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vendredi 25 juillet 2008

Homélie du 17e dimanche du temps ordinaire (a)

Détail d'un vitrail de la cathédrale de Kingston

Des lectures de ce dimanche, que penser ? Il semblerait que ce qui compte n’est pas ce qu’on voit, mais l'indéfinissable valeur des choses qui demandent qu’on les mesure avec une sagesse toute spéciale, la sagesse de Dieu, qui donne une intelligence aux événements ordinaires telle qu’on n'en peut trouver uniquement avec la sagesse humaine. C'est cette vraie sagesse que Dieu veut donner à Salomon. Elle est édifiée sur la loi de la charité, une loi nouvelle qui va révolutionner la manière de voir les relations avec Dieu et avec les autres.
C’est d’elle que parle Saint Paul : « Quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer leur bien. » En retour, il « les destine a être une image de son Fils », et comme conséquence, « il les a appelés, il en a fait des justes », « il leur a donné sa gloire », par laquelle ils pourront voir le monde ou ils vivent avec les yeux de Dieu. Cette sagesse nouvelle est celle qui sanctifie les créatures humaines en faisant d'elles des saints.
Le Seigneur nous invite maintenant a regarder la figure traditionnelle du scribe : c’est lui, chez ses contemporains, qui est sensé savoir tout de la loi. Les scribes avaient la réputation de connaître mieux que personne le contenu de la loi et des Écritures. Eux et les pharisiens formaient un tandem que l’on ne pouvait pas éviter, quand se posaient des questions profondes. On peut facilement s’imaginer que c’est avec eux que Jésus s’était retrouvé dans le temple, lorsqu’il était adolescent. Les scribes rapportaient ce qui était dans la loi, ils essayaient de rapporter le contenu des écritures, et de les interpréter dans la ligne de la tradition antérieure. Et ils étaient méfiants de ceux qui voulaient trouver des nouveautés à ce patrimoine de divin. C’est possiblement ce que Jésus veut signifier par « l'ancien ». Ils ne devaient pas sortir de la ligne donnée par la torah.
Mais depuis Jésus, il y a « du neuf » . C’est ce que Saint Paul nous présente comme le choix de Dieu : Ceux qui aiment Dieu, « il les a appelés (…) il en a fait des justes, (…) il leur a donné de participer à sa gloire en les faisant dfevenir des enfants de Dieu."
Celui qui est un connaisseur, comme les scribes, s’enhardira, comme celui qui a trouvé un trésor, à « vendre tout ce qu’il possède », à surpasser les limitations de la loi ancienne pour trouver ce grand trésor qu’est la vie en Dieu. Ou ce même scribe, connaisseur de la loi ancienne comme le connaisseur de perle, la perle rare. Car rien n’est aussi beau que d’aimer Dieu. Il n’y a qu’une possibilité, celle de se donner à lui. C'est ce que Jésus demandait d'abord de ses apôtres (les scribes de la loi nouvelle), puis à tout ses disciples, en tant que participants de la proclamation de la parole, à travers l'apostolat de toute l'Église.
Le scribe qui a connu la loi de Dieu et la tradition des prophètes sait qu’il lui faudra choisir, dans sa vie, entre des aspects de l'ancienne tradition et la loi nouvelle, ou plutôt, harmoniser ses habitudes anciennes aux exigences du messie qui viendra. Et il est déjà là. Malheureux le « scribe » qui n’aura pas le courage de faire le partage entre les bons et les mauvais poissons. Il sera délaissé, parce qu’il n’a pas su tirer de son trésor du neuf et de l’ancien.
Pour nous, le laps de temps qui nous sépare de la venu de Jésus a clarifié la relation de Jésus avec les prophètes et l'histoire de l'Église, comme l'évolution de la compréhension des paroles de Jésus confirme son autorité comme fondateur de l'Église. Croire est d'une certaine façon plus facile. Mais cela exige de nous plus de détachement face aux biens du monde et à la prolifération des opinions philosophiques et doctrinales. Ce qui est continuellement neuf, c'est la fraîcheur et le radicalisme des enseignements de Jésus qui exigent de nous une disposition renouvelée et jeune face aux renoncements que nous rencontrerons. Il n'y a pas à dire, il faut que nous soyons saints.
Ces paroles de Jean Paul II peuvent sans doute nous aider et nous faire réfléchir:

« On a besoin de hérauts de l'évangile experts en humanité, qui connaissent à fond le cœur de l'homme d'aujourd'hui, participent de ses joies et espérances, de ses angoisses et tristesses, et en même temps, soient contemplatifs, amoureux de Dieu. Pour cela, on a besoin de nouveaux saints. Les grands évangélisateurs de l'Europe ont été les saints. Nous devons supplier le Seigneur d'augmenter l'esprit de sainteté dans l'Église et nous envoyer de nouveaux saints pour évangéliser le monde d'aujourd'hui ». (11 octobre 1985).

vendredi 18 juillet 2008

16e dimanche du temps ordinaire


Je vous présente Joseph,.
Il vient d'avoir 18 ans.
À sa naissance, les médecins l'avaient condamné à mort.
Il n'était pas viable, disait-on. Ils avaient commencé à négliger l'essentiel.
Mais papa et maman se sont objectés.
Aujourd'hui, il est plein de vie et de joie.
Aujourd'hui il est venu à la messe pour rendre grâce à Dieu et à St Josémaria Escriva avec ses parents.
Joseph est heureux et reconnaissant.


Le bon grain ce sont les fils du Royaume, l'ivraie, ce sont les fils du mauvais.

Cette parole de Jésus tranche avec un certain langage moderne où il est difficile de discerner entre le bien et le mal.
L'actualité nous présente régulièrement des problèmes mal réglés, bâclés comme des "solutions créatives nouvelles". N'y manquent malheureusement pas des attaques à la vie contre les enfants à naître, ou les aînés ou ceux qui sont atteints de graves maladies. En changeant généralement le vocabulaire traditionnel pour des expressions "dégraissées", "light", on essaie de nous passer un sapin en nous présentant "l'interruption de grossesse" comme un progrès pour le bien de la mère, en oubliant la mort de l'enfant, ou l'euthanasie comme un triomphe de la société en faveur de la qualité de la vie, sans dire un mot du crime porté contre l'ainé ou le malade qui ne demande peut-être qu'à vivre. Les artisans de de ces actions d'une nouvelle morale douteuse sont portés en héros, alors que ceux qui défendent les malades ou les inocents apparaissent comme des "pauvres gens" quand ils ne sont pas tout simplement rétrogrades.
Un tel langage, en plus d'être loin de la vérité, laisse de côté la morale humaine et chrétienne qui la sous-tend. Adieu, serment d'Hyppocrate, adieu les dix commandements. On vient d'inventer le bouton à quatre trous ! On ne s'occupe plus de défendre le droit à la vie, qui est alors relégué aux oubliettes d'un passé "ultra-montain". La nouvelle vérité passe par la liberté de disposer de son corps (sans se soucier de la vie de l'autre), ou le souci de libérer les institutions de santé de personnes qui demandent inutilement trop de soins. L'absolu de la vie est remplacé par des expressions creuses, sans connotation morale, et la vie publique peut continuer sans l'intervention des trouble-fête que représentent les moralistes de religions dépassées et accaparentes.
Pourtant, les paroles du Seigneur sont des plus limpides : les béatitudes, qui constituent la charte des droits du Royaume de Dieu, nous rappellent que les petits, les malades, ceux qui souffrent, sont les vrais fils de Dieu, et que ce qu'on aura fait à l'un de ces petits, c'est à (Lui) qu'on l'aura fait. Quand il s'adresse vivement aux pharisiens, Jésus condamne ouvertement le marchandage qu'ils font de la vérité.
La phrase de l'évangile d'aujourd'hui nous rappelle qu'il y a, et qu'il y aura toujours, un seul endroit pour la vérité, et que ceux qui la professent sont les fils du Royaume.
Dans la parabole, l'action du malin est en pleine nuit, intentionnellement cachée des hommes. Le malin choisit une plante qui ressemble à s'y méprendre au blé (l'ivraie), mais dont les propriétés rendent malade. Ceci nous montre que nous aurons toujours sur notre chemin des fauteurs de mensonges, qui tendent comme le malin de camoufler le mal dans le bien. Ainsi, des grands mensonges sont présentés comme des vérités apparentes, où la santé de la mère ou la qualité de la vie font oublier le sort des personnes injuriées ou tuées.
L'amour héroïque du proche est désormais remplacé par des interventions techniques froides, entreprises par des experts en inhumanité, habitués à en finir efficacement contre une vie devenue intolérable en utilisant des machine insensibles qui font le travail pour vous.
Si par malheur vous avez le courage de dénoncer cette situation, vous êtes une personne insensible, intolérante. On voudrait vous décourager de prendre la part des faibles.
Mais Jésus nous prévient. Il y en a qui travaillent pour leur prochain, qui cherchent à aider les démunis dans l'amour. Ceux-là sont les fils du Royaume. En même temps, il y en a qui répandent des erreurs et qui font le mal en le déguisant en bien. Ceux-là sont les fils du mauvais, le démon. Le Seigneur ne nous donne qu'un choix: la vérité, la bonté. Sinon, nous tombons dans l'hypocrisie ou le mal.
Ne nous surprenons pas quand nous constatons que le mal est présent, et que les fils du Mauvais sont actifs. Il nous prévient qu'il en sera ainsi jusqu'au jugement. Ne croyons pas que nous en viendrons à bout totalement, car la liberté de l'homme n'est pas la liberté de Dieu. Nous glissons souvent dans l'erreur à cause de la tentation et de l'orgueil. Mais c'est cette même liberté qui nous permet de lutter contre le mal, appuyés si nous le désirons, sur les grâces du Royaume de Dieu.
Ainsi, chacun de nous peut témoigner, de façon limitée, mais souvent héroïque, par ses gestes et des paroles, du Royaume de Dieu que le Seigneur nous a présenté dans son discours sur la montagne. Ceux qui le recoivent sont qualifiés de "bienheureux", de saints.
Le Christ nous invite à lutter et à présenter dans notre vie une image de sa personne. Dans la vie des autres, que nous fréquentons, nous trouverons aussi le Seigneur qui nous attend : les enfants, les malades, les personnes disqualifiées par la justice nous demandent d'être pour eux le Christ qui passe. Jésus nous presse de ne pas nous attarder à une sociologie ou une théologie qui ne tient pas de Dieu, et qui serait construite sur des principes humains douteux qui rejetteraient les dix commandements et les béatitudes.
Nous sommes prévenus: le combat sera long. Mais nous savons aussi qu'à la fin des temps, tout sera corrigé par Dieu.
"De même qu'on enlève l'ivraie pour la jeter au feu, ainsi sera-t-il à la fin du monde. Le Fils de l'homme enverra ses anges et ils enlèveront de son Royaume tous ceux qui font tomber les autres et ceux qui commettent le mal. Et il les jetteront dans la fournaise... Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père.
Celui qui a des oreilles, qu'il entende!"

"L'ambiance a tellement d'influence!" m'as-tu dit. — Il m'a fallu te répondre: sans doute. C'est pourquoi votre formation doit être telle que vous dégagiez tout naturellement votre propre "ambiance", afin de donner "votre ton" à la société dans laquelle vous vivez.

— Alors, si tu as acquis cet esprit, je suis certain que tu me diras, stupéfait comme les premiers disciples devant les premiers miracles qu'ils opéraient au nom du Christ: "Nous avons tellement d'influence sur l'ambiance!"
(Chemin, 376, St Josémaria Escriva)

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Lectures du dimanche 20 juillet 2008
16ème dimanche ordinaire

Première lecture : Sg 12, 13.16-19 La patience du Tout-Puissant

Psaume : Ps 85, 5-6, 9ab.10, 15-16ab R/ Toi qui est bon et qui pardonnes, écoute-moi mon Dieu !

Deuxième lecture : Rm 8, 26-27 C'est l'Esprit Saint qui nous fait prier

Evangile : Mt 13, 24-43 Les paraboles du Royaume. L'ivraie - La graine de moutarde et le levain (brève : 24-30)






vendredi 4 juillet 2008

14e dimanche du temps ordinaire (a)


VENEZ À MOI

Ces mots de l'Évangile de Saint Mathieu sont une des plus belles phrases de l'Évangile, et elles s'intègrent bien à la liturgie de la fête du Sacré-Coeur que nous avons célébrée dernièrement. Ce passage revient dans la suite des pasages choisis pour les dimanches du temps ordinaire.

Qui n'apprécie pas de recevoir une franche invitation ? Qui n'aime savoir que quelqu'un nous attend ? Dans une conversation à bâtons rompus avec Mgr. Alvaro del Portillo, successeur de Saint Josémaria à la tête de la prélature de l'Opus Dei, j'avais été saisi par un proverbe kukuyu qu'il nous citait pour nous encourager à persévérer dans le chemin de l'amour de Dieu. Il disait, dans une traduction libre: "Celui qui monte la montagne en sachant qu'en haut, un ami l'attend, monte plus facilement".

Ici, nous sommes invités à suivre Jésus. "Venez à moi", "Je vous donnerai le repos". Une belle invitation, quand on sait que gravir les hauteurs de la vie intérieure demande pas mal d'effort.

Celui qui invite n'est pas n'importe qui. Lui et le Père s'aiment. Ils sont donc bien placés. Lui et le Père comprennent parfaitement sa mission. En fait ils travaillent ensemble, dans l'harmonie. En plus, il n'y a que lui qui connaisse bien le Père. Ce qui nous dit qu'il est Dieu, fils de Dieu. Voilà une étonnante révélation qui nous procure une grande paix. Si c'est lui qui invite, et qu'il est de condition divine, quel ne sera le banquet auquel il nous invite!

Mais Jésus invite d'abord à l'écouter. En ce sens, celui qui invite est aussi Maitre, rabbi. Et c'est là le pourquoi de l'emploi du mot "joug". En effet, dans les temps de Jésus, les maitres invitaient à suivre leurs enseignements en prenant leur joug, ce qui signifiait qu'ils demandaient de s'ouvrir à leurs instructions en laissant de côté ce qu'ils savaient. Les commandements de la loi devenaient un joug; les responsabilités devenaient un joug. On comprend que les enseignements des pharisiens constituaient un lourd fardeau.

Or Jésus nous invite à prendre son joug, à nous laisser conduire par les inspirations de l'Esprit Saint et les instructions de l'Église. C'est exigeant, et libérateur.

Jésus nous promet ainsi de nous libérer. Et les deux mille ans d'histoire de l'Église nous prouvent qu'encore aujourd'hui, Il libère. Par le Baptême et la Pénitence, par les commandements et la Parole de Jésus, qu'on trouve dans les Écritures, et par une vie nouvelle remplie d'espérance et d'amour de Dieu.

Venez à moi est aussi un appel à faire connaître Jésus par notre conduite, et nos paroles, par nos gestes, qui diront à notre prochain: Venez à moi, allez à Lui

Q

u'importe de trébucher si nous trouvons dans la douleur de la chute l'énergie qui nous aide à nous relever et nous pousse à continuer avec un courage renouvelé. N'oubliez pas que le saint n'est pas celui qui ne tombe jamais mais celui qui se relève toujours, humblement et avec une sainte opiniâtreté. S'il est écrit au livre des Proverbes que le juste tombe sept fois par jour, toi et moi, pauvres créatures, nous ne devons pas nous étonner ni nous décourager devant nos misères personnelles, devant nos faux pas. Nous continuerons toujours plus avant si nous cherchons la force d'âme auprès de Celui qui nous a promis :
Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et ployez sous le fardeau, et je vous soulagerai. Merci, Seigneur, quia tu es, Deus, fortitudo mea, car Tu as toujours été, Toi, et Toi seul, mon Dieu, ma force, mon refuge, mon appui. (Saint Josémaria, Amis de Dieu, n. 131)

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Lectures du dimanche 06 juillet 2008
14ème dimanche ordinaire

Première lecture : Za 9, 9-10 Le Messie qui vient est un roi humble

Psaume : Ps 144, 1-2, 8-9, 10-11, 13cd-14 R/ Béni sois-tu à jamais, Seigneur, Dieu de l'univers !

Deuxième lecture : Rm 8, 9.11-13 L'Esprit du Christ est en nous, et il nous ressuscitera

Evangile : Mt 11, 25-30 « Je suis doux et humble de coeur »


samedi 21 juin 2008

12e dimanche du Temps ordinaire


Ne craignez pas les hommes autour de vous.

Ainsi commence l'évangile de ce dimanche. "Ne craignez pas", nous dit Jésus. Car nous serons tentés d'avoir peur. Le monde de Dieu et le monde des humains ne coincident pas toujours quoiqu'en disent quelques-uns. Nous avons une Bonne Nouvelle à faire connaître, mais celle-ci n'est pas toujours agréée par nos proches. Il se trouve des faux-prophètes pour nous proposer que le monde où nous vivons est déjà saint, car Dieu n'exclut personne, et aime le pécheur dans son péché. Alors, selon ceux-ci, Dieu laisse tout passer et l'enfer n'existe plus. Dieu accepte toutes les conceptions du monde, s'il y a, d'après eux, un désir humain d'être bon, quelles que soient les actions qu'il pose: voilà en quelques mots ce qu'on pourrait appeler le dogme du relativisme. Mais Dieu ne souffre pas, selon eux, le moralisme rigide qui rappelle que nous sommes des pécheurs. Dans ce monde en carton-pâte, tout est comme au cinéma. Le christianisme rigide (c'est-à-dire, celui qui maintient les commandements de Dieu et de l'église, la pratique dominicale, l'existence du péché) devient la cible des ces hommes tolérants, qui ne comprennent évidemment pas qu'on puisse adorer l'euchariste en procession dans un congrès eucharistique en 2008.
Ceux qui professent le Catéchisme de l'Église Catholique et ses enseignements, qui croient à la sainteté, et qui proposent un style de vie différent de celui de "l'ouverture acritique à la post-modernité" sont l'ennemi public à qui on doit apprendre à se taire.
Il n'est pas rare que les chrétiens attachés à une Église hiérarchique et sacerdotale soient ceux qu'on pointe du doigt. Les vieilles gloires de "l'après-concile", les champions d'un renouveau à outrance et d'une liberté sexuelle illimitée s'en prendront facilement à celui qui prend la foi du Christ sans restrictions mentales, en disant Credo-Je crois. Le monde tolérant séculier semble se régaler passionéement de l'intolérance envers les catholiques fervents.
Mais ce n'est pas nouveau. Déjà, Jésus a eu maille à partir avec les forces bien pensantes de son temps. Il sait ce qui l'attend (la croix!), et ce qui attend ceux qui marcheront par le même chemin. Voilà pourquoi Jésus nous encourage à ne pas craindre les embûches laissées par les gens qui nous entourent, et qui ne comprennent toujours pas combien l'amour de Dieu illumine la vie du croyant.
Jésus nous avertit que quelques fois, les menaces seront sérieuses. On peut vouloir "tuer le corps". Mais il n'y a que soi-même qui puisse tuer son âme, sous l'influence du tentateur. Celui-là, il faut le craindre.
Puis Jésus nous rappelle qu'il a soin de toutes ses créatures, mêmes les oiseaux du Ciel...
"Soyez donc sans crainte: vous valez bien plus que tous les moineaux du monde".
Dieu nous attend. Il veut marcher près de nous, nous protéger. Mais il nous faut vouloir être fidèles à sa parole. Sinon, nous serons en proie à la tentation, qui peut "tuer l'âme" et "et faire périr dans la géhenne".
Ne craignons pas. Mais pour ce faire, soyons prêts. Comment, Jésus? Tu nous l'as dit quand toi-même tu allais éprouver ta plus grande tentation le soir du jeudi saint: "Veillez et priez"
Veillez: par la prévention, le sacrifice (petit mais constant); par l'humilité qui nous fait voir ce nous sommes vraiment.
Priez: passez du temps en adoration devant le corps du Christ, méditez sa vie, examinez votre conscience, semble nous dire l'Esprit Saint.

Jésus l'avait bien résumé en s'adressant à ses apôtres: "Courage, j'ai vaincu le monde".

Ensuite, en conséquence, quelle joie, quelle paix, quelle sérénité.

N'ayez pas peur, ne craignez aucun mal, même si les circonstances dans lesquelles vous travaillez sont terribles, pires que celles de Daniel dans la fosse avec ces animaux voraces. Les mains de Dieu sont aussi puissantes et, si besoin était, elles feraient des merveilles. Fidèles! Avec une fidélité aimante, consciente, joyeuse, à la doctrine du Christ, persuadés que les années actuelles ne sont pas pires que celles d'autres siècles et que le Seigneur est toujours le même.

J'ai connu un vieux prêtre qui affirmait de lui-même en souriant: je suis toujours tranquille, tranquille. Nous devons nous trouver toujours ainsi, au beau milieu du monde, entourés de lions affames, mais sans perdre la paix: tranquilles. Avec amour, avec foi, avec espérance, sans oublier jamais que, s'il le faut, le Seigneur multipliera les miracles.
(Saint-Josémaria, Amis de Dieu, 105)

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Lectures du dimanche 22 juin 2008
12ème dimanche ordinaire

Première lecture : Jr 20, 10-13 Le prophète persécuté met sa confiance en Dieu

Psaume : Ps 68, 8, 10, 14, 30-31, 33-34 R/ A vous qui cherchez Dieu : vie et bonheur !

Deuxième lecture : Rm 5, 12-15 Pécheurs avec Adam, nous serons sauvés dans le Christ

Evangile : Mt 10, 26-33 L'envoi en mission. L'Apôtre ne doit pas craindre pour sa vie



vendredi 30 mai 2008

HOMÉLIE DU 9e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE.

Les confirmations de Saint-Ambroise (Mgr Parent, chancellier de Montréal)

IL FAUT FAIRE LA VOLONTÉ DE MON PÈRE QUI EST AUX CIEUX.

Avec le retour du temps ordinaire dans la liturgie dominicale, par hasard, tous les textes qui nous sont offerts aujourd'hui nous rappellent que nous sommes pécheurs et que Dieu nous attend pour nous pardonner. C'est qu'on ne va nulle part dans la vie chrétienne si on n'a pas conscience de tout avoir recu de Dieu.

Déja, l'antienne d'ouverture nous introduit dans cette réalité: "Regarde-nous, Seigneur... Enlève tous (mes) péchés". Où irions-nous sans lui, qui possède les paroles de la vie éternelle?

Dans le temps de Pâques, tout comme dans les grandes célébrations du temps ordinaire, nous sommes éblouis par la bonté du Dieu un et trine, qui se donne à nous dans l'eucharistie (son corps et son sang), ou de Dieu qui se niche en nous par l'inhabitation du Saint-Esprit. Ou encore, l'amour gratuit de Dieu nous est rendu manifeste par le Sacré-Cœur de Jésus ou dans l'admiration de son corps ressuscité. Devant de telles merveilles et une bonté si puissante, on pourrait se retrouver si petits qu'il ne reste plus qu'à laisser Dieu agir, trop incapables de faire quoi que ce soit.

Or, s'il est vrai que nous sommes pécheurs, nous ne devons jamais oublier que dans sa toute-puissance, Dieu respecte notre liberté, et "qu'il ne nous sauvera pas sans nous" (Saint Augustin). Avant d'attendre que Dieu nous ouvre les portes du Paradis, nous voulons "nous y approcher et frapper". Et nous savons, comme le dit le texte de l'évangile d'aujourd'hui: "il ne suffit pas de dire 'Seigneur! Seigneur' pour entrer dans le Royaume des Cieux, mais ... faire la volonté de mon Père qui est cieux".

Qu'est-ce que l'accomplissement de la volonté de Dieu? Dans un premier temps, c'est sûrement l'accomplissement des commandements. Le Deutéronome rappelle aux enfants d’Israël « Les commandements que je vous donne, mettez-lez dans votre cœur », pour les contempler, le connaître à partir de votre cœur, les accomplir. Si nous les accomplissons, nous serons « bénis ». C’est-à-dire, que nous recevrons les grâces de Dieu qui nous amèneront à la conversion continue.

L'observance des commandements est certes une grâce de Dieu. Mais celle-ci nous amène à plus. La vraie conversion. La conversion continue est celle qui nous amène non seulement à connaître la loi et à « faire de notre mieux »; elle nous amène à nous dépasser en imitant Jésus dans on amour. De cette manière, les commandements de la loi de Moise continuent de nous inviter à être bons et à vivre la loi naturelle, mais l’exemple du Christ nous invite au dépassement dans un don continuel de soi. La justice dont parle Saint Paul dans la deuxième lecture est la sainteté que nous recherchons aujourd’hui dans l'exercice de la charité.

C’est dans le même sens que Jésus nous avertit : « Tout homme qui écoute ce que je vous dis là et le met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a bâti sa maison sur le roc ». Dieu ne nous parle pas pour rien. Il affermit notre démarche de rapprochement vers lui, et nous encourage à aimer mieux. Merci Seigneur pour nous faire office de tapis. Loin de nous l’idée de te piétiner. Mais tu as voulu te mettre sous nous pour nous empêcher de couler ou de nous effondrer. Reste avec nous, que nous puissions trouver le fondement de notre vraie liberté de fils de Dieu.

Tout en frappant fermement notre conscience, afin qu'elle devienne plus sensible à la grâce divine, saint Jean insiste sur le fait que nous avons reçu une preuve magnifique de l'amour du Père envers les hommes. En ceci s'est affirmé l'amour de Dieu pour nous. Dieu nous a envoyé son Fils Unique afin que nous vivions par Lui. Le Seigneur a pris l'initiative, en sortant à notre rencontre. Il nous a donné cet exemple pour que nous partions avec Lui servir les autres, pour que, comme j'aime à le répéter, nous posions avec générosité notre coeur par terre, comme un tapis moelleux que les autres fouleront et qui leur rendra la vie plus aimable. Nous devons nous conduire ainsi parce que nous sommes devenus fils d'un même Père, ce Père qui n'hésita pas à nous livrer son Fils Bien-Aimé. (St Josémaria Escriva, Amis de Dieu, 228)