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samedi 13 décembre 2008

Homélie, 3e dimanche de l'Avent B


Une rencontre avec Jean-Baptiste
L’Évangile d’aujourd’hui nous propose une rencontre avec Jean Le Baptiste. Un personnage remarquable : qui s’affaire avec courage à « préparer le chemin du Seigneur »
Ses contemporains, spécialement les sages de Jérusalem, ne regardent pas en direction du Messie. Préoccupés par le gouvernement matériel du pays, les saducéens ne se questionnent ni sur la mort, ni sur la résurrection. Le salut, surtout politique car ils ne veulent pas croire aux esprits, à l’âme et à la résurrection, est dans une ligne d’accommodements envers les conquérants; ils ont trop à faire pour se soucier d’un Messie. En fait, ils sont un parfait intermédiaire pour collaborer au gouvernement des juifs.
Les pharisiens, eux, les « séparés », excluent les contacts avec les païens. Pour eux, il faut rejeter toute collaboration, et se purifier des mauvaises interactions avec eux. Ils sont des fils ultra zélés des Machabées, qui sans doute ne se seraient pas reconnus dans leur zèle excessif peu charitable.
Au moment où le Christ est au point de se manifester enfin, Jean est en train de publier une nouvelle page de l’histoire : le messie s’en vient. Dieu n’a pas oublié ses enfants, aussi devons-nous tous penser à nous préparer à son avènement.
Le personnage de Jean le Baptiste est rassembleur et convaincant.  Il commence à attirer l’attention des foules, et les âmes les plus délicates d’Israël prennent goût à l'écouter. Jean l’évangéliste et Pierre et André, comme Jacques s’intéressent à Jean Baptiste. Ils l’ont vu avant de connaître Jésus, et qui plus est, c’est le précurseur qui les enverra au Christ en leur signalant qu’il est l’Agneau du de Dieu.
Ce mouvement de foules attire bientôt l’attention des sages de Jérusalem. À la naissance de Jésus, le roi Hérode, qui n’était pas descendant de David, craint que le Roi des juifs ne lui réclame son trône, aussi n’hésite-t-il pas à s’en prendre aux enfants de bas âge. La possibilité que le Messie se manifeste réellement inquiète de la même manière les Saducéens et le Pharisiens, eux qui détiennent le pouvoir politique ou moral sur les juifs.
C’est pourquoi ils feront enquête. Pendant que Jean vient « rendre témoignage à la lumière », les foules se déplacent. Voici un homme, dit-on, qui pourrait être le Christ, ou Élie, qui, selon certaines allusions de Malachie (3, 1-2) ou de l’Ecclésiastique (48, 15), allait revenir. Ou même il était ce grand prophète qu’on attendait, et qui serait semblable à Moïse (Dt 18, 15). Tout ce petit monde était pour ainsi dire en effervescence, il ils devaient garder un œil sur le Baptiste.
Les premiers témoignages « officiels » de Jean Baptiste, il les fera auprès des prêtres et des Lévites, qui se campaient davantage du côté des saducéens et de plusieurs pharisiens. On s’inquiète qu’il soit le messie (christ) ou Élie à qui il ressemble par son mode de vêtir et sa fougue (bien qu’on sache tous qu’il est né de Zacharie et Élizabeth). Ou sinon, serait-il donc « le » prophète (ce grand personnage qui prendrait la place de Moîse, et qui restait encore à venir.
À tous, Jean est sans détour : « Qui es-tu ? » lui demande-t-on. Du tac au tac, il dit : « Je ne suis pas le Christ ». Il n’y pas à chercher ici pour lui. Alors, « Es-tu Élie? … Es-tu le prophète ? ». Non. Il est catégorique. Il n’est pas venu pour lui-même. Il parle de Dieu et veut convaincre ses pairs que ce Christ qu’on attend est à la porte, qu’il frappe. Votre cœur sera-t-il disposé à lui ?  En représentants du « bon ordre », on lui demande pourquoi tout ce bruit autour de lui. « Que dis-tu de toi-même ? » Et il leur affirme droitement la simple vérité : il a reçu une mission de Dieu, une vocation, et il doit la réaliser. Et elle consiste à annoncer celui qui vient : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert » : le désert de cette Palestine bien éloignée de Dieu. Le désert où le nouveau Moïse clamera pour vous auprès de Dieu, pour cette nouvelle Pâque où l’Agneau de Dieu sera offert pou la multitude. Je suis la voix de Dieu qui veut entrer dans vos cœurs, mais que vous méconnaissez, trop pris par vos problèmes matériels.
Les pharisiens ont une préoccupation de plus, qui reviendra encore encore amplifiée devant Jésus : on dit que Jean baptise. Voilà une nouveauté qui n’est pas approuvée par les pharisiens. On sait comment ceux-ci sont tatillons sur les rites et les purifications. Or le baptême de Jean est une purification dans tout le corps, et qui, si elle était faite selon l’esprit rituel des pharisiens, signifierait une purification de toute la personne, supérieure à toutes les purifications qu’ils supervisaient avec un zèle juridique exagéré. Sans autorité, « Si tu n’es le Christ, ni Élie, ni le prophète, pourquoi baptises-tu donc ? ». Il les rassure : mon baptême est un rituel de conversion qui n’a pas de valeur rituelle. C’est un signe de pénitence pour se préparer à recevoir la visite de  celui qui est déjà à nos portes : « (Il est) au milieu de vous, (il) se tient sans que vous le soupçonniez, celui qui vient après moi, dont je ne sui pas digne  de délier la courroie de la chaussure. »
Admirons ici la personnalité de Jean-Baptiste : il est véridique, ce qu'il dit est franc. Sa parole est comme un ciseau devant  ceux qui sont habitués à tergiverser. Il n’a aucun soucis de bien paraître aux yeux des grands, et son message est le même pour tous : le messie vient; le trouverez-vous, serez-vous prêts ? Cette véracité et cette humilité lui amèneront des mois de cachot et une mort infâme. Mais il aura fait ce qu’il savait être la volonté de Dieu. Comme résultat de cette vie, il ouvrira les cœurs au  Christ, et lui préparera ainsi ses premiers disciples, et sûrement, plusieurs des premiers chrétiens.
Une grande mission que la sienne, inspirante pour les disciples de Jésus et les hommes d’action de l’Église naissante. Travailler pour le Christ plutôt que de plaire aux hommes.
Au début de ce 21e siècle, Jésus veut encore entrer dans le cœur de ses fidèles. Il attend encore le témoignage d’âmes saintes et résolues à le servir. Ai-je conscience qu’il me demande l’esprit de pénitence (c’est le sens de la confession avant Noël) et qu’il a pour moi des plans vocationnels que je ne peux pas négliger. Il serait triste que le Christ passe, que l’Église le proclame et que nous passions dans l’indifférence ou la crainte. Quelle tristesse pour quelqu’un que Jésus a aimé, et pour qui il a donné la vie…

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ll me semble qu'on nous demande, à nous les prêtres, l'humilité d'apprendre à ne pas être à la mode, d'être réellement les serviteurs des serviteurs de Dieu — nous souvenant de ce cri de Jean-Baptiste : illum oportet crescere, me autem minui (Jn 3, 30), il faut que lui grandisse et que moi, je décroisse — pour que les chrétiens ordinaires, les laïcs, rendent le Christ présent, dans tous les milieux de la société. La mission de répandre la doctrine, d'aider à pénétrer les exigences personnelles et sociales de l'Évangile, d'engager à discerner les signes des temps, c'est, et ce sera toujours, une des tâches fondamentales du prêtre. Mais tout travail sacerdotal doit s'accomplir dans le plus grand respect de la légitime liberté des consciences : chaque homme doit librement répondre à Dieu. Au surplus, tout catholique, outre l'aide que lui apporte le prêtre, reçoit lui aussi de Dieu des lumières propres, des grâces d'état qui lui permettent de remplir la mission spécifique dont il est chargé, en tant qu'homme et en tant que chrétien. (Josémaria Escriva, Entretien, 54)


Lectures du dimanche 14 décembre 2008

3ème dimanche de l'Avent


Première lecture : Is 61, 1-2a.10-11 Le Sauveur apporte la joie

Cantique :  Lc 1, 46b-48, 49-50, 53-54   R/ J'exulte de joie en Dieu, mon Sauveur

Deuxième lecture : 1Th 5, 16-24 Comment préparer la venue du Seigneur
Evangile : Jn 1, 6-8.19-28 « Il se tient au milieu de vous »

samedi 21 juin 2008

12e dimanche du Temps ordinaire


Ne craignez pas les hommes autour de vous.

Ainsi commence l'évangile de ce dimanche. "Ne craignez pas", nous dit Jésus. Car nous serons tentés d'avoir peur. Le monde de Dieu et le monde des humains ne coincident pas toujours quoiqu'en disent quelques-uns. Nous avons une Bonne Nouvelle à faire connaître, mais celle-ci n'est pas toujours agréée par nos proches. Il se trouve des faux-prophètes pour nous proposer que le monde où nous vivons est déjà saint, car Dieu n'exclut personne, et aime le pécheur dans son péché. Alors, selon ceux-ci, Dieu laisse tout passer et l'enfer n'existe plus. Dieu accepte toutes les conceptions du monde, s'il y a, d'après eux, un désir humain d'être bon, quelles que soient les actions qu'il pose: voilà en quelques mots ce qu'on pourrait appeler le dogme du relativisme. Mais Dieu ne souffre pas, selon eux, le moralisme rigide qui rappelle que nous sommes des pécheurs. Dans ce monde en carton-pâte, tout est comme au cinéma. Le christianisme rigide (c'est-à-dire, celui qui maintient les commandements de Dieu et de l'église, la pratique dominicale, l'existence du péché) devient la cible des ces hommes tolérants, qui ne comprennent évidemment pas qu'on puisse adorer l'euchariste en procession dans un congrès eucharistique en 2008.
Ceux qui professent le Catéchisme de l'Église Catholique et ses enseignements, qui croient à la sainteté, et qui proposent un style de vie différent de celui de "l'ouverture acritique à la post-modernité" sont l'ennemi public à qui on doit apprendre à se taire.
Il n'est pas rare que les chrétiens attachés à une Église hiérarchique et sacerdotale soient ceux qu'on pointe du doigt. Les vieilles gloires de "l'après-concile", les champions d'un renouveau à outrance et d'une liberté sexuelle illimitée s'en prendront facilement à celui qui prend la foi du Christ sans restrictions mentales, en disant Credo-Je crois. Le monde tolérant séculier semble se régaler passionéement de l'intolérance envers les catholiques fervents.
Mais ce n'est pas nouveau. Déjà, Jésus a eu maille à partir avec les forces bien pensantes de son temps. Il sait ce qui l'attend (la croix!), et ce qui attend ceux qui marcheront par le même chemin. Voilà pourquoi Jésus nous encourage à ne pas craindre les embûches laissées par les gens qui nous entourent, et qui ne comprennent toujours pas combien l'amour de Dieu illumine la vie du croyant.
Jésus nous avertit que quelques fois, les menaces seront sérieuses. On peut vouloir "tuer le corps". Mais il n'y a que soi-même qui puisse tuer son âme, sous l'influence du tentateur. Celui-là, il faut le craindre.
Puis Jésus nous rappelle qu'il a soin de toutes ses créatures, mêmes les oiseaux du Ciel...
"Soyez donc sans crainte: vous valez bien plus que tous les moineaux du monde".
Dieu nous attend. Il veut marcher près de nous, nous protéger. Mais il nous faut vouloir être fidèles à sa parole. Sinon, nous serons en proie à la tentation, qui peut "tuer l'âme" et "et faire périr dans la géhenne".
Ne craignons pas. Mais pour ce faire, soyons prêts. Comment, Jésus? Tu nous l'as dit quand toi-même tu allais éprouver ta plus grande tentation le soir du jeudi saint: "Veillez et priez"
Veillez: par la prévention, le sacrifice (petit mais constant); par l'humilité qui nous fait voir ce nous sommes vraiment.
Priez: passez du temps en adoration devant le corps du Christ, méditez sa vie, examinez votre conscience, semble nous dire l'Esprit Saint.

Jésus l'avait bien résumé en s'adressant à ses apôtres: "Courage, j'ai vaincu le monde".

Ensuite, en conséquence, quelle joie, quelle paix, quelle sérénité.

N'ayez pas peur, ne craignez aucun mal, même si les circonstances dans lesquelles vous travaillez sont terribles, pires que celles de Daniel dans la fosse avec ces animaux voraces. Les mains de Dieu sont aussi puissantes et, si besoin était, elles feraient des merveilles. Fidèles! Avec une fidélité aimante, consciente, joyeuse, à la doctrine du Christ, persuadés que les années actuelles ne sont pas pires que celles d'autres siècles et que le Seigneur est toujours le même.

J'ai connu un vieux prêtre qui affirmait de lui-même en souriant: je suis toujours tranquille, tranquille. Nous devons nous trouver toujours ainsi, au beau milieu du monde, entourés de lions affames, mais sans perdre la paix: tranquilles. Avec amour, avec foi, avec espérance, sans oublier jamais que, s'il le faut, le Seigneur multipliera les miracles.
(Saint-Josémaria, Amis de Dieu, 105)

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Lectures du dimanche 22 juin 2008
12ème dimanche ordinaire

Première lecture : Jr 20, 10-13 Le prophète persécuté met sa confiance en Dieu

Psaume : Ps 68, 8, 10, 14, 30-31, 33-34 R/ A vous qui cherchez Dieu : vie et bonheur !

Deuxième lecture : Rm 5, 12-15 Pécheurs avec Adam, nous serons sauvés dans le Christ

Evangile : Mt 10, 26-33 L'envoi en mission. L'Apôtre ne doit pas craindre pour sa vie



samedi 16 février 2008

Homélie du 17 février (2e dimanche du Carême A)



écouter en mp3

« N'ayez pas peur » : un hommage à Jean Paul II

Ces derniers temps, Jésus avait essayé de faire comprendre à ses apôtres qu'il devait souffrir et mourir sur une croix. Ceux-ci ne le comprennent pas, et l'oublient sans s'en soucier. Pour eux, c'est une de ces paroles mystérieuses de Jésus qu'on ne saisit pas
mais qu'on arrivera sans doute à saisir un peu plus tard.


Dans l'entrefaite, Jésus les amène au Thabor, et là, une transformation incroyable s'opère en lui, au point que ses disciples en sont terrorisés. Il rayonne de lumière, et les disciples en sont aveuglés. Et Jésus est soudainement accompagné de Moïse, le grand prophète de Yahvé, et d'Éli, prophète d'une grande puissance, qui devait revenir manifester la grandeur du Messie.

À la terreur, succède l'enchantement. Les apôtres sont fiers de leur Jésus, accompagné de si grands personnages de l'histoire du peuple juif qui lui rendent hommage. Quelle chance ils ont que d'être ses amis.

Et cette scène s'estompe aussi vite qu'elle n'est apparue. Les apôtres sont tirés de leur extase par la main amicale de Jésus. Il les enjoint de se relever, et leur donne des paroles d'encouragement : « Relevez-vous, n'ayez pas peur »

Il y a une trentaine d'années, le successeur de Pierre nous enjoignait, lui aussi, de ne pas craindre. Son discours d'introduction au siège de Pierre, en octobre 1978 nous encourageait à ne pas avoir peur, et a ouvrir grandes les portes de notre cœur au Seigneur. Plusieurs d'entre nous se rappelleront la fraicheur de ce discours. Pour un moment, tous les espoirs étaient permis. Ce pape, Jean Paul II, venu d'un pays éloigné, comme il l'avait répété souvent après son élection, nous invitait à croire sans réserve au Christ Jésus. Nous les occidentaux, nous faisions dire par celui qui avait été prélat dans un pays sans liberté politique, « Soyez libres, vivez libres, car le Christ est plus fort que les chaînes des ennemis de Dieu ». Il l'a d'ailleurs prouvé dans sa vie : en s'adressant fermentent aux ennemis de Dieu sur cette terre : d'abord, il nous mettait en garde contre les faux prophètes d'un modernisme à la mode, en nous indiquant où se trouvait le cours de la pensée chrétienne. Ses encycliques sur la foi et la raison en sont un exemple éloquent. Il nous a montré où se trouvaient les ennemis politiques de l'Église, en tenant fermement tête au x régimes marxistes et aux milieux de gauche politique qui s'affichaient en mentant lorsqu'ils se présentaient comme la seule voie de libération. Il a tenu tête à ceux qui n'avaient pas le courage de s'affirmer comme chrétiens, en les poussant à cette nouvelle évangélisation des pays de la vieille Europe, gisant alors sous les épaves d'une importante crise de déchristianisation (que nous vivions alors nous aussi, et qui n'a pas encore fini de nous frapper).

Jean Paul II a repris ce message de Jésus : ne craignez pas, et dans sa fidélité, il nous a montré sa sainteté. Le jour de ses funérailles, les gens scandaient librement, comme un écho à son invitation de ne pas craindre, ce qui semblait comme un défi filial d'amour à l'institution ecclésiale : « Santo subito » (qu'il soit saint, sur-le-champ).

La vie de Jean Paul II est une invitation à considérer comment nous acceptons ce conseil de Jésus : « N'ayez pas peur ».

Sommes-nous conscients que Jésus nous invite à lui faire confiance, dans cette lutte contre un matérialisme athée enragé? Nous rappelons-nous que Jésus est plus fort que toutes les instances religieuses et politiques opposées à Dieu? Nous rappelons-nous que Jésus a été accompagné des grands prophètes juifs, et que quelques jours plus tard, il semblait abandonné sur la croix ? Est-ce que nous nous rendons compte que c'est précisément quand il semble plus faible, que son amour pour nous est plus grand, et qu'il est le plus libre? Avons-nous compris que si nous accomplissons la volonté de Dieu, quelle qu'elle soit, nous sommes forts, et que Jésus est avec nous ?

On a tenté de tuer Jean Paul II. Mais ce n'était pas la volonté de Dieu qu'il meure ce jour-là. Qu'à cela ne tienne, le pape se releva, et reprit le bâton du Pèlerin, et ne diminua pas son exigence pour continuer. Au contraire. Il n'eut pas peur, et poursuivit avec persévérance la mission que Dieu lui confia, nous donnant un exemple de confiance en Dieu, et d'amour pour nous. La croix s'est vite manifestée dans sa vie, mais il n'a pas cru qu'il devait s'arrêter. De cette manière, ne craignant pas, il nous a montré comment aimer en souffrant, et prendre notre croix.

Après un tel exemple de courage et de constance, et encouragés par les paroles de Jésus dans l'évangile, de quoi pouvons-nous encore avoir peur ?

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St Josémaria, Ch de Croix, 2: Les habitants de Jérusalem, et les étrangers venus, pour la Pâque, se pressent dans les rues de la ville pour voir passer Jésus de Nazareth, le Roi des Juifs. Le tumulte des voix est entrecoupé de courts silences: peut-être lorsque le Christ fixe les yeux sur quelqu'un:

— Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il prenne sa croix, chaque jour, et qu'il me suive (Mt 16, 24).

Avec quel amour Jésus embrasse le bois qui va devenir l'instrument de sa mort!

N'est-il pas vrai que, dès que tu cesses d'avoir peur de la Croix, de ce que les gens appellent croix, et que ta volonté s'applique à accepter la Volonté divine, tu es heureux, et que disparaissent tous tes soucis, toutes tes souffrances physiques ou morales?

Douce et aimable est, en vérité, la Croix de Jésus. Avec elle, nulle peine n'a d'importance: seule compte la joie de se savoir corédempteur avec lui.

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Lectures du dimanche 17 février 2008
2ème dimanche de Carême

Première lecture : Gn 12, 1-4 La vocation d'Abraham

Psaume : Ps 32, 4-5, 18-19, 20.22 R/ Seigneur, ton amour soit sur nous, comme notre espoir est en toi !

Deuxième lecture : 2Tm 1, 8-10 Dieu nous appelle à connaître sa gloire

Evangile : Mt 17, 1-9 La Transfiguration




samedi 23 juin 2007

Homélie du 24 juin, Saint-Jean-Baptiste



La liturgie de ce dimanche nous rappelle le Précurseur, Jean-Baptiste, cousin de Jésus. Un homme extraordinaire, hors-norme, du début de sa vie jusqu'à la fin.

Sa naissance est annoncée par un ange, et son père et sa mère sont avancés en âge, une réminiscence de la naissance de Samson et de Samuel, deux hommes investis d'une grande mission auprès du Peuple de l'Ancien Testament. Au moment de sa naissance, la langue de son père devenu muet, se délie quand arrive le temps de lui donner son nom, et donc, de reconnaitre publiquement la mission que Dieu lui a confiée. On sait enfin que Jean mourra martyr, pour avoir tenu tête à Hérode, mais surtout à la maitresse de celui-ci. Sans parler de toute une vie de dénuement, de prière, et à annoncer la venue prochaine du Messie.

Pour Jésus, c'est le plus grand des prophètes, le dernier avant le Messie.

Il y a dans la vie de Jean la saveur de la fin d'une ère. Nous savons aujourd'hui que Jean marque la fin de l'Ancien Testament, et Jésus, le commencement de l'ère chrétienne. Il dut y avoir, pendant toute sa vie une effervescence supérieure à l'excitation des grands évènements du XXe siècle (p. ex. la conquête de l'espace, la fin de la deuxième guerre mondiale, ou la chute du mur de Berlin). Le passage de Jean peut avoir suscité un intérêt qui s'apparente à celui celui des grands saints du dernier siècle est une image (Ste Thérèse de l'Enfant-Jésus, St Josémaria, Jean Paul II)... cela, dans l'atmosphère de l'accomplissement de la plus grande prophétie de tous les temps, le Messie juif annoncé par Dieu.

Ce Jean a tout de l'anti-héros. Spectaculaire uniquement dans sa foi et son radicalisme, exigeant envers tout le monde, mais surtout envers lui-même, humble et pieux. En bref: un témoin de Dieu et une icône pour son temps.

Jean est aussi le patron des québécois. Notre Saint Patron. Celui qui a été à l'origine de la Fête Nationale. Dans le portrait esquissé plus haut, nous pouvons trouver une source d'inspiration, en tant que catholiques québécois pour regarder ce que nous sommes aujourd'hui comme peuple.

Par sa conception et la proximité de Jésus avant sa naissance, Jean Baptiste nous rappelle que la vie est à protéger depuis la conception. Tout dans le récit de l'évangile de la messe nous montre la présence de Jésus et de Jean Baptiste dans le sein de leur mère comme la présence d'êtres qui ont commencé à exister comme personnes. Comment interpréter autrement les paroles de sa mère Élisabeth, au sujet des enfants qu'elle et Marie portent dans leur ventre ? « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles (Jésus) est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ? Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant (Jean Baptiste) a tressailli d'allégresse au-dedans de moi. Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. » (Lc 1)
Comment accueillons-nous les enfants que Dieu nous donne ? Ai-je conscience que l'avortement, payé par l'état, fait toujours des victimes innocentes, et engendre souvent de sérieux problèmes pour les parents et la société ?

La vie de Jean-Baptiste est aussi un exemple pour nous, nord américains sur-consommateurs et trop souvent, jouisseurs. Nous sommes facilement passifs, renfermés dans nos plaisirs personnels (presque toujours bien mérités), pendant que dans des pays pas lointains, les enfants meurent de faim ou de violence, pendant que dans des quartiers pas si éloignés, l'étranger ne jouit pas nécessairement des mêmes privilèges que ceux qui ont vu le jour ici. Nous jetons de la nourriture, nous abusons de la propriété publique. Comme êtres humains, Jean-Baptiste nous montre un chemin d'exigence que nous oublions trop facilement. Comme chrétiens, Jean-Baptiste nous ramène è l'essentiel de notre témoignage: annoncer Jésus-Christ. Le cardinal Turcotte en a fait une priorité pastorale après le Synode diocésain. Est-ce que le bon exemple et l'éducation de la foi (la mienne et et celle de ceux qui m'entourent) est une priorité dans ma vie ? Ai-je à coeur d'apparaitre, aux yeux de mes concitoyens, comme un vrai disciple de Jésus-Christ ?

Jean est mort d'avoir "trop" insisté sur le message qui lui avait été confié. Il savait qu'il pourrait subir de dures conséquences à s'afficher comme prophète devant Hérode. En fait, son incarcération et sa décapitation étaient une gaffe politique. Il s'attirait la rage des puissants. Et néanmoins, il tint tête. Avec les conséquences qu'on sait: sa mort, mais aussi un beau témoignage de fidélité à son Dieu, ouvrant ainsi tout grand le chemin à celui qui le suivait, Jésus le Messie.

Quand il est temps de s'identifier comme catholiques, sommes-nous prêts à assumer les conséquences, même si l'église du Québec n'est plus triomphale?

Demandons à Saint Jean Baptiste d'illuminer notre conduite personnelle et sociale, afin d'annoncer, nous-aussi, par nos actions et par notre vie le Christ qui vient et qui est aussi parmi nous, au Québec.