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jeudi 8 février 2007

Le sourire de Bakhita


Mona Lisa a bien fait jaser en 2006, Son énigmatique sourire cachant quelque mystère aux amateurs d'ésotérisme ou du génie de DaVinci.

Mais qui connaît Bakhita "la choyée de Dieu" d'après son nom africain?

Si l'on peut dire que le sourire de Mona Lisa est mystérieux, il est empreint d'une certaine froideur, distante et peut-être triste. Celui de Bahkita, cependant, est accueillant, franc, plein de joie et de liberté.

Contraste des sourires, et des situations. Mona Lisa est une riche bourgoise, qui d'après les plus récentes nouvelles, sort de grossesse. Elle vient d'être "délivrée", et la joie de la maternité semble masquée par la souffrance et la fatigue. Bakhita est une petite religieuse qui s'est occupée des enfants des autres toute sa vie au sein de la communauté des religieuses canosiennes, en Italie.

Son parcours n'a rien de la vie facile de la bourgeoise de la Renaissance. Bakhita est née dans une famille aisée du Darfour, dans l'actuelle Somalie, elle est est enlevée par des trafiquants d'esclave à l'âge de 9 ans, et passe d'un maître à l'autre, est battue et maltraitée, puis rachetée par le consul de l'Italie, à Khartoum au sortir de son adolescence. Celui-ci la libère immédiatement, et elle exerce pendant 8 ans le métier d'aide familale. Elle entre ensuite dans l'Église, et peu de temps après, s'engage dans les religieuse canosiennes . Elle passera sa vie à éduquer dans la foi des enfants italiens. Elle meurt en 1947

On comprend son sourire: c'est le sourire de Paul et de François, qui ont pris la croix généreusement et ont rencontré Jésus. C'est le sourire de la paix, et de la souffrance assumée. Mona Lisa semble dire: "Ça va". Bakhita, elle semble dire: "Jésus est bon, Jésus m'a délivrée, Jésus t'a sauvé"

Oui, franchement, je préfère le sourire de Bakhita, qui me rappelle celui d'un autre Saint que j'ai connu et qui avait le même message: Saint Josémaria. Il a d'ailleurs été béatifié le 17 mai avec Bakhita. Les deux ont été canonisés en octobre, elle, le 1er octobre de l'an 2000, et lui, le 6 octobre de l'an 2002. Curieuses coincidences.

mardi 6 février 2007

Existe-t-il encore des pharisiens ?

L'évangile de la messe d'aujourd'hui (Mc 7, 1-13) nous montre "Jésus entouré" des pharisiens. Ces messieurs avaient des leçons à donner à Jésus: "tes disciples ne se lavent pas les mains avant les repas". Ils avaient sans doute raison de le lui dire, si cela faisait parti des rites de purification des Juifs, comme l'explique St Marc, qui écrit pour St Pierre.

Jésus ne le nie pas. Mais il leur répond: Isaïe a fait une bonne prophétie sur vous, hypocrites, dans ce passage de l'Écriture : Ce peuple m'honore des lèvres,mais son coeur est loin de moi. Il est inutile, le culte qu'ils me rendent ; les doctrines qu'ils enseignent ne sont que des préceptes humains. Autrement dit, Si c'était pour les bonnes raisons que vous me dites cela, je vous donnerais raison. Mais, vous n'êtes pas motivés par mon amour. En fait, on sait qu'ils cherchaient à le prendre en défaut.

Le Seigneur s'impatiente du fait que sous prétexte de justice ("accomplissement"), ils manquent d'amour envers Dieu et le prochain. Il en donne un exemple éloquent dans cet évangile: pour ne pas avoir à aider leurs parents en vieil âge, certains d'entre eux promettaient de donner de l'argent au temple (plus tard, bien sûr), et dès lors ils étaient "excusés" de leur venir en aide.

Les pharisiens sont-ils en voie de disparition ? Si pour justifier certaines pratiques bien vues dans notre société on néglige ses devoirs envers l'ensemble de la société, ou envers la famille ou les abandonnés, on a sans doute affaire à du pharisaïsme. Cela va de certaines pratiques acceptées légalement mais immorales, à réformer l'Église sans s'appuyer sur le magistère de Pierre... De ce point de vue, non je ne crois pas que le pharisaïsme soit mort.

Et je m'imagine qu'après cette remontrance, Jésus a invité les siens faire plus attention aux purifications, question de montrer plus d'amour et de reconnaissance à Dieu , et de ne pas donner raison inutilement à ceux qui voulaient les perdre (Mc 14, 48)

dimanche 4 février 2007

Encore au sujet des vocations...


Je me suis rendu compte que Saint-Ambroise est en train de réaliser un record à Montréal: en 2006 nous avons envoyé un séminariste au Grand Séminaire, et il semble bien que 2007 compte sur un autre séminariste. Pas mal pour une petite paroisse comme la nôtre. Je vous demande simplement de prier pour les vocations dans le diocèse, et spécialement pour ceux que Dieu voudra envoyer d'ici. Merci !

HOMÉLIE du 5e dimanche du temps ordinaire C, dimanche des vocations

Les lectures de ce dimanche nous invitent à écouter.


Au départ, Isaïe voit la nécessité que quelqu’un parle au nom du Seigneur, mais ce ne semble pas un appel où il se sent personnellement invité. Comme nous tous, il est conscient de la distance entre le message de Dieu et ce qu’il est. C’est pourquoi il ne se sent pas particulièrement interpelé. « C’est pour les autres, moi je suis trop impur, ma bouche ne fait que proférer des insanités ». Le Seigneur n’est pas en désaccord, mais en lui purifiant la bouche avec le charbon, cet argument ne tient pas. Et comme le futur prophète hésite encore, Dieu demande expressément : « Qui enverrai-je ? Qui sera notre messager ? » Isaïe comprend que le Seigneur compte sur lui, sans l’obliger complètement. Il donne a Isaïe la possibilité de répondre librement, il compte sur lui: « Moi, je serai ton messager : envoie-moi. » Comme pour Isaïe, le Seigneur compte sur nous, mais il veut que librement nous nous engagions à lui.

Le cas de Paul de Tarse, présenté dans la deuxième lecture est apparemment différent. On croirait, à lire le récit de la conversion de Paul, que celui-ci a été obligé à le suivre. N’est-il pas violemment tombé au sol, vu une lumière intense qui le rend aveugle, et entendu le message de Jésus? Cela pourrait en effet laisser penser qu’il n’a pas eu le choix. Cependant, « il est même apparu à l'avorton que je suis. Car moi, je suis le plus petit des Apôtres, je ne suis pas digne d'être appelé Apôtre, puisque j'ai persécuté l'Église de Dieu ». Il se dit apôtre, malgré ce qu’il a fait : « ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu, et la grâce dont il m'a comblé n'a pas été stérile. Je me suis donné de la peine plus que tous les autres ; à vrai dire, ce n'est pas moi, c'est la grâce de Dieu avec moi ».

Paul est devenu « envoyé » du Seigneur (apôtre) en acceptant la grâce de Dieu, et en travaillant durement pour accomplir les plans de Dieu (Je me suis donné de la peine plus que tous les autres). Mais comme pour Isaïe ou les autres apôtres, c’est la grâce de Dieu qui a rendu la réponse efficace.

Les apôtres, eux avaient l’excuse de l’amitié. On est amis, on s’entraide, mais chacun à sa place. Vraiment ? N’avaient-ils pas commencé à céder leur barque à Jésus pour sa prédication ? N’étaient-ils pas tout joyeux de pouvoir collaborer de la sorte? N’avaient-ils pas commencé à comprendre que le Seigneur leur demandait plus que le bateau ou le déjeuner occasionnel près du lac de Génésareth ? Ne voyaient-ils pas, comme Isaïe, que Jésus pourrait avoir besoin d’eux?

À Pierre qui s’étonne des merveilles opérées par Jésus, celui dit « « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. » Il est dès ce moment appelé à quelque chose de plus. Il s’y rend joyeusement, et les autres le suivent. Comme le dit l’évangile de dimanche : « Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent. »

Toutes les vocations commencent par l’étonnement. Aucune vocation ne devient réalité sans la grâce. Mais personne ne répond à la vocation sans la liberté de vouloir suivre Jésus. En ce dimanche des vocations, prions pour que tous les appelés répondent. Bien sûr, il faut le demander inrtensément pour les prêtres et les vocations religieuses, comme le demande expressément le cardinal Turcotte. Mais songeons aussi à ces nombreux laïcs qui s’engagent sur lers voies d’un mariage chrétien, ceux qui concrètement suivent la préparation au mariage dans cette paroisse, et tous ceux qui veulent trouver Dieu dans le travail ordinaire. Vocation signifie appel. Qui a dit que Dieu n’appelait que les prêtres et les religieux et religieuses. Saint Josémaria Escriva disait déjà, dans les années 30 « Tu ris parce que je te dis que tu as la "vocation du mariage"? — Eh bien, tu l'as. Et c'est bien une vocation. Mets-toi sous la protection de saint Raphaël pour qu'il te conduise dans la chasteté jusqu'au bout du chemin, comme il guida Tobie. » (Chemin, 27). Le point est toujours actuel, quand on sait que bien des gens craignent de s’engager sur le chemin du mariage chrétien, ou même à plus…

Le conseil de prier Saint Raphaël pour les vocations tombe bien...

Mais la réponse viendra toujours des hommes, aussi faut-il « prier le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson (Mt. 9, 38)».


Liens sur la "Bible de la liturgie" ((C) cef)

Première lecture : Jr 17, 5-8 Malédictions et bénédictions de l'ancienne Alliance
Psaume : Ps 1, 1ab.2, 3, 4.6 R/ En Dieu, notre espérance, en Dieu, notre joie !

Deuxième lecture : 1Co 15, 12.16-20 Résurrection des morts et résurrection du Christ

Evangile : Lc 6, 17.20-26 Bénédictions et malédictions de la nouvelle Alliance




samedi 3 février 2007

La foi et le climat

Vu aux nouvelles de Radio-Canada hier soir. La lectrice du téléjournal nous confirme qu'il n'y a plus de doute (au cas où il en restait encore): le réchauffement planétaire est maintenant confirmé. Trois cent savants sont d'accord pour dire que la planète se réchauffe plus rapidement qu'avant, et que c'est fort probablement le résultat des habitudes humaines. Voilà. C'est dit. Il ne reste plus qu'à y croire.

S'il fallait qu'on demande aux fidèles de partout de croire parce que trois cents théologiens ont dit quelque chose, ce serait la révolution. D'ailleurs, il y a déjà eu un concile, Vatican II, où plusieurs milliers d'évêques ont unanimement rassemblé le crédo pour l'an 2000, à la lumière de l'Esprit Saint; et il s'en trouve pourtant beaucoup pour douter. Comme quoi dans la foi il y a aussi une question de volonté. Personne ne peut vérifier ce que disent les trois cents scientifiques, mais néanmoins on les croit. Pourquoi mettre tant de résistance à accepter la foi de Jésus qui a pourtant montré son origine divine tout au long de l'histoire des hommes?