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dimanche 13 janvier 2008

Fête du baptême de Jésus, 13 janvier 2008.

…En lui j’ai mis tout mon amour.

Qui n'a rêvé d'une telle déclaration d'amour ? Qui ne désirerait recevoir l'amour plein de la personne aimée ou se sentir aimé pleinement comme dans un amour exclusif ? Les dépressions de ce siècle, le suicide, la violence entre proche manifeste souvent un amour frustré ou trahi, quand ce n'est pas l'absence d'un amour que l'on a attendu en vain.

Quelle surprise que d'entendre dire ces paroles par Dieu lui-même, à l'endroit d'une créature humaine. Ne serait-ce pas là ce qu'on identifie avec raison la source de la « Bonne Nouvelle », de l'Évangile ?

« C'est dans l'amour que vous aurez les uns les autres que tous sauront que vous êtes mes disciples». Cet amour est né de l'amour de Dieu qui nous a été donné dans notre baptême, depuis ce jour immémorial où nous sommes devenus enfants de Dieu. Voilà aussi pour nous la meilleure nouvelle de notre vie.

En conséquence, nous sommes devenus enfants de Dieu. Notre vie est maintenant remplie de la présence du Père, à travers le rachat de la croix de Jésus le Fils, qui nous a donné le baptême, dans l'Esprit qui est la troisième personne de la Trinité.

Dans cette communication d'amour qu'est le baptême, nous entrons dans la communauté d'amour qu'est la vie ecclésiale. C'est par la pratique des sacrements que nous grandirons dans cette filiation divine, et que nous aurons une plus grande intimité avec chacune des personnes divines. L'eucharistie nous permet de grandir en Dieu en nous nourrissant d'amour. La confirmation éclaire toute notre personne dans ses aspectes humains et spirituels, en nous donnant la plénitude de l'Esprit Sain, qui rend plus naturels les actes spirituels qu'il nous faut réaliser dans cette vie pour s'approcher de Dieu. Aux moments importants de notre vie humaine, Jésus nous assistera avec le Père et l'Esprit-Saint : au mariage, nous baignons dans la famille que constitue l'amour des trois personnes pour nous. Au moment de la maladie et de la mort, toute la Trinité nous assiste et veille sur nous en nous renforçant, nous et les nôtres, dans les douleurs et les angoisses. La pénitence nous remet dans les grâces de Dieu notre Père, non pas à cause de nos mérites, mais à cause de l'amitié de chacune des personnes de la Trinité à notre égard. L'ordre permet à certains hommes de rendre accessibles tous les sacrements, et de transmettre avec une grâce spéciale l'amour du Père, l'intelligence du Verbe dans les dons de l'Esprit Saint à son Église. Tout cela est dans le baptême comme le chêne est dans le gland. Une réalité énorme que nous ne voulons pas négliger.

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St Josémaria Escriva, Forge, n. 1 :

Enfants de Dieu. — Porteurs de la seule flamme capable d'illuminer les chemins terrestres des âmes, de la seule flamme qui ne sera jamais mêlée d'ombres, de pénombres ou d'obscurités.

— Le Seigneur se sert de nous comme de flambeaux, pour que cette lumière éclaire... Il dépend de nous qu'ils soient nombreux, ceux qui ne restent pas dans les ténèbres, mais qui marchent au contraire sur des chemins qui mènent à la vie éternelle.


Lectures du dimanche 13 janvier 2008

Baptême du Seigneur


Première lecture : Is 42, 1-4.6-7
Le serviteur de Dieu consacré pour le salut des hommes

Psaume : Ps 28, 1-2, 3ac-4, 3b.9c-10
R/ Dieu, bénis ton peuple, donne-lui la paix.

Deuxième lecture : Ac 10, 34-38
Le ministère du Sauveur commence à son baptême

Evangile : Mt 3, 13-17
Le baptême de Jésus

jeudi 15 février 2007

Au sujet du déluge

Dans les débats exégétiques, on questionne souvent la possibilité d'un déluge universel. Les textes de la Genèse sont très clairs, mais ils le sont aussi d'une création en sept jours... Doit-on porter foi au déluge universel?

Il nous faut d'abord faire référence au langage de ce premier livre des origines: mystérieux, simple, il nous rappelle les idées fondamentales sur les origines de l'humanité, et de sa relation étroite avec Dieu dès les premiers temps. Le récit de la création nous rappelle l'étroitesse de la relation entre nos premiers parents et Dieu. Cette idée est reprise dans le récit de Noé. Devant la méchanceté des hommes, Dieu veut le détruire. Hum... Aurait-il regretté nous avoir créé? Du point de vue du mal, il est "déçu" de nous. La Genèse s'étonne du mal, depuis le meurtre de Cain.

  • « Je vais effacer de la surface du sol les hommes que j'ai créés - et, avec les hommes, les bestiaux, les bestioles et les oiseaux du ciel - car je regrette de les avoir faits. » Mais Noé trouva grâce aux yeux du Seigneur (Gen 6, 7.8)

Il est clair que la liberté des hommes prime sur les dons de Dieu, et que Dieu, voyant notre mal, déplore le mauvais usage de la liberté. Il est présenté comme quelqu'un qui regrette sa décision initiale. Mais immédiatement après, il voit Noé, et se réjouit de ce qu'il soit bon (une réminiscence de ce commentaire de Dieu à la fin de chaque journée de la création). Et comme Dieu avait vu que cela était très bon, il "repense" à sa promesse de rédemption, et la voit se réaliser à travers le seul homme juste présent. Non il ne détruira pas, il purifiera par l'eau. Plusieurs Pères de l'Église ont vu là une annonce du baptême dans l'arche de l'Église.

Alors Dieu détruit? Non il purifie, en détruisant le péché. C'est là qu'il faut trouver une première intention de Dieu dans le déluge. Pour purifier, il faut enlever le mal. Le déluge enlève les traces matérielles du mal, et les méchants qui ne le regrettent pas. Mais l'homme bon est sauvé. Le mauvais, l'orgueilleux, ne veut pas être sauvé. Dieu ne lui enlève rien, l'homme n'en veut pas. Mais le juste... il continue de l'aimer. Voilà, en quelques mots, les "raisons" du déluge: Dieu veut donner à l'homme juste ce à quoi il a droit: l'amitié avec Dieu dans un univers spirituel ET matériel purifié.

Mythe de l'Atlantide, enfoncement d'un sous-continent, déluge universel... Physiquement, qui sait? Ce n'est pas l'affaire de la Genèse de nous informer des ces cataclysmes. Mais aujourd'hui, alors que nous parlons de réchauffement planétaire, nous élaborons toutes sortes de scénarios apocalyptiques qui font vraiment penser au déluge. D'ailleurs, on parle de la possibilité du soulèvement des eaux littorales qui feraient un mal irréparable à des régions basses de tous les continents. On parle de processus "rapide et irréversible"... un déluge, quoi ?

Dieu aurait-il des raisons de le faire ? Pour certains, la question ne se pose pas, puisque Dieu n'existe pas. On les entend même dire que c'est la faute des humains qui ne veulent pas changer de genre de vie, qui ne se soucient pas de l'avenir de la planète, qui dépensent à un rythme effréné dans la consommation énergétique. Le langage reste éthique, et tourne autour de l'irresponsabilité morale.

Alors, Cain croyait en Dieu?, et les contemporains de Noé ? Probablement pas, ou en tous les cas, ils l'ignoraient. Et n'est-ce pas cela qui a amené Dieu à purifier l'homme par quelque chose qui l'a amené à revenir à l'essentiel?

Il est certain que l'actuel débat écologique nous amène à reconsidérer des positions d'assurance égoïste, et des comportements puérils. C'était là que devait mener le déluge. Le vrai déluge, celui du baptême doit nous amener à cette parfaite purification qui nous ramènera au Père. Peut-être quelques bousculements humains ou globaux pourront-ils nous aider à reconsidérer certaines de nos positions arrogantes face à Dieu, l'homme et la vie?