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samedi 7 mars 2009

Pour méditer (2e dimanche du temps ordinaire, B)


Ce dimanche, l'Église nous présente un grand personnage, Abraham (Gen. 22, 1 ...18). C'est l'exemple de l'homme fidèle. Dieu est à l'origine de toutes ses actions et de tous ses gestes. Il n'y a pas plus droit qu'Abraham, et le Seigneur le lui rend bien.

Mais il lui arrive, comme il nous arrive à tous, que de temps en temps, les plans de Dieu à notre égard sont étranges. En fait, ce qui est demandé d'Abraham est soudainement incompréhensible. Jusqu'à maintenant, Dieu a toujours "honoré" sa parole par ses gestes de bienveillance, mais soudainement, il ne semble plus possible de comprendre ce qu'il veut. Il y a peu, il a donné à Abraham deux enfants, l'un issu de la bonne volonté d'Adam, né de sa servante (ce que Dieu n'avait pas demandé, mais qu'il avait interprété ainsi); l'autre fils, Isaac, est la consolation du patriarche et de son épouse Sara. Or voilà que ce fils qui accomplit les promesses de Dieu et réjouit les vieux jours de ses parents est justement visé par Dieu.


Prends ton fils, ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac, va au pays de Moriah, et là tu l'offriras en sacrifice sur la montagne que je t'indiquerai. Soudainement, tout l'univers d'Abraham pourrait s'effondrer. Il a vécu une grande partie de sa vie à attendre la réalisation de la promesses de Dieu, et alors qu'elles sont enfin en train de se réaliser, Dieu lui demande de renoncer à tout cela.

La réponse d'Abraham nous étonne: Abraham, serein, parce qu'obéissant à Dieu, s'apprête à faire ce que lui demande son Dieu.  On l'imagine le coeur brisé, mais l'auteur sacré n'en parle pas, parce qu'il est prêt à obéir. Arrêtant son bras, Dieu le lui rendra par mille bénédictions.

Par ce geste, on nous enseigne que l'on est parfait que si l'on obéit à Dieu. Nous devons être prêt à sacrifier tout à Dieu, lui qui nous a pourvu de grandes grâces (le baptême, au début), qui nous pourvoit de tant de grâces au  moment présent (la communion et la pénitence sacramentelle presqu'aussi souvent que nous pouvons le désirer), et il nous promet la persévérance finale (le ciel !) si nous lui sommes fidèles, comme Abraham.

Mais Dieu nous demande, pour mériter toutes ces grâces, des éléments de purification personelle. C'est la raison de ce temps de carême. Nous purifier pour enlever les obstacles qui nous rapprocheront de Dieu. Mourir avec le Christ, pour ressusciter avec lui. Il nous demande de mourir à nous-même, en acceptant de  risquer de perdre ce qui nous est le plus cher. Aux jeunes, il demande de disposer de leur vie au service de Dieu. Aux parents de laisser leurs enfants libres de répondre à Dieu. Souvent, le Seigneur nous demandera de sacrifier notre santé, notre travail, notre sécurité pour faire sa volonté, et lorsque finalement nous accepterons, comme le Patriarche, nous découvrirons avec surprise que c'est Dieu qui porte nos souffrances. Durant toute l'histoire du peuple juif, Dieu demandait l'offrande du premier-né, symboliquement, pour demander à chaque chef de famille de signifier à Dieu qu'il est auteur de la vie, comme le sacrifice des prémices de la récolte signifiat que Dieu était l'auteur de la création (la dime, aujourd'hui, est redevable de cette antique tradition).

Dieu accepte le sacrifice des prémices et du premier-né (symboliquement, celui-là) pour montrer, comme pour Abel, qu'il, est content de ses enfants. Mais lorsque le sacrifice est fait, il se substitue à nous et prend sur lui la charge de nos peines et de nos efforts.

Dieu demande à Abraham, le père de la nouvelle humanité, de sacrifier son fils. Mais ayant constaté la réponse favorable de celui-ci, il substitue son Fils unique pour sauver cette nouvelle humanité née d'Abraham.

Admirable échange s'il en est un ! C'est le Fils de Dieu qui substituera le fils d'Abraham pour rendre la réponse d'Abraham parfaitement adéquate aux exigences de Dieu. La plus grande bénédiction de Dieu: il nous a envoyé son propre fils pour nous sauver.

jeudi 26 juillet 2007

Homélie du 17e dimanche du temps ordinaire (c): Prier comme Abraham, prier par Jésus.


Deux beaux textes illustrent la manière selon laquelle nous, les chrétiens, sommes appelés à prier. La première lecture nous ramène à la prière d'Abraham, au commencement de l'Ancienne Alliance.

Dieu a aimé Abraham, il l'a choisi, et Abraham lui rend bien cette amitié. Dieu lui a témoiné de la confiance, Abraham a ajusté sa conduite aux exigences de Dieu, et, connaissant son amour et sa puissance, il "ose" implorer un meilleur sort aux habitants de Sodome et Gomhore. Nous assistons alors à un dialogue vraiment filial, affectueux et paisible entre Dieu et l'homme.

« Vas-tu vraiment faire périr le juste avec le pécheur ? Peut-être y a-t-il cinquante justes dans la ville. Vas-tu vraiment les faire périr ? Est-ce que tu ne pardonneras pas à cause des cinquante justes qui sont dans la vill
e ?

L'audace d'Abraham nous saisit, certes, mais aussi la réponse de Dieu:

« Si je trouve cinquante justes dans Sodome, à cause d'eux je pardonnerai à toute la ville. »

Fascinante, aussi la persévérance d'Abraham, qui réussit à "changer" la volonté de Dieu, pour empêcher Dieu de sévir "trop durement". Il obtient d'épargner les villes, pour dix justes:

« Pour dix, je ne détruirai pas la ville de Sodome. »

Nous savons aussi que Dieu ne trouvera pas les dix justes, et qu'il n'épargnera pas ces deux villes.

Ce dialogue en dit long sur le pouvoir de l'homme juste sur la volonté de Dieu. Il accepte de fléchir sa volonté, ou, en termes plus contemporains, de tenir réellement compte de nos demandes, puisqu'il nous aime et qu'il veut notre bien. Cela a toujours été vrai. Quand l'homme juste implorait le Seigneur, qu'il s'appelle Moïse, Jérémie, Élie ou l'un de nos saints contemporains, nous savons qu'il les a exaucés. Dans son amour, Dieu connait nos besoins, mais il aime que nous lui demandions, il compte sur nos demandes. La toute puissance de Dieu est si grande qu'il peut réaliser sa volonté et la nôtre, puisque l'amour fait partie des plans de Dieu et qu'il ne se dispense pas d'en tenir compte.

Ce dialogue illustre aussi la puissance de la prière d'intercession des saints. Mystérieusement, les saints peuvent influencer Dieu: Abraham réussit à obtenir la miséricorde de Dieu pour les justes de Sodome et de Gomohre. Le fait que Dieu détruit les villes n'enlève rien au pouvoir d'intercession du patriarche. De plus, l'intercession d'Abraham plait à Dieu, et rend Abraham encore plus "juste", plus saint. Parce que la prière nous permet non seulement d'aller à Dieu, de "changer" sa volonté, mais aussi, de devenir nous même plus saints, étant plus près de Dieu, et nous identifiant plus à sa volonté.

L'évangile de Luc nous rappelle les conseils de Jésus pour prier: d'abord, il nous donne le Notre Père: un résumé de toutes les prières qu'un disciple de Jésus peut s'offrir.

Ensuite, il nous recommande la persévérance: "vous obtiendrez ce que vous demandez", si vous savez demander comme dans le notre Père, désireux en premier lieu d'accomplir la volonté du Père.

Puis il revient sur le point central du Notre Père, "Si vous demandez comme des enfants de Dieu, vous obtiendrez tout de votre Père".

Finalement, il nous montre l'effet de la prière: le don de l'Esprit Saint, dans cette petite phrase qui résume toute cette partie de l'Évangile:

Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père céleste donnera-t-il l'Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »
Ces lectures nous font découvrir la force de la prière des justes, des vrais justes, et non la prière des pharisiens.

Après celle du prêtre et des vierges consacrées, la prière la plus agréable à Dieu est celle des enfants et des malades. (St Josémaria Escriva, Chemin, n. 98).

La force des la prière des saints... Décidons-nous de mettre toute notre volonté, tout notre coeur pour écouter, et parler simplement à notre Dieu. Jamais nous n'en sortirons perdants, sans parler de tout le bien que nous pouvons obtenir à nos proches.

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Lectures du dimanche 29 juillet 2007
17ème dimanche ordinaire

Première lecture : Gn 18, 20-32 Abraham intercède pour la ville condamnée

Psaume : Ps 137, 1-2a, 2bc-3, 6-7ab, 7c-8 R/ Tu écoutes, Seigneur, quand je crie vers toi

Deuxième lecture : Col 2, 12-14 La croix du Christ, source de notre vie

Evangile : Lc 11, 1-13 Enseignements de Jésus sur la prière






dimanche 4 mars 2007

Homélie du 2e dimanche de carême (c): Comme les étoiles du ciel, comme les grains de sable


1. Beau dialogue que celui entre Abraham et Dieu. Un père et son fils n'en feraient pas moins. Qui de nous n'a pas appris d'un être aimé le nom et l'explication des étoiles? Dans la première lecture, la conversation entre Dieu et Abraham va au-delà des étoiles. Les deux parlaient dans une vision, en se regardant. Et le Père signifie à son fils quelle postérité il aura (comme les étoiles) et dans quelle extension.

Abraham eut foi : il crut son Père et son Dieu. Était-il crédule ? Était-il sans imagination ? Un fils en confiance avec son Père est-il crédule, est-il sans imagination ? Au contraire, l'enfant attend de son Père des promesses, et celui-ci, par ses gestes, fait grandir son imagination. Et sa fidélité, et son amour.

Dieu lui demande simplement de s'engager envers lui. Il fait un pacte, une alliance. Et pour peu qu'Abraham réponde, Dieu prendra les devants: "Moi qui t'ai fait sortir d'Our, je te donnerai bien plus. Tu n'as encore rien vu". Abraham obéit, et s'engage avec amour. Il offre le sacrifice que Dieu lui demande, et Dieu, de sa part révèlera un grand prodige: au milieu des ténèbres de la nuit, il allume un immense brasier, qui lui montre la puissance de son bras, et la force de son amour gratuit à son endroit. Le Seigneur conclut avec Abraham une alliance en ces termes: A ta descendance, je donne le pays que voici.

Les points de lumière, les grains de sables sont devenus concrètement, pour Abraham, le pays qu'il a sous les yeux. Il ne défaillira pas dans sa foi, non plus que Dieu le Père, qui a foi en Abraham.

2. L'Évangile présente une autre théophanie: la transfiguration de Jésus. Ici, c'est le Père et le Fils qui brillent devant les témoins de la vision. Comme pour Abraham, des témoins sont choisis, trois des douze, et ceux-ci assistent impuissants, tout comme Abraham, à la démonstration de la grandeur de Dieu, qui dans ce cas-ci se manifeste dans le père et le Fils, à travers l'Esprit. Mais ici, les témoins ne sont plus seuls avec Dieu. Ils sont accompagnés de Jésus, en plus de Moïse et Élie. Quelle compagnie impressionnante. Les trois sont des ces étoiles du Ciel qui ont inspiré tant de confiance à Abraham: ces enfants de Dieu qui n'ont rien à envier à la splendeur des étoiles, devant une sainteté qui donne une idée encore plus grande de la grandeur spirituelle de Dieu.

Mais ils sont inégaux. Si Moïse est le plus grand législateur, et Élie le plus grand des prophètes, Jésus les dépasse amplement de sa génération éternelle dans le Père. Tous trois sont des fils d'Adam et d'Abraham, mais seul Jésus est fils de Dieu. Voilà pourquoi ils parlaient de la sorte de son départ qui allait se réaliser à Jérusalem. Comme Abraham, les trois témoins ne font pas le poids, et ils s'endorment lourdement d'un sommeil mystique qui les englobe mystérieusement. Envoutés, ils perdent même le sens de l'à-propos, en voyant la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés. Jésus est clairement supérieur à Moïse et à Élie, et comme pour ne laisser aucun doute, la voix du Père se fait entendre: Celui-ci est mon Fils, que j'ai choisi, écoutez-le.

Il est facile de s'imaginer l'impression de cette double vision sur les amis de Jésus. Quel personnage, quel Père, quel Fils! Pierre en sera tellement impressionné que bien des années plus tard il fait explicitement allusion à cette vision, sur la montagne.

3. Dans un autre ordre d'idée, Saint Paul rappelle que la vie sur cette terre est plus que l'accomplissement d'une vie animale. Les ennemis de la croix du Christ sont ceux pour qui leur dieu, c'est leur ventre, et qui mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte.

Par la révélation de la filiation du Christ, et celle de notre filiation divine, nous sommes citoyens des cieux. La promesse de Dieu dépasse la splendeur des étoiles, en faisant de nous des fils de Dieu.

À condition, cependant d'apprécier la croix, qui nous a valu une telle vocation. C'est pourquoi St Paul nous met en garde de ne pas être fous, et de plonger dans le mystère de la croix du Christ qui nous est donné pour nous rendre héritiers, nous aussi, d'un si grand Père.

4. Quand viendra la croix, deux des trois témoins l'oublieront. Mais pas Jean, ni Marie, qui n'avait pas besoin de cette révélation pour croire. La vie de du Dieu incarné brillait dans la grandeur de l'humilité de Jésus, et tout en lui prodiguant les soins d'une Mère, elle a appris et médité de la filiation divine de celui-ci. C'est pour cette raison que Marie est resté fidèle, au pied de la Croix.