice et de paix

Deuxième lecture : Rm 15, 4-9 L'espérance offerte par l'Écriture s'étend à toutes les nations

Evangile : Mt 3, 1-12 Jean Baptiste annonce que le Messie vient juger le monde


vendredi 23 mars 2007

2e conférence de Carême 2007: Jésus souffre avec nous

1. Hier, en nous attardant sur la notion de regard, nous avons compris que toute relation humaine fondée commence par un regard. Vous rappelez-vous du Renard et du Petit Prince, qui voulaient s’apprivoiser? Ils se regardaient mutuellement et s’appréciaient. Petit à petit, ils s’approchaient.

2. Toute amitié, tout amour, nous l’avons vu, commence par une certaine contemplation. On se regarde. Avant de dire quelques mots, on parle avec les yeux. Et de là l’aventure d’une vie partagée commence. La vie partagée, ou mieux, la vie commune, ou encore la vie ensemble demande une certaine part de sacrifice, d’abnégation. Sinon, gare aux séparations ou à la violence. Ou bien à l'indifférence, où l'on ne se regarde plus, ou pire encore, où on s'ignore. S'estimer c'est se regarder, s'accepter. C'est le bonheur. Mais vivre ensemble n'est pas facile, et procure quelques fois son lot de souffrance.

3. Habituellement, les souffrances de l'amour viennent de ce qu'on ne se voit mutuellement pas tels qu'on est, ou bien que nos aspirations dans l'amour mutuel sont déçues par des gestes ou des impressions produites par l'autre, qui peuvent provenir d'une mauvaise interprétation des gestes d'autrui. La souffrance intérieure est souvent une conséquence de ces déceptions, qui peuvent être vraies (en ce sens elles sont des réelles déceptions) ou fausses (à ce moment-là elles deviennent des erreurs de jugement de notre part). Souvent, les déceptions et les erreurs cohabitent en nous, et nous devenons désorientés et déçus. C'est l'heure de la croix.

4. Les souffrances intérieures donnent naissance à la tristesse, mère de beaucoup de maux. Encore une fois, on peut souffrir intérieurement de bien des maux, avec ou sans culpabilité, pour des raisons justifiées ou non. Cela reste de la souffrance. Nous sommes tous touchés par ce mal du fait de notre humanité frappée les conséquences du péché originel. En offensant Dieu, Adam et Ève on rejeté l'amour gratuit de Dieu qui allait leur donner l'équilibre en tout. Et dès lors, l'amitié s'est transformée en compétition, l'amour en recherche de reconnaissance, le don en faveurs méritées. Et de là, combien de souffrances.

5. Elles sont présentes partout dans l'histoire. Joseph est vendu par ses frères car ceux-ci ne lui pardonnent pas qu'ils soit traité différemment d'eux. Les jalousies engendrent les guerres, même au sein du peuple choisi. Saül n'accepte pas l'amitié de David, qu'il considère comme un possible usurpateur. David, qui s'est épris de la femme d'Urie envoie celui-ci sur le front, pour pouvoir l'épouser, car elle est enceinte de l'adultère qu'il a provoqué. Les prophètes qui demandent un changement de vie à Israël sont poursuivis et mis à mort par ceux qu'ils cherchent è aider. Tout cela parce qu'on ne se respecte plus, qu'on arrive pas à se comprendre.

6. Ce qui donne lieu à d'autres maux: la solitude (on se retire), l'abandon (on nous a laissé, on ne nous regarde plus), ou encore la rupture. Là où il y avait de la vie, et de la joie, il ne reste que pleurs et angoisse. L'absence est d'autant plus difficile à endurer qu'on n'en arrive pas là par sa faute, qu'on est innocent. La solitude est souvent une des plus grandes angoisses.

7. D'autres souffrances sont ne sont la faute de personne. On n'en souffre pas moins pour autant. Une mort subite, une maladie pénible, les incompréhensions incontrôlables... Ici, une question revient toujours: "Pourquoi moi?" Et vraiment, il n'est pas de véritable réponse à cette question.

8. Qu'on souffre dans son corps, ou qu'on souffre dans son âme, on est malheureux. On vit dans un monde où tout le monde souffre, au point où généralement, on pense souvent souufrir plus que les autres.

9. Mais il y a des exceptions. Ce sont les saints. Ceux-ci ne conçoivent pas la souffrance comme ceux qui ne voient que l'horizon de leur vie. Ils semblent voir autre chose. Quelque chose qui ne se voit pas. Et c'est vrai, car les saints sont contemplatifs, ils regardent Dieu. Ils aiment Dieu, car leur perception des faits est illuminée par la bonté de Dieu. Ils souffrent, et ils ne souffrent pas. Là où d'autres voient la souffrance te la mort, il voient l'amour et la résurrection. Pour les premiers, l'automne de la vie est une saison de mort, pour les autres, c'est un moment de joie, malgré les douleurs et les souffrances. 10. Les saints contemplent Dieu dans la souffrance. Ste Thérèse de Jésus soupirait de voir le Seigneur, même quand son imagination souffrante lui faisait redouter le moment de la mort. Saint Josémaria attendait la mort avec une vraie joie, offrant cependant le renoncement de ne plus être avec les siens pour la vie de l'Église. Il en avait offert sa vie. Pour lui, partir vers le Père n'était, disait-il, qu'un "au revoir". Saint Paul se demandait s'il fallait désirer mourir ou vivre, et ne voulait reste ici-bas que pour être un support pour les communautés naissantes qu'il avait collaboré à fonder. Vivre ou VIVRE.

11. Tous les saints ont puisé leurs forces dans l'exemple de Jésus, qui s'est fait homme pour nous sauver (Phil;. 2, 8). Comment est Jésus dans sa passion? D'abord, fort et tout-puissant. Il peut par ses paroles faire tomber ses auditeurs de stupeur (Jn, 18, 6). Mais il est aussi attentionné pour ses disciples, à qui il confie l'Eucharistie comme sacrement de la nouvelle alliance. Mais il souffre et cruellement. Il le voulait (par amour pour nous); il le devait (par amour pour son Père).

  • De quoi Jésus a-t-il souffert ? Ecoutons Saint Thomas: Car la passion du Christ nous fournit un modèle valable pour toute notre vie. En effet, celui qui veut mener la vie parfaite n'a rien d'autre à faire qu'à mépriser ce que le Christ a méprisé sur la croix et à désirer ce que le Christ a désiré. Car aucun exemple de vertu n'est absent de la croix. Si tu cherches un exemple de charité: Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. C'est ce que le Christ a fait sur la croix. Et par conséquent, s'il a donné sa vie pour nous, il ne doit pas être trop dur de supporter n'importe quel mal pour lui. - Si tu cherches la patience, c'est sur la croix qu'on la trouve au maximum. En effet la patience est grande pour deux motifs: ou bien lorsqu'on souffre patiemment de grands maux, ou bien lorsqu'on souffre des maux qu'on aurait pu éviter, et que l'on n'évite pas. Or le Christ a souffert de grands maux sur la croix, et avec patience, puisque couvert d'insultes il ne menaçait pas; comme une brebis conduite à l'abattoir, il n'ouvrait pas la bouche. Elle est donc grande, la patience du Christ sur la croix: Par la patience, courons au combat qui nous est proposé, les yeux fixés sur Jésus, qui est à l'origine et au terme de la foi. Renonçant à la joie qui lui était proposée, il a enduré, sans avoir de honte, l'humiliation de la croix. Si tu cherches un exemple d'humilité, regarde le crucifié. Car un Dieu a voulu être jugé sous Ponce Pilate, et mouir. - Si tu cherches un exemple d'obéissance, tu n'as qu'à suivre celui qui s'est fait obéissant au Père jusqu'à la mort: De même que la faute commise par un seul, c'est-à-dire Adam, a rendu tous les hommes pécheurs, de même tous deviendront justes par l'obéissance d'un seul. Si tu cherches un exemple de mépris pour les biens terrestres, tu n'as qu'à suivre celui qui est le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs, en qui sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance; sur la croix, il est nu, tourné en dérision, couvert de crachats, frappé, couronnéd'épines, enfin abreuvé de fiel et de vinaigre. Ne sois donc pas attaché aux vêtements et aux richesses, car ils se sont partagé mes habits; ni aux honneurs, car j'ai subi les moqueries et les coups ; ni aux dignités car, tressant une couronne d'épines, ils l'ont enfoncée sur ma tête; ni aux plaisirs car, dans ma soif, ils m'ont abreuvé de vinaigre.
12. Jésus a souffert par amour. Benoit XVI disait récemment qu'il a transformé la signification de la souffrance, en lui donnant un sens nouveau, en la remplissant d'amour et d'espérance. En regardant son Père, il nous voit, sous le joug du péché. Il n'hésite pas à se donner à nous par amour pour son Père qui nous montrer son amour gratuit, malgré nos offenses, et en même temps, il se donne à nous pour nous délivrer du mal et nous donner l'espérance d'un monde plus beau.

mercredi 7 mars 2007

Un livre qui promet !

Voici le résumé d'un livre d'un dénommé

Serge Gagnon:
Quand le Québec MANQUAIT de prêtres


Il parle d'une autre période où le Québec était en manque de prêtres: le bas -Canada.

Quelqu'un l'a-t-il lu ?

Si vous en savez quelque chose, s'il vous plait, renseignez-moi. Ça risque d'être drôlement intéressant, et instructif. Peut-on apprendre de cette époque lointaine pour notre futur simple? L'histoire est maitresse d'expérience, mais aussi d'espérance.

QUAND LE QUÉBEC S’APPELAIT LE BAS-CANADA (1791-1840), l’Église catholique était menacée de toutes parts : statut politique précaire, vive concurrence des autres religions chrétiennes,pénurie chronique de prêtres à la campagne où une paroisse sur trois était sans curé. Débuts de carrière précoces, fins de vie professionnelle au-delà de l’âge normal de la retraite comblent tant bien que mal le déséquilibre entre l’offre et la demande, source de richesse pour les hommes robustes, cause d’épuisement professionnel fatal aux constitutions les plus fragiles. La rareté des ressources favorise une pastorale branchée sur les Évangiles : du catéchisme à la prédication, le chrétien est orienté vers la confession, tâche éminemment épuisante lorsque, le carême venu, tous passent aux aveux, les uns pardonnés, les autres écartés de la communion pascale. À quelle religion le peuple des campagnes fut-il convié ? Telle est la question centrale à laquelle ce livre propose une réponse surprenante. Le bonheur éternel parait plus accessible qu’au cours du siècle qui s’achève avec la Révolution tranquille ; la prédication d’un jeune prêtre annonce pourtant la montée d’une pastorale de la peur de l’enfer.

Les Éditions PUL-IQRC
Tél. (418) 656-2131 poste 10996
Téléc. (418) 656-3305
Lucie.Belanger@pul.ulaval.ca

jeudi 1 février 2007

De la liturgie des heures de ce matin


C'est Saint Léon le Grand qui nous parle:

Aucun malade ne se voit refuser la victoire de la Croix, et il n'y a personne qui ne trouve un secours dans la prière du Christ; si elle a profité à beaucoup de ses bourreaux, combien davantage aidera-t-elle ceux qui se tournent vers lui ?

    • Consolante réalité qui nous réconcilie avec l'idée de se donner pour un motif qui en vaut le sacrifice. Un peu plus loin, St Léon continue:
Le peuple chrétien est invité à posséder les richesses du paradis, et l'accès à la patrie perdue s'offre à tous ceux qui ont reçu le sacrement de la nouvelle naissance, pourvu que personne ne se fasse fermer ce chemin qui a pu s'ouvrir devant la foi d'un malfaiteur.

  • Une invitation aux eaux de la grâce, aux eaux du baptême, qui pardonnent comme au bon larron. Pourvu que nous en soyons dignes, et que nous regrettions sincèrement, comme le pauvre Dimas, les nombreuses offenses que nous avons commises.

Dans les prières de la messe d'aujourd'hui

Prière sur les offrandes: C'est toi qui nous donnes, Seigneur, ce que nous t'offrons, pourtant tu vois dans notre offrande un geste d'amour; aussi te prions-nous avec confiance : puisque tes propres dons sont notre seule valeur, qu'ils fructifient pour nous en bonheur éternel (t.o VIII).

  • Belle considération qui nous rappelle le plus important: tout ce que nous avons, nous l'avons reçu de Dieu. C'est un formidable encouragement à l'humilité, qui nous grandit, car tout nous vient de Dieu. Nous sommes rien sans lui.
  • Et puis, quelle merveilleuse manière de vivre l'humilité: en fils et filles de Dieu. Si Dieu est si bon pour nous, c'est qu'il nous aime d'un amour de Père, et qu'il n'attend de nous qu'un peu de correspondance d'amour, si nous le voulons bien...
  • Et ensuite, comme disait la Grande Thérèse, "le ciel pour toujours, toujours".
  • Espérons