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dimanche 5 avril 2009

Lu pour vous: Au risque de vous déplaire (Denise Bombardier)

Bombardier, Denise : Au risque de déplaire, VLB éditeur, Montréal, 2008


On connaît Denise Bombardier comme une journaliste indépendante qui ne craint pas de donner son opinion (souvent dérangeante et critique) sur les lieux communs des médias d’ici ou de France. Ce livre s’adresse à ceux qui la suivent ou qui s’intéressent aux revendications de l’intelligence versus des dogmes irraisonnés des bien-pensants de l’intelligentsia québécoise.
Elle parle de tout … et de rien. Les problèmes politiques du Québec, mais surtout, les problèmes moraux. Son point de vue est celui d’une agnostique qui sait reconnaître les bonnes personnes et les bonnes institutions québécoises, et revendiquer les droits de l’histoire, de la religion catholique, de toutes les attitudes humanisantes, quelles que soient leur origine. Elle défend vigoureusement le cardinal Ouellet, sans partager son point de vue, et regrette de n’être pas croyante, pour pouvoir aimer encore plus Noël, où des gens vivent dans un désintéressement remarquable le partage et la vertu de l’espérance apportée par le sauveur. Elle s’en prend aussi aux égoïstes et aux suffisants, qui pour se faire admirer, ne manquent pas de s’en prendre à leurs proches. Et elle pourfend vigoureusement les hypocrites et ceux qui laissent aller la culture et l’excellence dans un laisser-aller qui ne crée que des problèmes de société.
Cette Denise Bombardier est celle qu’on retrouve régulièrement dans le Devoir (ce livre est un rassemblement de certaines de ses colonnes hebdomadaires des quatre dernières années). La romancière qu’elle est n’a pas le même panache, et c’est bien dommage.
Ce livre s’adresse à des adultes cultivés en quête de recherche de vrai et de beau dans notre monde. Recommandable.

vendredi 3 avril 2009

Chemin de croix, 3e station: Jésus tombe pour la première fois


Le corps exténué de Jésus se met à chanceler sous l'énorme Croix. C'est à peine si de son coeur très aimant parvient un souffle de vie à ses membres blessés.

Math 27, 19-22: Tandis qu'il siégeait au tribunal, sa femme lui fit dire : « Ne te mêle pas de l'affaire de ce juste, car aujourd'hui j'ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. » Les chefs des prêtres et les anciens poussèrent les foules à réclamer Barabbas et à faire périr Jésus. Le gouverneur reprit : « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? » Ils répondirent : « Barabbas ! ».

Aujourd'hui encore, il est des âmes qui craignent pour toi, Seigneur. Dans ton Église, il est des gens qui te regardent avec peine. Et bien des étrangers, des "non-croyants" disposés noblement à te plaindre devant les offenses qui te pèsent sur le chemin du Calvaire. Mais il ne s'opposent pas au mal. Ils te plaignent, ils plaignent le sort de ceux qui souffrent, ils auraient les moyens de faire quelque chose, comme la femme de Pilate, mais se frappent à un mur construit par leur peur our la haine des autres. On te lamente, Seigneur comme on t'a rarement lamenté, mais que fait-on pour toi ?

De la cuiller à la bouche, que d'espace ! Entre les bonnes intentions et l'action, que de paroles vaines ou de résolutions oubliées.

Et pendant ce temps, Jésus, tu portes notre croix. Tu pleures notre vanité et nos bons sentiments inefficaces, et le poids de la croix devient de plus en plus grand. Tu trébuches, car nous t'avons oublié.

Tu ne veux pas nous reprendre à cette heure tragique; ne nous as-tu pas tout dit ce jour-là sur une montagne près du lac? Puisque pendant qu'on parle, les ennemis de Dieu se réjouissent, Jésus veut plutôt couper court à leur prétention. Comme il ne reste plus que lui pour prendre la croix, la transe qu'il avait ressentie à Gethsémani reprend de plus belle, et en s'effondrant sur le sol, il répète ce qu'il avait dit devant Pierre, Jacques et Jean qui au lieu de l'aider dormaient de tristesse: "Père, si cela est possible, éloigne de moi ce calice" . Comme dans sa derniere soirée, il s'agenouille de tout son long, dans la douleur des nos lâchetés et de nos peurs. Et cette immonde croix de bois l'écrase.

Il peine à se relever, mais y arrive malgré les plaies de la flagellation qui se sont réouvertes. D'où lui vient cette force ? De son amour infini envers le Père: "Non pas ma volonté, mais la tienne". La rédemption n'est pas encore achevée, et il veut tout donner (jusqu'à la mort, et la mort sur la croix), par amour pour nous, qu'il veut sauver, et pour son Père qu'il veut honorer d'un amour total et désintéressé.

Pendant ce temps, nous plaignons Jésus, au lieu de l'aider à se relever. Et Jésus qui se relève en peinant, mais heureux de nous rapprocher de son Père.

Comme ils sont nombreux ceux qui, jouets de leur orgueil et de leur imagination, s'immolent sur des calvaires qui ne sont pas ceux du Christ.

La Croix que tu dois porter est divine. Refuse-toi absolument d'en porter une qui soit humaine. Et si tu devais un jour tomber dans ce piège, rectifie aussitôt: il te suffira de penser qu'Il a souffert infiniment plus, par amour pour nous. (St Josémaria, Chemin de croix, 3,4)

Rameaux et Passion du Seigneur







Je vous invite à relire ma réflexion d'il y a deux ans. 

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Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur

Première lecture : Is 50, 4-7 Le Serviteur de Dieu accepte ses souffrances

Psaume :  Ps 21, 8-9, 17-18a, 19-20, 22c-24a   R/ Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?

Deuxième lecture : Ph 2, 6-11 Abaissement et glorification de Jésus
Evangile : Mc 14, 1-72; 15, 1-47 La Passion (brève :1-39)

jeudi 2 avril 2009

Chemin de croix: 2e station


2e Station: Jesus est charge de sa croix

Matth. 27, 25-26: Tout le peuple répondit : « Son sang, qu'il soit sur nous et sur nos enfants ! » Il leur relâcha donc Barabbas ; quant à Jésus, il le fit flageller, et le leur livra pour qu'il soit crucifié.


Ces paroles prophétiques (Son sang, qu'il soit sur nous et sur nos enfants !) sont désormais réalité: les enfants sont scandaleusement laissés à leur soufffrance. Des enfants oubliés ou abandonnés à l'hopital. Les gamins de Rio, qui ne savent où trouver quelqu'un pour les aimer. Et chez nous, l'hécatombe des enfants avortés. Seigneur, prends pitié de nous, car si tu nous traitais comme nous les traitons, où terminerons-nous ? Les innocents de ce monde, ceux qui sont comme des enfants, nous les oublions pour notre confort. Quand on pense avec quelle joie le docteur Jérome Lejeune, Jean Vanier accueil(ai)ent les trisomiques. Quand on pense à la bienheureuse Mère Téresa qui préférait prendre les enfants de l'avortement plutôt que de les abandonner à leur sort (Donnez-les moi, je m'en occuperai). Et que dire de tant de mamans héroiques qui accueillent généreusement les enfants, même dans des conditions précaires, et qui leur donnent le meilleur don: la charité. Si vous ne devenez comme les enfants, vous n'entrerez pas dans le royaume des Cieux. Les enfants sont la clé du royaume des cieux. Jésus, nous désirons ardamment prendre notre croix, cette clé, plutot que de laisser périr un seul de ces petits.
Quant à Jésus, Pilate le fit flageller, et le leur livra pour qu'il soit crucifié. Triste expédient: Jésus n'est coupable de rien, et il est néanmoins livré pour être condamné. Un de ces miliers d'expédients juridiques qui nous permettent de nous en sortir en invoquant la légalité. Par la loi (ou par son absence), on livre les enfants à la mort. Pas surprennant que Jésus les aime tant. L'avortement semble condamner les enfants à mort à nouveau, "à la Hérode", mais Jésus ne les abandonne pas. Il mourra avec eux, pour nous...
Seigneur, apprends-moi à ne pas refuser ta croix, pour défendre ainsi les plus démunis, et les oubliés de ma famille, de mes amis. Fais quand sans spectacle, j'accepte de prendre ma croix "pour les sauver tous", humblement, sans ordre du Canada, sans décoration, pour toi seul, et ... pour eux.

Demande l'humilité au Seigneur, et toi aussi tu comprendras ces paroles de Jésus: Iugum enim meum suave est, et onus meum leve (Mt 11, 30), que j'aime à traduire librement ainsi: mon joug est la liberté, mon joug est l'amour, mon joug est l'unité, mon joug est la vie, mon joug est l'efficacité. (St Josémaria Escriva, Chemin de croix, 2-4).

Semaine sainte: Chemin de croix, 1ere et 2e station (méditation)

Mon Seigneur et mon Dieu,
sous le regard aimant de notre Mère,
nous allons T'accompagner sur le chemin de douleur
qui fut le prix de notre rachat.
Nous voulons souffrir tout ce que Tu as souffert,
T'offrir notre pauvre coeur, contrit,
parce que Tu es innocent et que Tu vas mourir
pour nous,les seuls coupables.
O ma Mère, Vierge des douleurs,
aide-moi à vivre ces heures amères
que ton Fils a voulu passer sur la terre,
pour que nous, qui ne sommes faits que d'un peu de boue,
puissions enfin vivre
in libertatem gloriae filiorum Dei,

dans la liberté et la gloire des enfants de Dieu.
(prière de préparation pour le chemin de croix, in Saint Josémaria Escriva, Chemin de croix, Paris, Le Laurier, 1999, p. 17).



Première Station: Jésus est condamné à mort.


Math 27, 22-24: Pilate dit: « Que ferai-je donc de Jésus, celui qu'on appelle le Messie ? » Ils répondirent tous : « Qu'on le crucifie ! ». Il poursuivit : « Quel mal a-t-il donc fait ? » Ils criaient encore plus fort : « Qu'on le crucifie ! » Pilate vit que ses efforts ne servaient à rien, sinon à augmenter le désordre ; alors il prit de l'eau et se lava les mains devant la foule, en disant : « Je ne suis pas responsable du sang de cet homme : cela vous regarde ! »


Jésus qui était venu pour nous aimer et se donner à nous est condamné à mort pour nous avoir enseigné les voies de son Père: apprendre à pardonner, donner, sourire. En somme vivre de l'esprit des béatitudes dans notre place dans le monde. Notre famille est un lieu d'amour, notre travail est un lieu de service, le temple le lieu de la réunion avec nos frères pour vivre la contrition, la communion et le don. C'est pour cette raison qu'on te condamne mon Jésus. Est-il possible qu'un gouverneur de la terre ne trouve pas la force de libérer le roi des âmes? Est-il possible qu'on ne puisse trouver autre chose à dire que les mots suivants, qui percent le coeur de Jésus plus que les épines dont on le couronnera: Qu'on le crucifie.


Et est-il possible qu'un homme investi du pouvoir romain ne trouve qu'à dire: Je ne suis pas responsable du sang de cet homme... M. Pilate, si vous êtes innocent du sang de cet homme, qui en est responsable ? Vous me faites peine.


Et puis je pense que moi aussi j'ai à l'occasion considéré que je n'étais pas responsable du Sang que Jésus a versé pour moi aussi. Seigneur, pardon. J'ai trop souvent été lâche, j'ai cédé devant tes droits, j'ai laissé les autres décider. Donne-moi d'apprendre des fautes des autres, mais surtout... des miennes.

— Seigneur! où sont tes amis? où sont tes sujets? Ils t'ont abandonné. Cette débandade qui dure depuis vingt siècles... Nous fuyons tous la Croix, ta Sainte Croix. (St Josémaria, Chemin de croix, 1.4)