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samedi 29 décembre 2007

Homélie de la Sainte Famille 2007

Joseph se leva; dans la nuit, il prit la mère et l'enfant.

Le premier Noël avait été si beau... "L'Enfant, des enfants le plus beau!". Ce gloria, entonné par des anges sans nombre. L'amitié de ces bergers si simples, et si reconnaissants. Et une complicité surnaturelle et humaine comme on n'en voit que dans ces jeunes couples croyants.

Le comble avait été la visite des mages, qui venaient de prendre le chemin du retour vers leur pays d'origine. Marie et Joseph ne tarissaient pas de joie et de reconnaissance pour tout ce qu'ils avaient vu, et pour toutes les grâces reçues de Dieu.

Joseph ne s'était pas tout-à-fait assoupi, après ce jour heureux, que son sommeil est illuminé d'un songe, semblable à celui qui l'avait consolé l'année précédente, alors qu'il hésitait à rester avec Marie, l'Élue de Dieu. Cette fois-ci, l'ange est porteur d'une mauvaise nouvelle: Hérode a su que Jésus venait de naitre, et il "va rechercher l'enfant pour le faire périr".

Sans tarder, Joseph interrompt son repos, et celui de son épouse, ils ramassent en hâte ce dont ils auront besoin pour un voyage en Égypte qui leur prendra environ huit jours de marche rapide. L'Égypte échappe à la juridiction d'Hérode, on y trouve des colonies de juifs, et c'est un lieu sécuritaire. Surtout, c'est là que l'ange l'envoie. Joseph ne demande pas d'explication: l'ange de Dieu a parlé. Cet "homme juste" s'en va sans perdre une seconde. Marie le suit, attristée de la tournure des évènements, mais confiante en la Providence de Dieu. Elle sait que l'Égypte fut jadis une terre d'accueil pour Israël, et elle sait que le Seigneur les renverra en Israël au moment opportun pour que son Fils puisse accomplir sa mission.

Le voyage d'exil fut sans doute éprouvant, mais Marie et Joseph considéraient tout ce qui venait de se passer dans leur cœur. Difficile, oui, mais plein d'espérance et de gratitude. Leur foi allait bien au delà de tous ces doutes que nous mêmes aurions ressentis en pareille situation. Marie et Joseph, pieux descendants de David n'avaient jamais pensé à une royauté humaine, ils ne recherchaient pas la facilité, mais ils étaient conscients des embuches que Hérode pouvait préparer à l'enfant, et Joseph, l'homme juste et vertueux, et Marie, la servante du Seigneur, s'appliquèrent de tout leur cœur à accomplir au meilleur de leurs talents, la volonté de Dieu.

On ne leur signale pas de date de retour. Mais leur espérance est grande, et ils entreprennent une nouvelle vie en Égypte. De quoi auront-ils donc besoin, eux qui sont intimement liés au Verbe fait chair? Ils font confiance en Dieu, spécialement Père dans ces circonstances, et ils acceptent avec espérance, confiance en leurs ressources et s'apprêtent à partager leur nouvelle vie de famille dans l'intimité.

Il semble que leur séjour en Égypte n'aura duré que quelques mois, si l'on se fie aux dates de naissance de Jésus et à la date de la mort d'Hérode. Mais pendant ces quelques mois, Marie, Jésus, Joseph grandirent en intimité. Ils apprirent à prier ensemble, à s'aimer et à se faire confiance. Ils purent se concentrer sur la croissance intérieure, puisque leur vie sociale avait forcément diminué. Ils grandissaient par en-dedans, comme toute les familles chrétiennes qui sentent en elles une dépendance mutuelle d'amour, de confiance et vie spirituelle.

Ces jours d'exil furent un temps d'approfondissement et de croissance spirituelle. Ce qui avait commencé par une épreuve se montrait, à chaque jour qui passait comme un temps de grâce et de bonheur intime. La nouvelle famille, la "sainte" famille allait se souder définitivement dans les grâces de ce mariage spécialement chrétien.

La fête d'aujourd'hui nous rappelle comment la famille est un grand bien, et comment, quand elle est soudée dans le partage mutuel et la confiance en Dieu, elle prépare le climat surnaturel dans lequel Dieu peut affermir la vocation des parents, et faire germer celle des enfants.

T elle fut la foi de saint Joseph: totale, confiante, entière; elle se manifeste par une obéissance intelligente et une soumission active à la volonté de Dieu. Et, avec la foi, la charité, l'amour. Sa foi se confond avec l'amour: avec l'amour de Dieu, qui était en train d'accomplir les promesses faites à Abraham, à Jacob et à Moïse; avec son affection d'époux envers Marie, avec son affection de père envers Jésus. Foi et amour, dans l'espérance de la grande mission que Dieu, en se servant aussi de lui, charpentier de Galilée, entreprenait dans le monde: la Rédemption des hommes. (Saint Josémaria, Quand le Christ passe, 42)
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Lectures du dimanche 30 décembre 2007
Fête de la Sainte Famille

Première lecture : Si 3, 2-6.12-14 Les vertus familiales

Psaume : Ps 127, 1-2, 3, 4.5bc R/ Heureux les habitants de ta maison, Seigneur

Deuxième lecture : Col 3, 12-21 Vivre ensemble dans le Christ

Evangile : Mt 2, 13-15, 19-23 La Sainte Famille en Égypte et à Nazareth


vendredi 5 octobre 2007

Homélie du 7 octobre 2007, 27e dimanche du temps ordinaire (c)

Les juifs de la déportation sentaient beaucoup l'éloignement de leur ville sainte, Jérusalem, et croyaient que Dieu les avait abandonné, ce qui bien sûr, n'était pas le cas. Habacuc avait prévu cela, avant leur "grand dérangement", mais il avait aussi prédit que Dieu resterait avec eux, et les ramènerait chez eux. Cependant, sa Parole demeurera quelque peu obscurcie face à la foi défaillante des juifs, et la première lecture nous rappelle que Dieu sera toujours là pour l'homme fidèle: "Celui qui est insolent n'a pas l'âme droite, mais le juste vivra par sa fidélité". Il promet ainsi que malgré les apparences, il n'abandonnera pas les justes, et que son plan de rédemption se réalisera.

Dans la société post-chrétienne qui se targue de lumières et qui se vante des succès technologiques, on peut peut-être trouver que Dieu est loin ou qu'il se manifeste peu. Plusieurs défaillent dans leur foi et oublient que depuis deux mille ans, la foi donne un regard critique toujours neuf devant une réalité où l'homme sans Dieu peine terriblement. La délivrance de Dieu "viendra certainement, à son heure".

Ce qui s'est passé sur le Golgotha un certain vendredi a des effets encore aujourd'hui, quand le juste vit de foi, de fidélité. La croix de Jésus nous a sauvé, pourvu que nous en voulions les effets. Vouloir, à condition de "réveiller... le don de Dieu" en chacun de nous, grâce au don de la foi reçue au baptême et exercée quotidiennement dans la fidélité. Saint Paul la présente comme "esprit de force, d'amour et de raison" qui nous amène à "rendre témoignage à notre Seigneur" en réglant notre vie "dans la foi et dans l'amour que nous avons en Jésus Christ". Contrairement aux prophètes de ces temps qui voudraient que notre vie soit réglé sur une espèce de sentimentalité aveugle livrée au premier gourou qui passe, Saint Paul nous indique l'étoile polaire du chrétien: Jésus-Christ, qui, lui, s'est manifesté de manière explicite lors de son passage historique parmi nous. Ses miracles, mais surtout la profondeur de sa doctrine annoncée par un homme parfait en tout à cause de la divinité qui l'habite, nous invite à prendre avec décision le chemin de la fidélité. C'est une logique divine qui nous est offerte, et qui change radicalement la trajectoire humaine de chacun de nous en la dirigeant vers un Dieu personnel et aimant.

Devant leurs limitations, les apôtres ont senti, comme souvent nous la ressentons, la faiblesse humaine pour réagir à cette logique surnaturelle de Jésus. La foi nous manque comme à eux, et nous voulons nous exclamer, comme eux: "Augmente en nous la foi!" Comme ils sont humains, ces apôtres, qui sentent les ressources leur manquer pour accomplir les plans de Dieu. Nous aussi clamons ainsi quand nous sentons la foi nous manquer. À cela Jésus rétorque: " Si en aviez gros comme une graine de moutarde, vous déplaceriez un grand arbre dans la mer" Une image parlante, faite de contrastes et que nous ressentons vivement. Nous sommes si petits pour accomplir les œuvres de Dieu, et cependant, un petit grain de moutarde de la grosseur de la tête d'une épingle suffirait à nous faire faire de grandes choses. Jésus nous rappelle ainsi qu'en nous, il n'y a pas de foi. Qu'il faut la puiser en Dieu. En somme, nous devons souvent notre piètre performance en matière religieuse au fait que nous voulons nous-mêmes travailler sans laisser Dieu agir. Qu'en est-il alors de notre fidélité à Dieu, de notre foi qu'il fera de grandes choses ? Jésus nous garantit des merveilles, si nous avons vraiment un petit peu de foi. C'est bien ce que les saints nous ont toujours montré.

Mais Jésus nous prévient contre un péril qui étoufferait très tôt les effets de la fidélité de son disciple: l'orgueil du succès ou la vanité. "Quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous: 'Nous sommes des serviteurs quelconques: nous n'avons fait que notre devoir' ". Si, en effet, après avoir été dociles aux grâces de Dieu, il advenait que nous en éprouvions quelque vanité, que vaudrait le travail que nous avons accompli? Ce serait la fin de la fidélité, ou un signe sûr qu'elle n'était pas à l'origine de notre conduite.

Seigneur, apprends-nous à ne rechercher que l'accomplissement de ta volonté, avec un désir ardent de tout commencer et de tout terminer en toi.

La Vierge du Saint-Rosaire, dont nous célébrons les mystères aujourd'hui, est un exemple parfait de cette disposition qui nous échappe si facilement dans notre condition pècheresse.

Si nous voulons profiter des grâces que notre Mère attire sur nous aujourd'hui, et suivre à tout moment les inspirations de l'Esprit Saint, pasteur de nos âmes, nous devons nous attacher sérieusement à développer notre vie d'intimité avec Dieu. Nous ne pouvons pas nous dissimuler sous l'anonymat; si la vie intérieure n'est pas une rencontre personnelle avec Dieu, elle n'existe pas. La superficialité n'est pas chrétienne. Admettre la routine, dans la lutte ascétique, équivaut à signer l'acte de décès de l'âme contemplative. Dieu nous recherche un par un et nous devons Lui répondre, un par un: me voici, Seigneur, puisque tu m'as appelé.
(...)
Nous sommes des chrétiens ordinaires, nous exerçons les professions les plus variées; nos activités empruntent des voies ordinaires; tout se déroule selon un rythme prévisible. Nos journées semblent toutes pareilles, presque monotones... C'est vrai, mais cette vie, qui paraît si commune, a une valeur divine; elle intéresse Dieu, car le Christ veut s'incarner dans nos occupations, et animer jusqu'aux plus humbles de nos actions.

C'est là une réalité surnaturelle, nette et sans équivoque; ce n'est pas une simple considération destinée à consoler, à réconforter ceux qui n'arriveront pas à inscrire leurs noms dans le livre d'or de l'histoire. Le Christ s'intéresse à ce travail que nous devons réaliser — mille et mille fois — au bureau, à l'usine, à l'atelier, à l'école, aux champs, lorsque nous exerçons un métier manuel ou intellectuel. Le Christ s'intéresse aussi à ce sacrifice caché qui consiste à ne pas déverser sur les autres le fiel de notre mauvaise humeur.
(St. Josémaria Escriva, Quand le Chrsit passe, 174)

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Lectures du dimanche 07 octobre 2007

27ème dimanche ordinaire

Première lecture : Ha 1, 2-3; 2, 2-4 « Le juste vivra par sa fidélité »

Psaume : Ps 94, 1-2, 6-7ab, 7d-8a.9 R/ Aujourd'hui, ne fermons pas notre coeur, mais écoutons...

Deuxième lecture : 2Tm 1, 6-8.13-14 Le chef de communauté doit rester fidèle dans le service de l'Évangile

Evangile : Lc 17, 5-10 La puissance de la foi - L'humilité dans le service