Consultez aussi notre section supplémentaire RÉFLEXIONS+PLUS

Rechercher sur ce blogue

samedi 8 décembre 2007

2e Dimanche de l’Avent et Immaculée Conception de Marie


« Préparez les Chemins du Seigneur, aplanissez sa route »

Ce dimanche de l’Avent coïncide avec la grande fête de l’Immaculée conception. Une journée mariale en un temps de préparation pour Noël. Marie, Mère de Jésus, siège de la Sagesse, modèle de dévotion et de piété est le bon chemin pour la conversion.

La première lecture nous présente Jessé, le père de David, tel que présenté par Isaïe. Jessé produira un rameau qui recevra l’Esprit du Seigneur. « Sur lui reposera l'esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur, qui lui inspirera la crainte du Seigneur. »

Ce descendant est évidemment Jésus. Mais en bon fils de Marie, on retrouve d’une façon différente ces qualités inhérentes à sa Mère. Toutes ces qualités (sagesse, discernement, force, etc.) sont le fruit de l’action de l’Esprit Saint en elle, le fruit de sa conception immaculée qui la prépare admirablement bien à sa mission de Mère de Dieu.

Marie en prière. Comment ne pouvons-nous pas imaginer Marie en prière, en train de considérer tous ces évènements, peu après l’annonce de l’Ange et la Visitation ? En fait, le chant du Magnificat nous décrit sa piété, après se débordement des grâces de Dieu en elle. On a souvent dit que cette prière était semblable à plusieurs chants de l’Ancien Testament. Rien de surprenant que Marie, dans son débordement, rassemble les extraits des plus belles prières qu’elle ait récitées et méditées comme résultat de ce qu’elle considérait souvent dans son cœur, et qu’ainsi naisse le Magnificat. Car Marie priait.

En plus, elle veillait : les conseils de Jean Baptiste : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche » peuvent d’une certaine manière s’appliquer à l’attitude de vigilance de Marie. Non qu’elle eut besoin de conversion, car elle cherchait toujours le Seigneur, mais à son esprit de vigilance. Car comme bonne servante du Seigneur, elle est attentive. Son départ précipité pour voir Élizabeth, après l’Annonciation montre son désir de servir et d’aider le prochain, dans un esprit de servir Dieu.

Comme pour la lecture de la lettre aux Romains, elle possédait « l’espérance grâce à la persévérance et au courage que donne l’Écriture ». Marie médite les écritures, elle prie, considérant tous les mystères de la grâce d’être choisie pour donner naissance au Fils de Dieu fait homme. Et elle accueille avec lui tous les enfants des hommes que Jésus lui confiera plus tard du haut de la Croix. Oui vraiment est le chemin qui nous mène à Noël.

Devant cette femme, revêtue des grâces de la sainteté dans sa vie mortelle, devant ce modèle d’espérance, allons a l’école de Marie. Demandons-lui de nous éclairer dans notre piété, de sorte que notre attente soit continuellement vigilante. Demandons, en nous regardant devant l’Immaculée, les grâces d’une profonde conversion inspirée de l’attitude Marie. Demandons le don de la piété, qui nous rendra continuellement en vigilance, et qui nous remplira de l’unique espérance, celle de la venue du Christ dans notre cœur.

---

Lectures du dimanche 09 décembre 2007
2ème dimanche de l'Avent

Première lecture : Is 11, 1-10 Le Messie, roi de paix

Psaume : Ps 71, 1-2, 7-8, 12-13, 17 R/ Voici venir un jour sans fin de justice et de paix

Deuxième lecture : Rm 15, 4-9 L'espérance offerte par l'Écriture s'étend à toutes les nations

Evangile : Mt 3, 1-12 Jean Baptiste annonce que le Messie vient juger le monde


vendredi 7 décembre 2007

Triduum de l’Immaculée Conception : Deuxième jour, l’humilité de Marie.


La première mention de Marie dans le Nouveau Testament.


Elle n’est pas annoncée directement; on la connait à travers Joseph, qui était le descendant direct de David du côté masculin (même si Marie aussi descendait de David. C’était l’homme qui avait la faveur de loi chez les Hébreux).

Matthieu 1, 18 Marie, (…), était fiancée à Joseph: or, avant qu'ils eussent mené vie commune, elle se trouva enceinte par le fait de l'Esprit Saint. 19 Joseph, son mari, qui était un homme juste et ne voulait pas la dénoncer publiquement, résolut de la répudier sans bruit. 20 Alors qu'il avait formé ce dessein, voici que l'Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit: "Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ta femme: car ce qui a été engendré en elle vient de l'Esprit Saint; 21 elle enfantera un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus: car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés." 22 Or tout ceci advint pour que s'accomplît cet oracle prophétique du Seigneur: 23 Voici que la vierge concevra et enfantera un fils, et on l'appellera du nom d'Emmanuel, ce qui se traduit: "Dieu avec nous." 24 Une fois réveillé, Joseph fit comme l'Ange du Seigneur lui avait prescrit: il prit chez lui sa femme; 25 et il ne la connut pas jusqu'au jour où elle enfanta un fils, et il l'appela du nom de Jésus.

Joseph ne connaît pas la révélation sur son épouse. Marie sait que Dieu veillera sur eux.

Elle veut Joseph pour époux, dans une union où il n’est pas question de descendants, par une révélation privée. Par révélation, elle sait que l’Esprit Saint lui donnera un fils en conservant sa virginité. Elle sait donc que Joseph sera informé et que les promesses de Dieu se réaliseront en elle.


Humilité de Marie : elle n’apparait que comme femme de Joseph.


Humilité de Marie qui accepte les plans de Dieu et qui prend les conséquences de tous ses actes sans se plaindre (patience).


Dans cela l’auteur sacré lui attribue la prophétie d’Isaie, ce qui était la plus belle louange qu’on aurait pu faire à une femme. Mais d’elle, Matthieu ne dit que peu de choses. Marie passe après Joseph.


Ce qui n’humilie pas Marie, selon l’expression populaire, mais qui la présente dans une lumière douce qui accompagne le mystère de Dieu présenté ici, et qui a toute la lumière de ce chapitre. Dans son humilité, Marie rend plus brillante la révélation de la venue de Jésus, Fils de Dieu


Marc 3, 31 Sa mère et ses frères arrivent et, se tenant dehors, ils le firent appeler. 32 Il y avait une foule assise autour de lui et on lui dit: "Voilà que ta mère et tes frères et tes sœurs sont là dehors qui te cherchent." 33 Il leur répond: "Qui est ma mère? Et mes frères?" 34 Et, promenant son regard sur ceux qui étaient assis en rond autour de lui, il dit: "Voici ma mère et mes frères. 35 Quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là m'est un frère et une sœur et une mère."

Des paroles sévères de Jésus. Ou peut-être davantage des paroles de respect envers sa mère. Souvent, le respect chez les juifs de l’époque passe par peu de mots, ce qui pour nous semble ambigu. Mais pas pour Marie qui comprend le sens de la remarque. Il faut dire que ce qu’il dit de ceux qui accomplissent la parole de Dieu s’applique plus encore à Marie.

Mais dans son compliment, le nom de sa mère n’est pas entendu, et rien ne nous dit que ce ne soit pour respecter l’intimité de Marie. Ce qu’elle semblait préférer par-dessus tout, c’est de s’efface devant Jésus, puisqu’Il était la lumière du monde. Et Jésus, qui aime sa mère plus qu’aucune autre créature terrestre, respecte ce désir d’intimité : elle préfère se cacher et accompagner son Fils par la prière, et Jésus s’y plie.

Mais quel compliment que celui de Jésus envers sa Mère. Il nous montre sa Mère comme un modèle de sainteté esceptionnel.

Jean 19, 25 Or près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala. 26 Jésus donc voyant sa mère et, se tenant près d'elle, le disciple qu'il aimait, dit à sa mère: "Femme, voici ton fils." 27 Puis il dit au disciple: "Voici ta mère." Dès cette heure-là, le disciple l'accueillit comme sienne.

Voici en quelques mots l’aboutissement de l’humilité. La croix ne manque pas aux humbles, car ils acceptent de se sacrifier par amour pour Dieu. La personne humble ne demande rien pour elle-même que d’accomplir la volonté de Dieu. Et lorsque l’on décide ainsi, la croix viendra inexorablement. Mais la croix vient toujours avec de l’amour, quand on aime Dieu. Elle nous fait rencontrer Dieu et trouver dans les autres des sujets d’amour qui nous accueilleront dans nos malheurs.


Sur la croix, Jésus récompense Marie pour sa fidélité (elle-même conséquence de soaon humilité). Il lui donne tous les enfants de Dieu fidèles comme Mathieu. Et à nous tous, qui désirons rester humbles, le Seigneur nous confie rien de moins que sa mère. Quelle confiance en ceux qui sont petits, humbles…


Quel contraste entre la pureté, l'humilité et la générosité de Marie et notre misère, notre égoïsme. Il est normal que, après l'avoir découvert, nous ressentions le désir de l'imiter; nous sommes des créatures de Dieu, comme Elle, et notre effort pour être fidèle suffit pour que, en nous aussi, le Seigneur fasse de grandes choses. Notre petitesse ne sera pas un obstacle: car Dieu choisit ce qui a peu de prix, pour qu'ainsi éclate davantage la puissance de son amour. (St Josémaria, Quand le Christ Passe, 172)

Bonne fête


Bonne fête SAINT AMBROISE

Le curé vous souhaite joie, amour et sainteté pour
la fête patronale de la Paroisse.


jeudi 6 décembre 2007

Triduum de l’Immaculée : méditation du 6 décembre 2007.



  1. Ce triduum est une préparation pour le congrès eucharistique (2008)

Cette terre est chrétienne. Jean Paul II le disait en 1984, au Parc Jarry : Enlève tes chaussures, car cette terre est sacrée. À son arrivée à Québec, une allusion à la religion de nos ancêtres. Et à la nôtre. En 1984, avant l’arrivée de Jean Paul II, certaines voies dissonantes s’étaient fait entendre. Mais la réalité de la présence du Saint-Père parmi nous s’était vite imposée, et pour un temps, nous nous sommes senti bien avec lui, dans une unanimité qui nous rappelait le Paradis. Il est question que Benoit XVI vienne l’an prochain, et nous nous en réjouissons, confiant que sa présence, si elle se matérialise, nous rappellera ce que Dieu a à nous offrir, plutôt que les discordances humaines.

Le Congrès eucharistique de 2008. Nous sommes invités à penser à une présence encore plus intense : celle de Jésus. On nous rappellera que celui qui est notre vraie nourriture et notre vrai breuvage est aussi une présence intense sur l’autel, dans le tabernacle, et en nous, quand nous le recevons dignement. En juin prochain, des milliers de congressistes et de pèlerins viendront célébrer l’immense don que Jésus nous fait. Ils viendront réfléchir, adorer et prier ensemble autour de cette présence réelle, qui nous rappellera aussi notre appartenance à cette famille chrétienne extraordinaire que le Seigneur nous a donnée, et à cette terre sacrée que nous ont léguée nos ancêtres.

En préparation pour cet événement, nous voulons apprendre de Marie. Celle qui nous a donné Jésus il y a 2000 ans, Marie Immaculée, nous guidera maintenant pour nous aider à le redécouvrir, dans nos communions de tous les jours comme dans ces moments de réflexions en préparation à ce grand événement.

Nous commencerons comme des enfants. Laissons de côté les grandes formules, les définitions théologiques, et redevenons enfants. Remettons-nous en totale disponibilité dans les mains de Dieu. Formulons simplement notre dépendance de fils de Dieu. En regardant ce qui nous inquiète, en analysant nos faibles forces, nous voyons comment il nous faut cette mère. En empruntant les paroles maintes fois utilisées par St Josémaria, nous reprenons les mots de la communion spirituelle qu’il avait pris l’habitude de réciter, encore enfant, et qu’il a répétée toute sa vie : « Je voudrais, Seigneur te recevoir avec la pureté, l’humilité et la dévotion avec lesquelles ta très sainte Mère te reçut, avec l’esprit et la ferveur des saints ».

La pureté.

Commençons par nous demander quelles images évoquent en nous ce mot : pureté En premier lieu, nous pensons à cette vertu de la maîtrise des sens et du corps qui sollicite de nous une attention et qui nous rappelle la précarité hérité après la chute originelle.

La pureté évoque aussi dans le langage courant ce qui est propre ou qui est resté fidèle à sa bonté originelle. On parle ainsi de la bonté des enfants. Ce mot, utilisé dans le langage des arts, évoque aussi la limpidité d’une couleur, l’exquise beauté d’un style. Dans la conduite des hommes, on parle quelques de pureté d’intention, pour évoquer une personne droite. Toujours, ce mot évoque la bonté et la beauté. On pourrait surement parler de la pureté de Dieu, si ce n’était pas une évidence ou une redondance.

Qui dit pureté, dit beauté et bonté.

La pureté de Marie.

Lisons cette page de l’Évangile de Saint-Luc,

1, 1 Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, 2 d'après ce que nous ont transmis ceux qui furent dès le début témoins oculaires et serviteurs de la Parole, 3 j'ai décidé, moi aussi, après m'être informé exactement de tout depuis les origines d'en écrire pour toi l'exposé suivi, excellent Théophile, 4 pour que tu te rendes bien compte de la sûreté des enseignements que tu as reçus.26 Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, du nom de Nazareth, 27 à une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David; et le nom de la vierge était Marie. 28 Il entra et lui dit: "Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi." 29 A cette parole elle fut toute troublée, et elle se demandait ce que signifiait cette salutation. 30 Et l'ange lui dit: "Sois sans crainte, Marie; car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. 31 Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus. 32 Il sera grand, et sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père; 33 il régnera sur la maison de Jacob pour les siècles et son règne n'aura pas de fin." 34 Mais Marie dit à l'ange: "Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais pas d'homme?" 35 L'ange lui répondit: "L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre; c'est pourquoi l'être saint qui naîtra sera appelé Fils de Dieu. 36 Et voici qu'Elisabeth, ta parente, vient, elle aussi, de concevoir un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, elle qu'on appelait la stérile; 37 car rien n'est impossible à Dieu." 38 Marie dit alors: "Je suis la servante du Seigneur; qu'il m'advienne selon ta parole!" Et l'ange la quitta.

En ce texte, nous trouvons Marie totalement livrée à Dieu. Son cœur ne lui appartient pas. Elle prie. À l’adresse de l’Ange, elle est troublée. Elle se savait seule avec Dieu, et soudain, elle sent la présence de l’ange. Telle est la sensibilité de son âme toute pour Dieu. Pureté d’intention.

Méditation

L’ange lui annonce qu’elle sera Mère de Jésus, Mère de Dieu, sous l’inspiration de l’Esprit-Saint… Mais « Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d’homme ». Elle tient à sa virginité, même si on lui promet qu’elle sera mère du Messie : âme chaste qui tient à réaliser les plans de Dieu, même si un ange lui promet qu’elle sera mère de celui qui est attendu depuis des siècles. Âme d’une pureté inébranlable. Son recueillement et sa droiture, sans oublier son désir de servir sa cousine Elizabeth témoignent d’une beauté et d’une bonté intérieure, puisque tout en elle la relie à Dieu et au prochain, pour Dieu. Elle est pour Dieu un reflet de sa bonté et de sa beauté, comme un beau style écrit ou en peinture montrent l’admirable délicatesse et beauté de l’artiste. Sa simplicité et sa pudeur en font une âme exquise, et ainsi, elle montre qu’elle est celle qui sera la mère de Dieu.

Quelle différence entre elle et mous… Et pourtant, nous portons Dieu en nous chaque fois que nous le recevons dans l’Eucharistie. Marie, par sa pureté, nous indique le chemin de notre pureté.

Notre pudeur, notre pureté d’âme; les objets de nos désirs ; notre recueillement, conséquence de notre pureté d’âme… Comme nous sommes loin de Marie, même quand nous arrivons à vivre cette vertu.

Que dire des nos infidélités, qui au lieu de nous amener à accueillir Jésus de notre âme, le repousse de nous et le renvoie à la croix, à cause de nos péchés.

Catéchèse sur la pureté

L’Église nous enseigne que cette vertu est essentielle pour « voir Dieu » (Matth 5:8.).

On nous dit, dans le Catéchisme de l’Église Catholique : (2518)

La sixième béatitude proclame : « Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu » (Mt 5, 8). Les « cœurs purs » désignent ceux qui ont accordé leur intelligence et leur volonté aux exigences de la sainteté de Dieu, principalement en trois domaines : la charité (cf. 1 Tm 4, 3-9 ; 2 Tm 2, 22), la chasteté ou rectitude sexuelle (cf. 1 Th 4, 7 ; Col 3, 5 ; Ep 4, 19), l’amour de la vérité et l’orthodoxie de la foi (cf. Tt 1, 15 ; 1 Tm 1, 3-4 ; 2 Tm 2, 23-26). Il existe un lien entre la pureté du cœur, du corps et de la foi :

Les fidèles doivent croire les articles du Symbole, « afin qu’en croyant, ils obéissent à Dieu ; qu’en obéissant, ils vivent bien ; qu’en vivant bien, ils purifient leur cœur et qu’en purifiant leur cœur, ils comprennent ce qu’ils croient » (S. Augustin, fid. et symb. 10, 25 : PL 40, 196).

2519 Aux « cœurs purs » est promis de voir Dieu face-à-face et de Lui être semblables (cf. 1 Co 13, 12 ; 1 Jn 3, 2). La pureté du cœur est le préalable à la vision. Dès aujourd’hui, elle nous donne de voir selon Dieu, de recevoir autrui comme un « prochain » ; elle nous permet de percevoir le corps humain, le nôtre et celui du prochain, comme un temple de l’Esprit Saint, une manifestation de la beauté divine.

En celui qui a un cœur pur, nous reconnaissons spécialement la Mère de Dieu.

Cette pureté de cœur nous amène à voir les efforts que nous devons fournir dans la condition limité des pécheurs que nous sommes.

Le Compendium du catéchisme de l’Église catholique nous encourage par ces mots à rechercher la pureté du cœur :

529. Comment parvient-on à la pureté du cœur ? Avec la grâce de Dieu et en luttant contres les désirs désordonnés, le baptisé parvient à la pureté du cœur par la vertu et le don de chasteté, la pureté d'intention, la transparence du regard, extérieur et intérieur, la discipline des sentiments et de l'imagination, la prière.

Tout un plan de travail.

Pour ne pas nous contenter du minimum, on insiste aussi sur la vertu de la pudeur, qui nous aidera à garder toujours notre cœur en Dieu, comme Marie :

530. Quelles sont les autres exigences de la pureté ? La pureté exige la pudeur ; elle protège l'intimité de la personne, exprime la délicatesse de la chasteté, règle les regards et les gestes pour qu'ils soient conformes à la dignité des personnes et de leur union. Elle libère de l'érotisme ambiant et tient à l'écart de tout ce qui favorise la curiosité malsaine. Elle requiert encore une purification du climat social, par un combat soutenu contre la permissivité des mœurs, qui repose sur une conception erronée de la liberté humaine.

Demandons à l’Immaculée Conception de nous aider à avoir des objectifs élevés dans la garde de notre cœur, de manière à ce que nous puissions toujours accueillir le Seigneur convenablement, à chaque communion.

mardi 4 décembre 2007

Une encyclique de Benoit XVI et les accomodements raisonnables


Avez-vous lu la dernière encyclique de Benoit XVI (« Sauvés par l’espérance »)? Non ? Mais qu’attendez-vous? C’est un texte extraordinaire, à lire à tout prix, spécialement dans le contexte de fronde médiatique actuelle contre l’Église catholique et son message. Dans ce texte exceptionnel, tant du point de vue philosophique que du point de vue spirituel, le pape essaie de nous faire réfléchir sur les raisons de notre espérance chrétienne, et sur les raisons du désespoir des sociétés ayant oublié Dieu.


Dans les débats récents sur les ‘accommodements raisonnables’, on nous a rappelé qu’on ne veut plus se faire dire qu’il y a un ciel, qu’il a des péchés, et que les évêques ne devraient pas nous rappeler qu’on n’est pas des anges. Or on ne supporte plus ce genre d’interventions publiques, sous prétexte que l’Église n’a plus rien à offrir au monde post-chrétien. Ah tiens… intéressant !


Quelques personnes ont néanmoins eu l’honnêteté de dire que ceux qui sont critiqués sont curieusement ceux qui ont donné de la dignité à nos ancêtres en leur montrant à lire, écrire et à découvrir la culture dans les écoles et les collèges. Comment ils ont aussi pris soin des malades, des vieillards et des bébés dont personne ne voulait, et ce à des coûts dérisoires. Ces personnes l’ont peut-être quelque fois mal fait, mais ils ont réussi à soigner, élever, éduquer et émanciper ceux qui leur mordent actuellement la main. Personne ne peut nier cela.


Séparation Église-État obligeant, on demande impoliment à l’Église de ne plus nous parler de nos péchés, parce que ca nous étouffe. Mais en retour quelles sont les nouvelles valeurs de ce Québec épuré de son âme? Une natalité à son plus bas, un horaire d’esclave pour le père et la mère, des familles éclatées, des listes d’attente interminables à l’urgence ou la garderie, une société de plus en plus érotisée, un capitalisme d’affaire sauvage qui ferme les usines et renvoie trop les gens quelques jours avant d’avoir à leur payer l’assurance emploi, des courses à n’en plus finir aux tribunaux ? Un « nous » flou, contesté par chacun de nous, une violence gratuite quotidienne autant aux informations que dans les divertissements, une société politique qui ment comme on ne nous a jamais menti ? En somme, ces alternatives nourrissent-elles notre espérance ? Non bien sûr,


Et c’est d’espérance que le pape nous parle. Espérance surnaturelle, certes, mais aussi d’espérance humaine. Et là-dessus, l’église a beaucoup à offrir.


Sans vouloir même résumer ce texte, on y trouve des idées intéressantes, qui nous situent par rapport à la quête d’espérance. Ainsi, il fait allusion à cette curieuse quête de vivre éternellement, mais aussi au désir d’une qualité de vie si haute qu’elle est portée à éliminer ceux qui vivent mal. « Que voulons-nous ? », demande-t-il .


D'une part, nous ne voulons pas mourir; surtout celui qui nous aime ne veut pas que nous mourions. D'autre part, nous ne désirons même pas cependant continuer à exister de manière illimitée et même la terre n'a pas été créée dans cette perspective. Alors, que voulons-nous vraiment? Ce paradoxe de notre propre attitude suscite une question plus profonde: qu'est-ce en réalité que la « vie »? Et que signifie véritablement « éternité »? Il y a des moments où nous le percevons tout à coup: oui, ce serait précisément cela – la vraie « vie » – ainsi devrait-elle être. Par comparaison, ce que, dans la vie quotidienne, nous appelons « vie », en vérité ne l'est pas. Dans sa longue lettre sur la prière adressée à Proba, une veuve romaine aisée et mère de trois consuls, Augustin écrivit un jour: dans le fond, nous voulons une seule chose – « la vie bienheureuse », la vie qui est simplement vie, simplement « bonheur ».

En sommes, nous aspirons à une vie matérielle heureuse le plus long possible, mais qui est toujours trop longue pour qu’elle puisse vraiment être ‘heureuse’.


On cherche quelque chose qui va au-delà de ce que la vie ici bas ne peut nous offrir. Comment arriver à plus ?


Benoit XVI nous révèle des tentatives de bonheur dans le monde d’ici bas : d’abord, dans une espérance à l’emporte-pièce en la science. Avec quels résultats : l’arbitraire d’une pensée scientifique sans guide, et l’utilisation des puissants pour leurs intérêts contre les autres (la bombe atomique, et la pollution environnementale). Il n’y a pas d’espérance de ce côté, sauf l’espérance de d’améliorations partielles, et la crainte parallèle du mauvais emploi de ces améliorations contre l’homme. Certainement pas de vraie espérance.

Historiquement, d’autres ont mis leur espérance dans la raison « scientifique » : il cite Kant et Marx. Kant réalise vite que ses espérances sont limitées par la liberté humaine, qui finit toujours par gâter la sauce. Marx croit totalement à sons système dialectique. Voici une citation intéressante de l’Encyclique :


Le progrès vers le mieux, vers le monde définitivement bon, ne provient pas simplement de la science, mais de la politique – d'une politique pensée scientifiquement, qui sait reconnaître la structure de l'histoire et de la société, et qui indique ainsi la voie vers la révolution, vers le changement de toutes les choses. Avec précision, même si c'est de manière unilatérale et partiale, Marx a décrit la situation de son temps et il a illustré avec une grande capacité d'analyse les voies qui ouvrent à la révolution – non seulement théoriquement: avec le parti communiste, né du manifeste communiste de 1848, il l'a aussi lancée concrètement. Sa promesse, grâce à la précision des analyses et aux indications claires des instruments pour le changement radical, a fasciné et fascine encore toujours de nouveau. La révolution s'est aussi vérifiée de manière plus radicale en Russie.

Mais avec sa victoire, l'erreur fondamentale de Marx a aussi été rendue évidente. Il a indiqué avec exactitude comment réaliser le renversement. Mais il ne nous a pas dit comment les choses auraient dû se dérouler après. Il supposait simplement que, avec l'expropriation de la classe dominante, avec la chute du pouvoir politique et avec la socialisation des moyens de production, se serait réalisée la Nouvelle Jérusalem: alors, toutes les contradictions auraient en effet été annulées, l'homme et le monde auraient finalement vu clair en eux-mêmes (…) Marx n'a pas seulement manqué de penser les institutions nécessaires pour le nouveau monde – on ne devait en effet plus en avoir besoin. Qu'il ne nous en dise rien, c'est la conséquence logique de sa mise en place. Son erreur est plus en profondeur. Il a oublié que l'homme demeure toujours homme. Il a oublié l'homme et il a oublié sa liberté. Il a oublié que la liberté demeure toujours liberté, même pour le mal. Il croyait que, une fois mise en place l'économie, tout aurait été mis en place. Sa véritable erreur est le matérialisme: en effet, l'homme n'est pas seulement le produit de conditions économiques, et il n'est pas possible de le guérir uniquement de l'extérieur, créant des conditions économiques favorables (20, 21).

Cet extrait montre comment un bonheur pensé logiquement (comme l’exige la méthode scientifique) laisse nécessairement de côté un aspect important de l’espérance : la liberté humaine, qui peut entraver (et qui de fait entrave) la quête de la vraie espérance.


Benoit XVI porte un jugement sur les espérances matérialistes :


Les bonnes structures aident, mais, à elles seules, elles ne suffisent pas. L'homme ne peut jamais être racheté simplement de l'extérieur. Francis Bacon et les adeptes du courant de pensée de l'ère moderne qu'il a inspiré, en considérant que l'homme serait racheté par la science, se trompaient. Par une telle attente, on demande trop à la science; cette sorte d'espérance est fallacieuse. La science peut contribuer beaucoup à l'humanisation du monde et de l'humanité. Cependant, elle peut aussi détruire l'homme et le monde, si elle n'est pas orientée par des forces qui se trouvent hors d'elle.


En somme, aucun bien matériel, aucune structure rationnelle ou politique ne garantit l’espérance. Laissées à elle-même, la liberté humaine dévie vers le péché, et notre propre péché et ceux de tous les hommes nous amèneraient facilement à perdre l’espérance, si ce n’était d’un véritable rachat, qui existe. Il n’est pas théorique, il existe dans la personne de Jésus-Christ, et nous est rendu accessible comme l’ont expérimenté les premiers chrétiens, riches ou pauvres, une sainte comme Sainte Bakhita (n. 3) et la vie éprouvée de Paul Le-Bao-Tinh (mort martyr en 1857) (n. 37). Comme quoi l’espérance chrétienne n’est pas un leurre.

Que-est donc notre espérance ? Benoit pose cette question : « Cependant, nous devons à présent nous demander de manière explicite: la foi chrétienne est-elle aussi pour nous aujourd'hui une espérance qui transforme et soutient notre vie? Est-elle pour nous « performative » – un message qui forme de manière nouvelle la vie elle-même, ou est-elle désormais simplement une « information » que, entre temps, nous avons mise de côté et qui nous semble dépassée par des informations plus récentes? » L’espérance fondée sur la connaissance de l’éternité, d’une vie éternelle, nous ouvre une panorama nouveau pour notre vie, et nous inspire une vie nouvelle. À lire les témoignages de martyrs et des saints, elle est réelle, et dessine les grandes lignes de notre conduite sur la terre.


L’espérance pointe donc vers la rédemption. À cesujet, Benoit XVI dit :


Ce n'est pas la science qui rachète l'homme. L'homme est racheté par l'amour. Cela vaut déjà dans le domaine purement humain. Lorsque quelqu'un, dans sa vie, fait l'expérience d'un grand amour, il s'agit d'un moment de « rédemption » qui donne un sens nouveau à sa vie. Mais, très rapidement, il se rendra compte que l'amour qui lui a été donné ne résout pas, par lui seul, le problème de sa vie. Il s'agit d'un amour qui demeure fragile. Il peut être détruit par la mort. L'être humain a besoin de l'amour inconditionnel. Il a besoin de la certitude qui lui fait dire: « Ni la mort ni la vie, ni les esprits ni les puissances, ni le présent ni l'avenir, ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est en Jésus Christ » (Rm 8, 38-39). Si cet amour absolu existe, avec une certitude absolue, alors – et seulement alors – l'homme est « racheté », quel que soit ce qui lui arrive dans un cas particulier. C'est ce que l'on entend lorsque l'on dit: Jésus Christ nous a « rachetés ». Par lui nous sommes devenus certains de Dieu – d'un Dieu qui ne constitue pas une lointaine « cause première » du monde – parce que son Fils unique s'est fait homme et de lui chacun peut dire: « Ma vie aujourd'hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et qui s'est livré pour moi » (Ga 2, 20) (n. 20).

À la fin de l’évocation de ces quelques idées tirés de l’Encyclique Fe Salvi , je pose encore une foi à ces messieurs laïciste qui nous demandent de retourner à la sacristie, « Quelle alternative nous offrez-nous donc ? », et fort m’est de constater que les constructions de l’esprit, les nirvanas, et les diktats de l’état ne donneront aucun bonheur et aucune satisfaction. Vous allez peut-être réussir à chasser la religion des écoles (peut-être), mais vous n’avez rien, mais rien qui nous fasse avancer d’un cran. Il y 2000 ans que le christianisme amène des solutions réelles et réalistes, et qui n’excluent personne (au contraire du laïcisme). Les saints (y compris les martyrs canadiens) ont montré que ce qu’ils recherchaient était noble et inspirant. Ils ont vécu d’espérance pour eux-mêmes et pour leur pays, et ont donné cours à de grands courants d’éducation, de spiritualité. De culture, que le nihilisme actuel n’arrive pas à supplanter.