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mercredi 21 novembre 2007

Un beau cadeau du Cardinal Ouellet pour la fête de la présentation


J'ouvre le journal ce matin, et la première page explose de la présence (en rouge, svp !) du cardinal Ouellet. Il insiste pour que la religion doive s'enseigner à l'école, dans le respect pour toutes les personnes qui le demandent. Notre état providence prend trop de place, et s'éreinte à donner une conscience éthique sans Dieu. Voici, à cet effet, des mots qui ont été retranchés de sa lettre, dans le quotidien LA PRESSE, comme s'il s'agissait d'un commentaire sans intérêt:

Le Québec possède un niveau de vie enviable, une culture de la liberté et de la tolérance, une belle ouverture à l'immigration et du talent à revendre sur le plan artistique et culturel. Mais un constat demeure: sa quête de spiritualité languit. Peut-être a-t-elle été freinée par une autorité excessive de l'Église? Ou peut-être n'a-t-elle pas reçu l'enseignement nécessaire à ses besoins? Le vide spirituel dont j'ai parlé, c'est le fruit de l'esprit du monde qui, en voulant éliminer Dieu, nous propose, de mille façons, d'être nous-mêmes le dieu de notre vie.
La frilosité devant la procréation, devant la vie, compromet l’avenir du Québec, et sa jeunesse cherche des modèles qui semblent lui manquer cruellement. Il nous faut un dialogue sérieux sur les valeurs et sur notre témoignage de chrétiens pour redonner espérance et foi à l’âme québécoise.

Il est central à l'argumentation du cardinal que "peut-être n'a t-il pas reçu l'enseignement nécessaire à ses besoins". Le cardinal invoque bien sûr les torts des catholiques intransigeants des années antérieures à 1960. Mais il invoque aussi l'intransigeance des laïcistes de notre temps. Et cela, on se refuse de le reconnaitre, si j'en juge les réactions de Patrick Lagacé dans la Presse. Oui, nous dira-t-on, il est temps que l'Église reconnaisse ses torts (remarquez qu'elle ne les a jamais cachés). Mais se pourrait-il que certains individus s'en prennent abondamment au Cardinal (à Benoit XVI, à l'Église romaine) sans reconnaitre en rien leurs propres torts. Il fut un temps, où on nous dorait la pillule: "On pourra toujours enseigner la religion dans les écoles". On nous a unilatéralement enlevé cette possibilité, avec la bénédiction de certains écclésiastiques, il est vrai, bien qu'au-delà de 80 pourcent des gens interrogés s'y opposaient. En fait d'intolérance, il est difficile de faire plus.

On titre avec une ironie triomphante: "Le cardinal Ouellet s'excuse pour l'Église", Mais on est loin de faire son mea culpa quand il s'agit des laicistes. On croirait entendre "Hors des laics, point de salut public".

Comme quoi il y aura toujours des Caïphes pour déchirer leurs vêtements en invoquant les péchés d'autrui. Mais la fin de l'histoire nous enseigne que Caïphe a tout fait pour condamner celui qui était sans péché. L'histoire n'est pas nouvelle.


lundi 27 août 2007

L'Armée de Marie: ce que disent les intéressés...


Au cas où certains douteraient encore de l'orientation récente de l'Armée de Marie, voyez en annexe un document émanant de chez eux. Comme quoi quand on perd le sens de l'Église, toutes les proportions de la seule foi en Jésus-Christ, toute l'harmonie et la sérénité disparaissent:


Après une vision, la fondatrice du mouvement décide de passer outre à l'autorité de l'Église, et établit un prêtre dans une position d'autorité semblable au Pape ("Tu es Pierre" aurait dit une voix à son sujet), et désormais, elle est excusée d'obéir à l'autorité de l'Église où elle se trouve. Les voix ne sont certainement pas de Dieu (ou de Marie) si elles s'opposent directement à la volonté fondatrice du Christ sur l'Église. Il y a une différence entre l'action directe de Jésus (Toi, tu es Pierre) et une voix, n'ayant aucun caractère public pour l'Église romaine qui est tout sauf privée. L'histoire de l'Église est riche de ce type de constatations, et comme le disait Jésus, il est relativement simple de reconnaitre l'arbre à ses fruits.

Un simple prêtre ordonne des diacres... Où est l'unité avec l'évêque du lieu? C'est une solide entorse à la théologie et au droit de l'Église, sans parler d'un acte dépourvu d'effet.

Dans des questions de cet ordre, le discernement revient à l'évêque du lieu. Dans les commentaires du document, aucune référence n'est faite aux tentatives d'accord du Cardinal Ouellet, et qui ont mené, en mars dernier à une rupture en bonne et due forme avec l'Église romaine (le mot schisme est dit par le Cardinal: on peut revoir ce document en appuyant ici).

Il est vraiment triste que de nombreuses bonnes personnes soient éloignés de l'Église par de telles histoires. Prions pour l'unité de l'Église. Oremus pro Ecclesia Dei.

Pour consulter le document de l'armée de Marie, cliquer ici

jeudi 28 juin 2007

L'Armée de Marie: pour ceux qui se demandent


On entend parfois parler de l'Armée de Marie, mais dans notre contexte montréalais, on n'est peut-être pas conscients des dernières déclarations du Cardinal Ouellet.

Voici le texte d'une déclaration on ne peut plus claire sur leur communion avec l'Église. Je mets le texte en entier, puisqu'il parle de lui-même.

Québec, 26 mars 2007 Aux prêtres, diacres, agents et agentes de pastorale Aux personnes consacrées À tous les fidèles de l’Archidiocèse de Québec

Que l’Esprit du Seigneur vienne en aide à notre communauté diocésaine meurtrie
par les événements troublants qui ont comme protagoniste le mouvement de l’Armée de Marie1. L’évolution regrettable de cette organisation m’oblige, après consultation des autorités compétentes, de faire une déclaration importante concernant son statut et ses activités. À la suite des dernières publications du journal « Le Royaume »2 et des gestes formels de désobéissance et d’usurpation de pouvoir dans l’administration des sacrements, je me vois contraint de déclarer que les responsables de l’Armée de Marie se sont exclus de la communion de l’Église catholique. Malgré les efforts soutenus du Commissaire pontifical Mgr Terrence Prendergast depuis 4 ans, malgré les avertissements multiples et les tentatives de rapprochement des autorités épiscopales de Québec et du Canada, l’Armée de Marie a radicalisé sa position en procédant sans permission et sans pouvoir d’ordre à des ordinations diaconales à son Centre Spiri-Maria de Lac-Etchemin. Ce dernier geste est d’une extrême gravité car il rompt ouvertement la communion avec l’Église catholique. Il entraîne des peines canoniques sévères pour les auteurs d’un tel acte qui appartient de soi à l’autorité épiscopale et qui ne peut d’aucune manière et en aucune circonstance être administré par un prêtre. Ces ordinations sont donc invalides ; elles constituent une blessure grave infligée à l’Église. En conséquence, je confirme et renforce ce qui a été exprimé antérieurement par l’épiscopat canadien3 et je déclare ce qui suit : l’Armée de Marie est devenue clairement et publiquement un mouvement schismatique et donc une association non-catholique. Ses doctrines particulières sont fausses et ses activités ne peuvent être fréquentées ni soutenues par des catholiques. Ses prêtres et ses diacres ne peuvent plus exercer aucun ministère sur le territoire de l’Archidiocèse de Québec et les sacrements de confirmation, de pénitence et de mariage administrés par eux sont invalides du fait qu’ils n’ont aucune juridiction. Compte tenu de cette situation de rupture avec l’autorité légitime de l’Église catholique, les responsables de lieux de culte dans le Diocèse de Québec ne peuvent pas admettre les prêtres et les diacres de l’Armée de Marie à présider ou à concélébrer quelque célébration liturgique dans le lieu de culte confié à leur soin. Je demande aux fidèles de prier et de faire pénitence pour réparer les torts causés par ce groupe schismatique et pour obtenir le retour au bercail de ces brebis égarées. Que ce triste chapitre de la longue histoire du mouvement de l’Armée de Marie nous fasse tous réfléchir sur notre appartenance à l’Église unique de Jésus-Christ et nous pousse à raffermir notre vie de foi et notre pratique religieuse authentique. Ayons une pensée spéciale pour les personnes de bonne volonté qui ont été séduites par les erreurs de cette organisation et qui ont besoin de notre aide pour rester fidèles à l’Église catholique et à sa doctrine mariale. En confiant cette douloureuse expérience à l’intercession maternelle de Notre- Dame de l’Immaculée-Conception, j’implore la miséricorde et la bénédiction divines sur nous tous. Marc Cardinal Ouellet Archevêque de Québec Jean Pelletier, prêtre, p.h. Chancelier

1 Ce mouvement se présente aussi sous le nom de La Communauté de la Dame de tous les Peuples.
2 Le Royaume No 180 – Juillet-Août 2006 ; No 181 – Septembre-Octobre 2006 ; No 182 – Novembre-
Décembre 2006 ; No 183 – Janvier-Février 2007.
3 Note doctrinale des Évêques catholiques du Canada sur l’Armée de Marie, 29 juin 2001.
Message pastoral du Cardinal Marc Ouellet concernant l’Armée de Marie, 4 avril 2005.

Au départ, il y avait déjà un problème doctrinal sérieux, concernant la personne de Marie-Paul Giguère et ses prétentions auprès de Marie, et auprès de la Trinité (voir le document ci-joint, de George Allaire, plus bas). C'était suffisant pour avoir des doutes sérieux sur la catholicité de cette organisation. Maintenant, depuis l'ordination de diacres par des simples prêtres, il y a un problème disciplinaire qui rompt la communion avec l'Église romaine
, en plus d'un sérieux problème doctrinal (Voir plus bas).

D'où le fait que malheureusement, on ne peut plus les considérer comme des catholiques.


Prions néanmoins pour ces bonnes gens...
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L'Armée de Marie-Paule Giguère


Ma femme me dit que vous vouliez connaître notre jugement concernant Mme Marie-Paule Giguère. Il ne nous appartient pas de juger son for intérieur ni la blancheur de son âme. C'est le secret de Dieu et de la conscience de Marie-Paule.


Notre jugement est par conséquent fondé sur les données qu'elle laisse paraître. Elle se présente comme une forme d'incarnation de la Ste Vierge. Or ceci est simplement impossible, car la Ste-Vierge n'a qu'une âme et un corps, et les deux sont solidement présents au paradis depuis l'Assomption (que nous fêtons demain).


On peut triturer l'expression de la prétention de bien des façons, mais le seul fait que le mot incarnation de la Vierge (sous une forme ou une autre) soit employé indique combien l'idée derrière ce langage est étrangère à la vie de Marie et de Jésus que nous révèlent l'Église et les Écritures.


De plus, Marie-Paule se présenterait comme elle-même vierge (par une quelconque action de Dieu en elle). Or la virginité n'est pas une idée dans l'Église ni dans Marie. C'est un fait de la chair. Comme Marie-Paule a bel et bien enfanté, rien ne venant de Dieu ne la rendrait vierge spirituellement ou autrement. — La maternité est d'ailleurs une gloire de la femme. La prétention à la virginité de Marie-Paule est, en fin de compte, un affront à la fois à la maternité de tant de femmes et à la virginité de Marie.


De loin, je conçois deux explications aux prétentions de Marie-Paule. Soit qu'elle est psychotique soit qu'elle est manipulatrice. Notre expérience avec la maladie dont Michel a souffert (mais que la médication maintient présentement sous contrôle) nous a révélé combien une illusion psychotique peut être envahissante, sincère et puissante. En contre-partie, la manipulation est aussi une habileté courante chez les esprits puissants.


Marie-Paule profite largement du vide religieux dans l'Église catholique au Québec. Nous vivons depuis plus de quarante ans un silence de Dieu dans nos églises et nos écoles. N'étaient la clarté de l'enseignement de Jean-Paul II et, maintenant de Benoît XVI, mais aussi la présence de tant de mouvements de foi (tels Les Légionnaires du Christ, les Néo-catéchumènes, l'Opus Dei, et autres), nous aurions pu croire que la foi n'existe plus chez nous. Mais ces mouvements existent chez nous. Et ils ont eu l'appui de Jean-Paul II, comme ils ont l'appui de Benoît XVI. — Pour sa part, Marie-Paule n'a jamais eu cet appui. Au contraire, le jugement du Cardinal Ouellet à son sujet est clair et radical.


Comme l'Église vit chez nous, bien qu'il faille la chercher, et comme Marie-Paule n'est pas de l'étoffe de l'Église, pourquoi ne pas se rallier simplement à l'Église? On peut trouver la dévotion à Marie chez nous tout en respectant l'unique corps de Marie…



-Georges Allaire, La Pocatière


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Dimanche le 17 juin, 2007



D'après des nouvelles récentes, L'Armée de Marie-Paule a explicitement dévoilé son rejet de l'Église de Jésus-Christ en se "transmutant" en Église de Jean. … Voilà que le Christ ne savait pas ce qu'il faisait en fondant son Église sur la pierre qu'est Pierre et qu'il racontait une blague lorsqu'il promettait d'être avec elle jusqu'à la fin des temps?


Notez qu'il n'y a aucune surprise dans le geste de l'Armée de Marie-Paule, vu qu'elle a toujours tenu des positions étrangères à l'Évangile et à l'enseignement séculaire de l'Église fondée par le Christ et habitée par l'Esprit-Saint depuis la Pentecôte. Pendant bien des années, l'Armée de Marie-Paule s'est recouverte de pratiques originellement de l'Église catholique et a profité de la confusion issue de la bourrasque anti-romaine (anti-catholique) de notre clergé local. Mais cette couverture laissait dépasser une confusion et une suffisance qui ne tenaient pas du Christ. On pouvait toujours s'excuser par bonne volonté, ce qui n'est plus le cas maintenant que la couverture a été levée.


Marie-Paule est-elle une psychotique ou une manipulatrice ou une possédée, ou quoi que ce soit, je l'ignore et, franchement, ça ne nous concerne pas. Il suffit qu'elle agisse de façon erronée, étrangère à la Parole de Dieu révélée dans la foi, et qu'elle bafoue le lien sacramentel entre les Premiers apôtres et nous-mêmes.


Si le démon voulait se moquer de l'Église de Dieu, il ne ferait guère mieux qu'une Armée qui se veut mariologique, mais qui se moque de l'autorité du Christ, qui invente une vierge qui ne l'est pas, qui crée des prêtres qui ne le sont pas, qui érige un Pape qui ne l'est pas et qui s'enferme dans une fin du monde qui est simplement la fin de son monde.


À Dieu, le jugement qu'Il s'est réservé envers les cœurs humains. À nous, la fidélité à sa Parole, qui est Jésus-Christ. Cette Parole révélée avec assurance depuis deux mille ans est reçue dans la foi commune de l'Église née de la croix et de la résurrection et habitée par l'Esprit-Saint. Tous les saints que Marie-Paule essaie d'annexer dans sa course vers le néant, sont des saints de l'Église une, sainte, catholique et apostolique, qui n'ont jamais cautionné et n'auraient jamais reconnu une quelconque Église de Jean, à commencer par S. Jean lui-même, sans oublier Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, Sainte Jeanne d'Arc, et a priori la Sainte Vierge elle-même qui nous a commandé de faire ce que son Fils commande.


Ceci dit, il ne reste plus qu'à tirer profit de la véritable couverture de l'Église et de remercier le Seigneur pour la douceur et la clarté de Benoît XVI, à qui il a confié la gérance de Son Église dans la turbulence de notre époque.




- Georges Allaire, La Pocatière



vendredi 9 mars 2007

Une prise de parole du Cardinal Ouellet

Église Saint Raphaël (Ile-Bizard)


Voici un intéressant article apparu dans "Le Soleil" du 4 mars dernier. Un ami me l'a aimablement refilé. Un cadeau comme cela, ça se partage.

LIBERTÉ RELIGIEUSE SANS LIBERTÉ DE CHOIX ?

Par M. le Cardinal Marc Ouellet, archevêque de Québec

L’État québécois a décidé de maintenir un enseignement religieux à l'école sous la forme d'un cours d'éthique et de culture religieuse, ce que je ne conteste pas malgré le relativisme inhérent à une telle présentation. Je conteste cependant que, contrairement à la pratique de beaucoup d'autres pays, on impose ce programme tous azimuts, comme si c'était une formule gagnante longuement éprouvée, alors qu'elle n'existe nulle part.

En regard de la tradition culturelle québécoise, configurée par des institutions d'inspiration chrétienne et profondément redevable à la contribution de l’Église catholique, cette décision gouvernementale apparaît comme une mainmise excessive dans le domaine vital de la liberté religieuse. Peut-on faire fi de la volonté populaire maintes fois exprimée, et abandonner un régime de liberté de choix en matière d'enseignement religieux au profit d'une pensée unique, obligatoire pour tous, sans mécanisme d'exemption et sans modulation particulière sur tout le territoire du Québec ?

RUPTURE DU PARTENARIAT

L’Église et l'État ont très souvent été partenaires au Québec, au service de la même population, avec un sens concret, réaliste et pacifique des aménagements raisonnables à l'école. La nouvelle loi marque une rupture et menace par conséquent le vivre ensemble dans une société en profonde crise identitaire. N'est-il pas nécessaire de trouver l'équilibre dans un nouveau partenariat qui inclurait les droits des parents et les besoins des autres églises et groupes religieux? Ce partenariat doit viser 1e respect de la liberté religieuse autant que le droit à l'égalité des citoyens.

La réforme prévue pour septembre 2008 doit laisser le choix aux citoyens entre le cours d'État et un cours confessionnel. Elle doit en outre laisser aux Églises et groupes religieux reconnus par l'État le choix des enseignants afin d'assurer la qualité et la conformité des enseignements. Plus qu'un savoir religieux, c'est avant tout la formation des consciences responsables qui nous incombe.

Depuis quelques décennies, un fort vent de sécularisation a bouleversé profondément le Québec. En cela, nous avons notre part de responsabilité. Nous en voyons les graves conséquences sur la famille et le tissu social. Nous déplorons le déficit de valeurs et le manque d'espérance qui affectent les individus et les communautés. L'heure est à la reprise en main de notre héritage spirituel et culturel. Cette reprise inclut le maintien et l'amélioration de la formule d'enseignement religieux à l'école.

FIDÉLITÉ À NOTRE HÉRITAGE

Au lieu d'un programme unique d'éthique et de culture religieuse qui exclut en fait l'expérience religieuse intime et l'adhésion à une religion en particulier, il nous faut réaffirmer avec force la légitimité d'une liberté de choix par fidélité à notre propre héritage culturel. L’imposition d'un modèle unique sur tout le territoire, tant à l'école publique qu'à l'école privée, ne tient pas compte de la vie et de la différence des régions.

À la messe d'ouverture du dernier Conclave, le cardinal Joseph Ratzinger, élu pape le lendemain sous le nom de Benoît XVI, provoqua quelque remous en qualifiant la mentalité dominante de l'Occident sécularisé de «dictature du relativisme ». Avec sa réforme actuelle de l'enseignement religieux à l'école, l'État québécois favoriserait cette mentalité en reléguant la religion au domaine privé tout en s'emparant de l'interprétation du phénomène religieux à l'école.

Les débats des derniers mois sur les accommodements raisonnables révèlent la gravité, de la situation et marquent un réveil de la majorité qui constate l'érosion de ses propres valeurs et de sa culture. La tension monte quand on prend conscience de la portée de certaines décisions des tribunaux et du gouvernement en matière de liberté religieuse.

La loi 95 prive la majorité de ses droits historiques de transmission de sa culture religieuse à l'école. I1 faut donc l'amender pour répondre aux exigences de la démocratie et du bon sens, c'est-à-dire rendre le cours d'État optionnel et assurer un espace à l'école pour un enseignement religieux sous la responsabilité des Églises et des groupes religieux reconnus par l'État. Le christianisme au Québec est beaucoup plus qu'une religion c'est notre patrimoine ! Il est important aujourd'hui d'en ressaisir l'essentiel et de faire naître des lieux où la foi pourrait se dire et se vivre en confiance dans nos écoles.

Je fais appel à toutes les personnes qui se sentent concernées afin que la liberté religieuse ait droit de cité au cœur de nos institutions.


vendredi 9 février 2007

Hérouxville, la tolérance et la vérité

Surprise, ce matin en regardant les journaux. Les "invincibles" de l'accommodement raisonnable envahissent courageusement (de nuit) le petit village de Hérouxville et le parsèment de graffitis odieux contre la position officielle de ses élus en matière de code d'éthique.

Le crime: avoir dit tout haut ce que des milliers de gens disent tout bas: qu'on aimerait bien que les immigrants chez nous prennent la peine de s'intéreser à nos us et coutumes.

On est peut-être allé trop loin en parlant de lapidation, etc. Peut-être se se fait-on une idée des immigrants comme étant les immigrants musulmans. C'est gauche, mais ce n'est pas méchant. Mais n'y a-t-il pas dans le geste le désir de faire comprendre au reste du Québec qu'on existe, qu'on a un mot à dire dans les enjeux nationaux et que la ligne éthique des bien-pensants laisse un bon nombre de gens de côté: le petit peuple qui essaie de comprendre quelque chose, d'intervenir, de dire sa manière de penser à d'inexorable bourgeois citadins en grosses voitures polluantes qui pondent des manières de faire en société sans tenir compte d'eux.

Ce n'est pas la première fois. En matière d'éducation, les catholiques se sont fait passer un sapin (ainsi que la facture) en se voyant retirer la religion de l'école et les cours de religion, quand on sait que 80 % des parents les demandaient pour leurs enfants. Le cardinal Ouellet a eu beau le dire dans le Devoir et à la Télé de Radio-Canada, qu'à cela ne tienne. Pas un mot après ses déclarations. Me fiant à mes expériences personnelles par rapport aux journaux, on a sans doute fait de ses paroles ce qu'on m'a promis de faire des miennes: s'arranger pour que je ne sois plus jamais publié (le fait est réel, et dit par quelqu'un de très public). Car les bien-pensants, les tenanciers de la tolérance, n'aiment pas qu'on s'élève contre eux publiquement.

C'est alors qu'intervient l'escouade des "invincibles": vierges offensées, slogans, graffitis... La vérité fait-elle si mal que cela en entendre?

Je ne partage pas les idées des élus d'Hérouxville en cette matière, mais de grâce, écoutons-les. Ils ont droit de parole, et peuvent fort bien nous rappeler que tolérance et vérité ne partagent pas généralement le même lit. Peut-être le Québec profond a-t-il quelque chose à nous dire.

mercredi 31 janvier 2007

À relire: l'entrevue du cardinal Ouellet avec le Devoir, la veille de Noël

Antoine Robitaille

Édition du samedi 23 et du dimanche 24 décembre 2006

Québec -- Controverses autour des sapins de Noël à Toronto et à Montréal. Timidité à l'endroit du mot «Noël» à l'Assemblée nationale. Facile, en ce mois de décembre 2006, de trouver la question initiale d'une entrevue avec l'évêque de Québec et prélat de l'Église catholique Marc Ouellet. Selon lui, la cause de ces phénomènes n'est pas difficile à trouver: il y aurait aujourd'hui, dans nos sociétés occidentales, un «souci excessif d'être inclusif» qui finit par tout vider de son contenu. Une inclusivité qui aboutit à «l'auto-exclusion», à «annuler ce que nous sommes», lance-t-il sans ambages.

Mgr Ouellet parle franchement et directement, aborde sans réticence tous les sujets, contrairement à tant d'hommes d'Église québécois. Qu'on soit d'accord ou non avec lui, on ne peut certainement pas lui reprocher de se dérober.

Ainsi formule-t-il ce qui apparaîtra comme une hérésie pour bon nombre de contemporains: une bonne partie de l'identité québécoise est religieuse, «je dirais même la moitié». Remet-il en question la laïcisation graduelle du Québec? Pas du tout, insiste-t-il, «je parle d'histoire, des symboles, des coutumes qui ont leur importance». Il faut du reste se souvenir que des ecclésiastiques (Mgr Parent, par exemple) ont eux-mêmes réclamé et fait la Révolution tranquille, souligne-t-il en saluant la mémoire du frère Untel (Jean-Paul Desbiens), décédé cette année. La démocratisation de l'éducation, l'élargissement, le développement des capacités technologiques, le progrès sur le plan économique, «tout cela, c'est très bien», affirme-t-il.

Malgré cette modernisation indéniable du Québec, où la religion a joué un rôle au départ pour presque s'éclipser par la suite, «on a l'impression qu'ici au Québec, on a vraiment encore une attitude qui reste ambiguë et complexe vis-à-vis de notre héritage religieux». Ce complexe n'aide pas toujours le Québec contemporain à faire face à la diversité grandissante dans la société, soutient-il. En effet, il conduit à terme à adopter des attitudes comme celle de cette juge ontarienne qui a liquidé les sapins de Noël à l'entrée de son tribunal; autrement dit, à «s'annuler» dans la honte de ses origines. Il y a eu des «juifs honteux». Il y a aujourd'hui nombre de catholiques honteux au Québec, déplore Mgr Ouellet.

Selon lui, les personnes qui proviennent «d'autres horizons religieux», qui «tiennent à leurs symboles», sont «pour la presque totalité» ravis de voir les membres de la majorité valoriser leurs symboles religieux, dit-il. «Nous effacer, refuser de parler de Noël, ne nous fait pas avancer dans l'estime des personnes d'autres religions. Je crois que les personnes qui ont des convictions religieuses se respectent mutuellement.»

Ah! oui, et ces islamistes qui se proclament en lutte contre «les juifs et les croisés»... le 11-Septembre, les attentats? «Il ne faut pas prendre cela comme un geste religieux, fait dans l'authenticité de la religion. Ce sont des extrémistes qui manipulent la religion, donc qui trahissent la religion.»

Laïcisme

Rompu à l'argumentation théologico-philosophique, Mgr Ouellet, sur la question de la diversité religieuse des sociétés contemporaines, cite alors le pape Benoît XVI dans son fameux discours de Ratisbonne du 12 septembre dernier. La controverse autour de l'islam a conduit nombre d'observateurs à en occulter un des aspects «fondamentaux», dit-il. Le souverain pontife y affirmait que la pensée laïciste, celle qui rejette toute vision religieuse du monde, n'est pas en bonne posture pour entrer dans le dialogue des cultures. «Oui, car la religion, c'est un élément essentiel d'à peu près toute culture. C'est un sommet dans l'expression d'une culture. Si l'on est dénué de sensibilité religieuse, d'une certaine manière, on n'est pas préparé à la compréhension des cultures autres. [...] C'est une importante critique que Benoît XVI fait à l'Occident.»

Au Québec, un certain laïcisme va de pair avec le rejet total et complet de tout héritage pré-1960. On nous présente ce passé comme «une horreur, un monde d'oppression, on dit que c'était la "Grande Noirceur"!», déplore-t-il, qualifiant cela «d'interprétation excessive». Certes, «notre héritage n'était pas parfait, il y a eu des étroitesses. Le jansénisme a eu des influences excessives chez nous». Marc Ouellet, au contraire, se dit «fier du passé qu'on a eu». Enthousiaste, il précise ceci: «Qu'il y ait eu des missionnaires qui ont été martyrs, ici, au début, qui nous ont amené la foi chrétienne... Et puis qu'on ait eu des communautés religieuses qui se sont occupées de la santé avec une générosité extraordinaire, qui ne gagnaient à peu près rien, qui nous ont donné toutes sortes de services, l'éducation, etc., il ne faut pas l'oublier. Il y a là tout un patrimoine de valeurs, de générosité, qui a encore aujourd'hui des effets chez nous.»

Ce patrimoine, il craint qu'il se perde au cours des prochaines années en raison de la disparition totale de l'enseignement religieux catholique dans les écoles. Il parle de cette très «grande majorité», près de 80 %, des dizaines de milliers de parents, qui choisissaient l'enseignement religieux pour perpétuer l'héritage et à qui l'État a refusé quelque «accommodement» alors qu'il en accepte plein pour les exceptions: «Combien de gens vont porter le kirpan ou des choses comme ça?»

«Moi, je crois que c'est une injustice. On aurait pu trouver justement des "accommodements raisonnables" plus imaginatifs que ce à quoi nous sommes arrivés ou ce que nous sommes en train de préparer, c'est-à-dire un programme uniforme d'État de culture religieuse et d'éthique imposé à tous les niveaux et même aux écoles privées.»

À ses yeux, on mène des batailles juridiques pour sauver les droits des minorités, mais les «droits collectifs» de la majorité, «on ne les respecte plus». «Peut-être que c'est un défaut de notre système d'interprétation des chartes?», se questionne-t-il. Il croit que l'État québécois aurait dû conclure un «"accommodement raisonnable" comparable à celui qu'il y a en France par exemple, où il y a des temps prévus à l'école pour l'enseignement religieux confessionnel. Ce sont les Églises ou les groupes religieux qui prennent charge de l'enseignement qui doit être donné dans ce temps-là».

Conservateur, le prélat? «Je n'aime pas l'étiquette. Je suis étiqueté de cette manière. Si je suis un conservateur, eh bien, je "conserve" la foi. C'est tant mieux. C'est le bien le plus précieux que j'ai reçu, plus important encore que la vie.»